Thomas Ramos dégaine en conférence de presse : « Ce serait catastrophique ! »

Thomas Ramos dégaine en conférence de presse : « Ce serait catastrophique ! »

Le vendredi 16 janvier 2026 à 14:30 par David Demri

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Le Stade Toulousain joue quasiment un match éliminatoire face aux Anglais de Sale ce samedi (18h30) en Champions Cup. Le club français peut terminer 2e de sa poule en cas de victoire mais aussi se faire éliminer au jeu des résultats (une victoire des Sharks sur Clermont) s’il s’incline. Un scénario que ne veut pas imaginer l’arrière Thomas Ramos.

Thomas, comment avez-vous jugé les trous d’airs que l’équipe a eus aux Saracens ?

Déjà par l’analyse du staff, parce que nous on est joueurs, on n’est pas trop là pour les juger, on est plus là pour jouer. Forcément, quand on est sur le terrain, la première des choses c’est notre responsabilité à nous. Ces trous d’air, c’est très certainement un manque de stratégie à un certain moment, un manque d’agressivité et de caractère à un autre. Et à la fin, on a été incapable de produire du jeu avec des conditions climatiques difficiles pour aller gagner ce match. Ça fait deux fois que ça nous arrive dans les mêmes conditions et deux fois qu’on est pris au piège. Et on manque d’un petit sursaut, c’est dommageable pour la suite de cette compétition.

Est-ce que la force de caractère qui était la vôtre s’est étiolée ?

Je pense qu’on est aussi compétiteurs. On parle de la Coupe d’Europe et forcément il y a deux revers, donc la question est légitime et elle se pose. Je pense que c’est dur de tous les ans se remettre en question, se remettre en danger, etc. Et ce sont des choses qu’on arrive à faire depuis maintenant quelques années. Mais il ne faut pas oublier qu’on est aussi un club qui est vachement regardé, analysé et qui donne envie de nous battre. Je pense que les équipes face à qui on joue, jouent très certainement parfois le match de l’année. Il n’y a qu’à voir les réactions des joueurs à la fin des matchs quand ils nous battent. Donc forcément il y a ça aussi, mais je n’ai pas de doute envers la compétitivité de l’équipe et l’envie de vouloir toujours regarder vers le haut.

Vous connaissez des difficultés à l’extérieur plutôt qu’à domicile. Vous l’expliquez ?

C’est sûr qu’on a eu quelques matchs plus difficiles à l’extérieur. La première des analyses que je peux donner c’est, comme je viens de le dire, les équipes qui nous reçoivent aussi. Comme je le dis, on parle de la Coupe d’Europe, quand on voit comment les Saracens ou Glasgow ont célébré leur victoire après le match, tu peux laisser penser qu’ils ont gagné la compétition. En fait non, ils ont gagné juste un match. Mais ils ont battu le Stade Toulousain. Force est de constater que ce sont des équipes qui ont envie de nous gagner et c’est légitime. La deuxième des choses c’est nous. Qu’est-ce qu’on met de moins à l’extérieur qu’à la maison ? Toutes nos saisons passées se sont construites aussi sur des victoires, je ne vais pas dire emblématiques, mais des victoires qui ont laissé quelque chose dans la tête des gens à l’extérieur. Pour le moment, cette année, on n’est pas assez consistant pour le faire. Je ne sais pas si on a besoin d’un déclic après toutes ces années passées ensemble pour être meilleur à l’extérieur, mais en tout cas c’est sûr qu’on se doit d’être plus concentrés et plus en alerte sur les équipes qu’on joue et qui nous reçoivent, parce qu’elles y mettent tout.

« On est tous motivés à ne pas vouloir regarder la fin de cette compétition à la télé »

Ugo Mola parlait de changement à l’entraînement cette semaine. Comment cela se traduit ?

Déjà, ça a été une semaine courte, donc pas trop le temps de tergiverser. Il a fallu vite faire un retour du match de Saracens et puis vite basculer sur le match qui nous attend ce week-end, face à Sale, dont on ne parle pas assez à mon avis. Parce que malgré leur position dans leur championnat, c’est quand même une grosse équipe, qu’on a joué pas mal de fois cette saison et qui nous a toujours un petit peu embêtés. Donc ça c’est la première des choses. La deuxième, c’est qu’il y a eu un format d’entraînement qui a changé, mais comme je pense, c’est surtout nous les joueurs qui sommes sur le terrain et c’est ce qu’on a envie de faire dans cette compétition. Personnellement et collectivement, on est tous motivés à ne pas vouloir regarder la fin de cette compétition à la télé.

Y a-t-il une forme d’excitation à jouer ce match couperet ?

