Après avoir battu le Stade-Toulousain, l’USAP cède la place de lanterne rouge du Top 14 à Montauban

Après avoir battu le Stade-Toulousain, l’USAP cède la place de lanterne rouge du Top 14 à Montauban

Le dimanche 4 janvier 2026 à 1:11 par David Demri

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Il y a des soirs où un stade ne pousse pas seulement une équipe, mais la transforme. À Aimé-Giral, ce « match joker » soigneusement identifié par l’USA Perpignan s’est mué en acte fondateur.

Menée jusqu’à dix minutes de la fin, dominée au tableau d’affichage, l’USAP a trouvé dans son public, son engagement et ses ressources mentales de quoi faire tomber le Stade Toulousain (31-27) et quitter enfin la dernière place du Top 14.

Tout semblait pourtant écrit. Après avoir soldé un vieux contentieux à Lyon quelques jours plus tôt, Toulouse était à dix minutes d’en faire autant avec Aimé-Giral, où il n’avait plus gagné depuis octobre 2018.

À la 70e minute, une équipe toulousaine largement remaniée mais encore sûre de sa force menait 27-16. Même sans Dupont, Ramos, Marchand, Flament, Kinghorn, Jelonch ou Ntamack, le scénario habituel semblait se dessiner.

Mais Perpignan avait décidé que ce soir-là, la logique ne passerait pas.

Dix minutes de chaos contrôlé

Une interception, un souffle collectif, une intensité presque animale. L’essai de Peceli Yato (70e) rallume la flamme. Puis vient cette course désespérée d’Alivereti Duguivalu, repris in extremis par Teddy Thomas dans un geste qui aurait pu figer le match. Il n’en sera rien. Car Aimé-Giral, déjà en fusion, bascule définitivement lorsque Joaquin Oviedo conclut un ballon porté à la 75e minute. Cette fois, l’éruption est totale.

Malgré 42 points d’écart théoriques au coup d’envoi, le dernier fait tomber le premier. Et ce dernier n’est plus dernier.

Lanterne rouge depuis le 20 septembre, l’USAP, pourtant privée de Tuilagi, Allan, McIntyre ou Petaia, profite aussi de la défaite de Montauban pour quitter la place maudite. Une respiration immense, validée par ceux qui l’ont vécue de l’intérieur.

« L’ambiance était fantastique. On valide notre victoire contre Clermont face à la meilleure équipe d’Europe, c’est incroyable », savourait l’arrière Antoine Aucagne.

Même fierté chez le demi de mêlée Tom Écochard : « Quelle énergie ! Quel public et quel club fantastique ! Je suis fier de tout le club. On a enfin compris ce qu’était l’USAP. Maintenant, il va falloir le faire tous les week-ends pour batailler jusqu’à la fin car le maintien ne sera qu’à ce prix-là. »

Le sol comme terrain de survie

Si Perpignan a survécu à un 21-0 encaissé, c’est parce que les Catalans ont retrouvé ce qui les avait portés en début de match : la guerre des rucks. Même lorsque l’attaque toulousaine franchissait, la guérilla au sol, les contre-rucks et la densité physique ont permis de limiter la casse, de récupérer des pénalités, et surtout de rester en vie.

Côté toulousain, le constat est lucide. Ugo Mola parlait d’un match « frustrant par rapport au rugby pratiqué ». « Perpignan finit avec une équipe qui a plus de densité physique. Les rucks sont le gros point noir du match. Perpignan est allé se la chercher. C’est un club qui le mérite. Il en fallait un peu plus pour gagner à Aimé-Giral. Même si l’engagement et l’état d’esprit étaient au rendez-vous chez nous, dans les moments clés, on a parfois manqué de cohésion collective. »

Sur l’aile, Teddy Thomas pointait lui aussi un décrochage : « Une équipe de Perpignan qui a mis les crocs, mais ça, on était au courant », évoquant ensuite une formation toulousaine « qui baisse un peu la tête en seconde période, qui manque un peu de mental pour rivaliser. »

Une construction qui s’accélère

À Perpignan, ce succès n’est pas perçu comme un exploit isolé mais comme une étape. « J’espère que le public a trouvé une équipe à laquelle il peut s’identifier », glissait le manager Laurent Labit. « Ça restait quand même le grand Stade Toulousain et c’est une victoire qui va être importante pour nous dans notre construction. On enchaîne les bonnes prestations depuis quelque temps. »

Dans cette dynamique, beaucoup voient un point de bascule remontant au 7 décembre et à la première victoire de la saison en Challenge Cup contre les Dragons de Newport. Depuis, Clermont est tombé, puis Toulouse. Une montée en confiance évidente avant la réception de Montauban, le 24 janvier, juste après la trêve européenne.

Cette fois, prévient Aimé-Giral, il n’y aura plus de joker. Pour personne.

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1 Commentaire

  1. bfi 4 janvier 2026 at 11h- Répondre

    LE rdv, ce sera le 24 janvier pour la reception de Montauban en effet.

    car Lyon, 12e, est trop loin
    https://www.cybervulcans.net/modules/classement/classement-top14-britannique.php

    donc ca va clairement se jouer entre USAP et Montauban