Après la mort tragique de son enfant, Apisai Naqalevu retrouve les terrains et impressionne
Après la mort tragique de son enfant, Apisai Naqalevu retrouve les terrains et impressionne
Le jeudi 5 novembre 2026 à 14:24 par David Demri
Publicité
Apisai Naqalevu traverse une épreuve particulièrement douloureuse. Début septembre, le joueur fidjien de Narbonne a perdu tragiquement son enfant. Après avoir passé près d’un mois dans son pays natal pour faire son deuil, l’ancien joueur de Clermont et de Perpignan a retrouvé les terrains. Et son retour n’est pas passé inaperçu : face à Montauban, il a inscrit deux essais en seulement cinq minutes, permettant aux Audois de repartir de Sapiac avec un précieux point.
À 1,84 m pour 111 kg, le puissant joueur a rapidement retrouvé ses qualités de percussion. Mais derrière ses performances sportives, Naqalevu tente surtout de se reconstruire après cette terrible épreuve. Sa femme se trouvant toujours aux Fidji, il vit actuellement seul en France.
« Il m’arrive encore de ressasser la situation »
Le joueur narbonnais reconnaît que la douleur reste présente, même s’il tente de trouver un équilibre grâce au rugby et à l’entraînement.
Apisai Naqalevu évoque avec émotion, pour Midi Olympique, son quotidien depuis le drame :
« Il m’arrive encore de ressasser la situation. Mais j’essaie de la mettre de côté et d’aller de l’avant, en me concentrant pleinement sur l’entraînement, car je vis seul en ce moment, ma femme étant toujours aux Fidji. »
Après son retour dans l’Aude, le Fidjien a dû suivre une nouvelle préparation physique pour retrouver progressivement le rythme de la compétition.
Il a finalement repris face à Brive, lors de la huitième journée, avec une particularité : habituellement utilisé au centre, il est entré en jeu au poste de troisième ligne.
« Peu importe où je joue, ça m’est égal »
Cette nouvelle polyvalence offre des possibilités supplémentaires au staff narbonnais, qui peut désormais utiliser Naqalevu aussi bien dans les lignes arrière qu’en troisième ligne.
Le joueur explique comment il s’adapte à ses nouvelles responsabilités :
« Au début, j’ai appris quelques petites choses sur le rôle de flanker. Comme troisième ligne, tu vas beaucoup défendre et rester au cœur du jeu. Mais peu importe où je joue, ça m’est égal car je sais ce dont je suis capable. »
Contre Montauban, c’est finalement au centre qu’il est entré en jeu. En quelques minutes, ses charges dévastatrices ont fait reculer plusieurs défenseurs adverses et lui ont permis d’inscrire deux essais.
Une prestation spectaculaire, même si certaines difficultés défensives ont également été observées, notamment sur le dernier essai de l’USM.
« Dès qu’il a la balle, c’est un sauvage »
Jacques Delmas ne cache pas son admiration pour les qualités offensives de son joueur.
Le manager narbonnais estime que la puissance de Naqalevu peut complètement modifier la physionomie d’une rencontre.
Il décrit l’impact du Fidjien sur les défenses adverses :
« Il faut lui donner le ballon, il ne faut pas calculer. Dès qu’il a la balle, c’est un sauvage et tout le monde se sort en face. Il remet tout le monde dans le sens de la marche. »
Mais le technicien reste également conscient que son joueur doit encore retrouver toutes ses capacités physiques après plusieurs semaines d’absence.
Jacques Delmas reconnaît certaines difficultés :
« Mais on est conscient que physiquement, il a des difficultés à enchaîner les tâches. Dans les replacements, il nous a un petit peu perturbés. »
Une polyvalence qui change les plans de Narbonne
À l’image de Levani Botia, capable d’évoluer au centre comme en troisième ligne, Apisai Naqalevu représente désormais une solution tactique particulièrement intéressante.
Sa présence permet notamment au staff narbonnais de préparer un banc composé de six avants et deux trois-quarts, tout en conservant la possibilité de rééquilibrer les postes selon les besoins de la rencontre.
Jacques Delmas donne un exemple de cette flexibilité :
« Api a participé aux touches durant la semaine pour se retrouver au centre le vendredi à Montauban après un ajustement du banc. »
Le Fidjien travaille également les combinaisons en touche, même s’il préfère plaisanter lorsqu’on lui demande s’il pourrait devenir sauteur.
Apisai Naqalevu répond avec humour :
« J’ai déjà dit à l’entraîneur que je pouvais m’envoler dans les airs. Mais je vais rester au sol. Si je saute, ça serait comme un avion qui s’écraserait dans la forêt. »