Ça c’est sûr que c’est un match éliminatoire. Il arrive tôt dans la saison, c’est rare, mais ce n’est pas plus mal pour nous remettre peut-être un peu en alerte et un petit peu sous tension Et peut-être redonner un petit peu d’excitation à ce qu’on fait au quotidien. C’est une évidence.

Vivez-vous une remise en question actuellement ?

Moi personnellement, la remise en question, je l’ai fait depuis dix ans. Tous les ans j’ai l’impression qu’on me remettait en question. Donc chaque année, ne vous inquiétez pas, je me remets en question (sourire). Depuis que ma carrière a commencé, par exemple depuis mon départ à Colomiers, je pense que c’est quelque chose où j’ai assez de maturité pour pouvoir le faire. Et après oui, c’est sûr que comme je le disais, on est un groupe qui a beaucoup gagné, et qui continue à être sur le devant de la scène, notamment en Top 14, et je l’espère en Coupe d’Europe encore cette saison. Mais c’est sûr qu’aujourd’hui, toutes les équipes qu’on joue veulent nous gagner. Donc c’est nous: qu’est-ce qu’on fait de plus, comme vous le dites, au quotidien pour continuer à progresser? Continuer à s’entraîner comme il faut, continuer à faire que le petit détail sur le match, on a bien analysé l’adversaire, donc qu’on va faire tel lancement au bon moment. Ce sont des choses auxquelles on réfléchit toute la semaine et qu’il faut mettre en pratique le week-end. Après la remise en question, déjà je pense qu’elle doit être forcément personnelle, chacun doit après chaque match son autocritique, qu’on mette 50 points ou qu’on en prenne 50. Et puis après, collectivement, c’est sûr qu’aujourd’hui, notre remise en question doit être notamment sur nos phases de défense, par exemple, dans nos 10-15 derniers mètres. Donc c’est bien de recevoir une équipe qui est costaude devant, et pas que d’ailleurs, aussi derrière, pour pouvoir voir un petit peu le caractère et la remise en question sur ce secteur-là notamment.

« Quand cette génération s’arrêtera, les gens réaliseront ce qu’elle a réussi. Peut-être que les gens s’en lassent aujourd’hui, mais peut-être bientôt ils diront: ‘mince, dommage qu’ils ne soient pas encore là’. »

Vous êtes le Stade Toulousain. Une élimination en poule serait-il catastrophique ?

Oui, il n’y a pas plus clair comme réponse. Comme vous dites, on est le Stade Toulousain, donc on se doit d’être, un, compétitif dans les deux compétitions dans lesquelles on joue, et deux, avec le groupe qu’on a, l’effectif qu’on a et les ambitions qu’on a, oui, ce serait catastrophique de ne pas gagner demain. C’est une évidence.

Comprenez-vous les critiques actuelles, inhérentes au palmarès du club et de cette équipe ces dernières années ?

Oui, bien sûr, c’est normal, mais sachez que les premières questions, nous on se les pose aussi, peut-être même avant vous. Quand on termine un match et qu’on le perd, on rentre au vestiaire, on a déjà plein de questions dans nos têtes. On rentre en avion, il y a déjà des mecs qui ont revu le match sur leur téléphone, dans le bus. Enfin voilà, il ne faut pas penser que la défaite ne nous touche pas et qu’on passe à autre chose. Non, on est forcément tous très frustrés de cela, et on a envie de rebondir. Mais le rebond ne passera pas que par le match de demain, il passera par notamment des semaines et des mois, je l’espère, avec une image différente et notamment à l’extérieur.

Demandez-vous plus d’indulgence ?

C’est sûr que quand tu habitues, je vais parler du monde extérieur en général, les amateurs de rugby, les fans de rugby, à avoir des résultats comme on a et une constance comme on a depuis quelques années, toutes les questions qui se posent après deux matchs perdus en Champions Cup, forcément ça interroge et c’est normal. Mais je pense que quand cette génération s’arrêtera, les gens réaliseront ce qu’elle a réussi. Peut-être que les gens s’en lassent aujourd’hui, mais peut-être que bientôt ils diront: « mince, dommage qu’ils ne soient pas encore là ». Donc l’indulgence, oui peut-être, mais aujourd’hui ce n’est pas forcément ce qu’on demande. Aujourd’hui ce qu’on demande c’est d’avoir une réaction et qu’elle ne dure pas que ce week-end et le week-end d’après à domicile. Mais qu’elle dure un peu plus longtemps jusqu’à la fin de la saison.

Votre manager vous a trouvé « ordinaires » dimanche dernier. Qu’en pensez-vous ?

 Je ne vais pas commenter ce que dit Ugo.

Via RMC Sport

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