« J’avais tout le temps peur » : Sipili Falatea raconte son long calvaire avant de retrouver les Bleus
« J’avais tout le temps peur » : Sipili Falatea raconte son long calvaire avant de retrouver les Bleus
Le dimanche 8 novembre 2026 à 23:36 par David Demri
Publicité
Sipili Falatea revient de très loin. Après plusieurs années marquées par les blessures, les doutes et les difficultés personnelles, le pilier droit de l’Union Bordeaux-Bègles a retrouvé le sourire et le XV de France. À 29 ans, l’international français connaît une véritable renaissance, lui qui s’était même interrogé sur la suite de sa carrière.
Éloigné des terrains à plusieurs reprises, notamment après une grave blessure au genou début 2024 suivie d’une rechute en octobre, le Bordelais a traversé une période particulièrement difficile. Son absence de la Coupe du monde 2023 avait déjà constitué une déception importante. Mais les blessures successives ont surtout profondément ébranlé sa confiance.
« J’avais tout le temps peur »
Lors d’un entretien accordé à Midi Olympique, Sipili Falatea reconnaît avoir traversé une période durant laquelle il ne savait plus s’il pourrait retrouver son niveau.
« Il y a eu un moment où je me posais beaucoup de questions sur la suite de ma carrière… En club comme en équipe de France. J’avais tout le temps peur, j’appréhendais chaque contact, chaque match. »
Une situation particulièrement difficile pour un pilier droit, dont le poste exige un engagement physique permanent.
Mais la tournée estivale du XV de France a constitué un véritable tournant dans sa reconstruction.
William Servat a joué un rôle déterminant
Rappelé avec les Bleus durant l’été, Sipili Falatea a retrouvé progressivement le plaisir de jouer et de travailler au plus haut niveau.
Le joueur de l’UBB raconte notamment l’importance de l’appel de William Servat dans sa reconstruction.
« Quand William Servat m’a appelé, avec ma femme, on s’est réjoui. »
Cette tournée lui a surtout permis de vérifier que sa passion pour le rugby était toujours intacte.
« À ce moment, j’avais besoin de sentir que j’étais toujours autant passionné par ce sport. Et ça s’est confirmé là-bas… William était toujours sur mon dos, pour me challenger sur des détails, des placements… J’ai compris que j’aimais toujours autant le métier, la mêlée.Ce voyage m’a permis de franchir un cap. »
De son côté, William Servat avait parfaitement identifié l’importance de redonner confiance à son joueur.
L’entraîneur des avants du XV de France avait notamment insisté sur la dimension humaine de son accompagnement.
« Quand on manage des garçons qui fonctionnent à la confiance, c’est important de leur en témoigner. On entraîne des athlètes, mais aussi et surtout des hommes… Quand l’homme ne va pas bien pour des raisons extra-sportives, son corps et ses performances ne peuvent pas aller de pair. Le fait qu’il ait retrouvé des raisons de sourire au quotidien ne peut que le servir sur le terrain, et cela devrait se vérifier la saison prochaine. »
Sept titularisations avec Bordeaux-Bègles
De retour en Gironde, Sipili Falatea a profité des absences de Ben Tameifuna et Carlü Sadie pour retrouver une place importante dans la rotation bordelaise.
Le pilier droit a ainsi enchaîné sept titularisations, retrouvant progressivement ses sensations et sa confiance dans les phases de combat.
Une dynamique qui lui a permis de redevenir une option crédible au sein du XV de France, notamment dans la perspective des grandes confrontations internationales.
« Sa force intérieure est décuplée »
Son capitaine à Bordeaux-Bègles, Maxime Lucu, se montre particulièrement admiratif du parcours de son partenaire.
« Sipili, c’est l’exemple typique de ces mecs qui viennent chercher le maillot »
Le demi de mêlée international estime que les épreuves traversées par Falatea ont considérablement renforcé son caractère.
Il souligne notamment les ressources mentales développées par le pilier droit.
« C’est quelqu’un qui a vécu beaucoup de galères, sportives et personnelles. Je pense qu’après tout ce qu’il a traversé, sa force intérieure est décuplée. Et j’espère qu’il ne va pas s’arrêter là parce qu’il a un potentiel immense. »
À 29 ans, Sipili Falatea retrouve ainsi une place dans la concurrence au poste de pilier droit du XV de France, après avoir longtemps douté de sa capacité à revenir au plus haut niveau.

