XV de France : Daniel Herrero révèle pourquoi deux postes restent si difficiles à pourvoir
XV de France : Daniel Herrero révèle pourquoi deux postes restent si difficiles à pourvoir
Le lundi 2 novembre 2026 à 22:29 par David Demri
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Le XV de France possède un réservoir de talents impressionnant, mais deux postes continuent de poser problème. Sur Sud Radio, Daniel Herrero a livré une analyse particulièrement détaillée des difficultés rencontrées par le rugby français pour former des piliers droits et des deuxièmes lignes capables d’apporter une puissance suffisante en mêlée fermée. Une fragilité ancienne qui, selon l’ancien entraîneur du Rugby Club Toulonnais, n’a toujours pas été véritablement résolue.
Alors que les Bleus disposent de nombreuses solutions dans les lignes arrière, la situation apparaît beaucoup plus compliquée dans certains secteurs du paquet d’avants. Daniel Herrero estime notamment que les qualités physiques indispensables à ces postes restent particulièrement difficiles à trouver, malgré l’émergence de plusieurs joueurs de très haut niveau.
Daniel Herrero pointe une faiblesse persistante du rugby français
Pour l’ancien technicien toulonnais, le contraste entre les lignes arrière et le secteur de la conquête est particulièrement frappant.
La France parvient à faire émerger de nombreux trois-quarts de niveau international, mais rencontre davantage de difficultés à renouveler certains profils d’avants.
Daniel Herrero explique sur Sud Radio :
« On s’aperçoit que dans l’enchainement vers le haut niveau d’un collectif d’élite, on a une richesse incroyable sur un certain nombre de postes. Le rugby de France laisse émerger dans les deux dernières saisons deux ou trois lignes de trois-quarts complètes capables de jouer au plus haut niveau. C’est assez admirable et c’est même assez original. »
Mais cette abondance ne concerne pas tous les postes.
Il poursuit :
« Par contre, on s’aperçoit que dans le secteur de la conquête, du combat et du jeu groupé, de l’affrontement direct avec l’adversaire, on voit un point de fragilité constant depuis plusieurs années. C’est l’angle droit de notre mêlée fermée. »
Daniel Herrero cible précisément le pilier droit et le deuxième ligne positionné derrière lui, deux joueurs dont la complémentarité est essentielle pour assurer la stabilité et la puissance de la mêlée.
Il détaille :
« Le pilier droit et la seconde ligne côté droit attestent une robustesse un peu original dans le secteur exclusif de la mêlée fermée. Le secteur où la puissance, la gaillardise, la robustesse, la qualité de la transmission des forces est un élément de base de la performance dans le rugby. »
Meafou et Willemse ont masqué certaines difficultés
Daniel Herrero considère que les exigences du poste de deuxième ligne ont également évolué.
Au-delà des qualités aériennes traditionnellement recherchées, certaines équipes ont désormais besoin de joueurs particulièrement puissants, capables de peser dans les phases de combat rapproché.
Il précise :
« Le seconde ligne qui n’est plus dans la lignée de l’aérien, du longiligne, du capteur de balle dans les hauteurs, mais qui est celui dans la poussée, du nettoyeur et du robuste en mêlée fermée, ce poste est aussi en situation de fragilité. »
Pour répondre à ces besoins, le rugby français a notamment bénéficié de l’arrivée de joueurs possédant des caractéristiques physiques particulières.
Emmanuel Meafou et Paul Willemse constituent, selon lui, deux exemples de cette évolution.
Daniel Herrero développe :
« On a eu dans les quatre ou cinq dernières années une filière de l’immigration avec Meafou, Willemse, des joueurs venus d’ailleurs, pas radicalement formés en France et qui ont par leurs attribues physiques apportés dans ce secteur du jeu, le côté droit de la mêlée fermée et ils ont apporté une richesse satisfaisante et qui masque un tantinet la fragilité qui perdure et qui ne se solutionne pas. »
L’ancien entraîneur estime ainsi que ces renforts ont permis de répondre ponctuellement aux besoins du XV de France, sans pour autant régler durablement la difficulté à produire ce type de joueurs.
Tevita Tatafu, un profil rare mais confronté à des difficultés physiques
Daniel Herrero évoque également le cas de Tevita Tatafu, dont la puissance représente un atout précieux au poste de pilier droit.
Le consultant souligne cependant les difficultés physiques qui peuvent limiter la disponibilité et les performances du joueur au plus haut niveau.
Il affirme :
« On s’est jeté comme des morts de faim, je parle de nos sélectionneurs qui essayent de faire émerger de nous pépites. Tatafu revient depuis un an ou deux et on sait qu’il a une morphologie rare de robustesse. »
Mais pour Daniel Herrero, les qualités de puissance ne suffisent pas à elles seules pour répondre à toutes les exigences du rugby international.
Il ajoute :
« Mais à côté de cela, il est tributaire d’une certaine fragilité qui fait qu’il ne peut pas jouer au plus haut niveau dans ses déplacements, dans sa motricité, dans sa capacité à tomber au sol et à se relever. »
L’ancien entraîneur du RCT considère donc que ces profils restent particulièrement difficiles à identifier et à développer, bien au-delà du seul rugby français.
Il termine son analyse par un constat :
« En d’autres termes, le pilier droit et le seconde ligne côté droit sont les deux perles rares du rugby français et probablement même du rugby mondial. »

