Toulon a pris la leçon ( Source Sud Ouest )

Toulon a pris la leçon ( Source Sud Ouest )

Le dimanche 17 octobre 2010 à 9:30 par David Demri

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«Nous irons au Munster pour apprendre », affirmait samedi Philippe Saint-André dans les colonnes de Sud Ouest. Hier à Thomond Park, Toulon a effectivement appris. Et la leçon infligée aux Varois par les joueurs du Munster est de celle qu’on n’oublie pas facilement.

Novice en Coupe d’Europe, Toulon a touché du doigt ses limites actuelles mais à travers lui, c’est une bonne partie du rugby français qui doit s’interroger. Ou au moins regarder avec un soupçon d’humilité, ce qu’il propose dans l’ordinaire du Top 14. Car sous le soleil de Limerick, les Munstermen, avec la baguette à l’éternelle charnière Stringer – O’Gara, ont dominé les Toulonnais là où on ne les attendait pas. En attaquant tous azimuts, en imposant du rythme, du jeu au large. Avec bien sûr pour base, une conquête très propre et la faculté aussi de ralentir le tempo quand il le fallait.

Au final, les Irlandais, deux fois vainqueurs de la compétition (2006, 2008), ont inscrit six essais, pris le point le point de bonus offensif et le commandement de cette poule très relevée où Toulon devra probablement se contenter de faire de la figuration.

Le rêve vire au cauchemar

Et pourtant, le RCT avait entamé cette rencontre comme dans un rêve avec dès la première minute un lancement de jeu parfaitement exécuté et au bout, un essai du talonneur Jean-Philippe Genevois Genevois venu en relais de Joe Van Niekerk qui avait transpercé la défense irlandaise.

Mais la suite tourna rapidement au cauchemar. La province irlandaise, profitant de sa supériorité numérique née d’une exclusion temporaire George Smith, a remis les compteurs à égalité par un essai de Dennis Leamy. Et sa démonstration ne faisait que commencer.

Deux fois durant les vingt premières minutes, la vidéo vint au secours des Varois acculés dans leurs 22 mètres, en invalidant des essais de Murphy et Buckley. Mais le gigantesque pilier droit trouvait la faille au ras d’un regroupement puis c’est l’ancien All Black Doug Howlett qui frappa à son tour. O’Gara poursuivait son sans faute pour donner onze points d’avance aux siens à la pause (21-10).

A l’image de son ailier Paul Sackey, hors du coup, Toulon a semblé durant ce premier acte complètement dépassé. La suite ne fut guère plus encourageante. Malgré l’entrée en jeu de Jonny Wilkinson, auteur d’un drop plein d’autorité, Toulon a continué à étaler toute son impuissance lors du second acte et encaissant encore trois essais du Munster, aidé par l’exclusion temporaire de Contepomi pour un plaquage sans ballon (57e).

Il est peu probable que l’essai réussi par le capitaine Joe van Niekerk atténue la déconvenue du RCT qui aura en outre perdu dans la bataille Paul Sackey, Pierre Mignoni, Mafileo Kefu et Fotu Auelua sur blessure. Il y a des leçons qui sont parfois très douloureuses.

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  1. Joël 17 octobre 2010 at 17h

    Le sud ouest se régale. Il oublie de dire que les Munsters ne joue quasiment que la Hcup avec sensiblement toujours une même équipe bien rodés où tous les joueurs se connaissent parfaitement. En France on ne peut pas gagner à la fois le top 14 et la Hcup, sauf à avoir les moyens d'entretenir deux équipes de haut niveau, chacune ayant son challenge propre. L'année dernière Toulouse a fait un choix. Celui de la Hcup et on ne peut pas dire qu'il l'a volée, et le Biarritz Olympique qui n'avait pas particulièrement brillé dans le top 14 a parfaitement pris la mesure du Munster en demi finale, lequel ne peut en aucune hypothèse lui contester sa victoire. Et cette équipe du Munster était à peu de choses près, la même que celle qui hier a mortifié Toulon. Donc tant que les Irlandais jouent sur la fraîcheur gare! Mais après lorsqu'ils en ont moins et qu'en face on arrive au maximum de la préparation pour faire bonne figure aussi bien dans le top 14 que la Hcup, ce n'est plus du tout le même scénario.

  2. Big fan 18 octobre 2010 at 12h

    Merci Joël, pour cette belle analyse !

    La révélation qui jadis s'imposa à Albert Camus s'imposera un jour à notre RCT :

    "Au milieu de l'hiver, j'apprenais enfin qu'il y avait en moi un été invincible"

    PARCE QUE TOULON

  3. Joël 18 octobre 2010 at 14h

    Oui cher Big fan, et surtout un printemps encore mieux que celui de Prague!

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