RC Toulon : L’incroyable destin de la « légion anglaise » de la Rade avant le choc à Gloucester

RC Toulon : L’incroyable destin de la « légion anglaise » de la Rade avant le choc à Gloucester

Le samedi 17 janvier 2026 à 12:51 par David Demri

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Entre le Rugby Club Toulonnais et l’Angleterre, l’histoire d’amour ne s’est jamais démentie. De l’icône Jonny Wilkinson aux actuels cadres Kyle Sinckler et Lewis Ludlam, le club varois est devenu le refuge doré des stars du XV de la Rose. Ce samedi, au cœur d’un « seizième de finale » explosif à Gloucester, cette colonie britannique joue bien plus qu’une qualification : elle défend son honneur et son choix de vie.

L’héritage éternel de « Wilko »

Tout a commencé par un séisme en 2009. L’arrivée de Jonny Wilkinson, légende vivante mais physiquement fragile, a transformé le RCT en une marque mondiale. En soulevant deux Champions Cup et un Bouclier de Brennus, l’ouvreur a prouvé que la passion toulonnaise était un moteur unique.

« Je n’ai jamais vécu, jamais ressenti ailleurs, une telle passion pour le rugby. C’est tellement intense ici ! Il faut le voir pour le croire. Je n’aurais jamais cru qu’une telle passion soit possible. Mais ici, c’est simplement normal… » confiait-il encore avec émotion en 2023 via Le Figaro.

Des « mercenaires » devenus capitaines

Si l’ombre de Wilkinson plane toujours, de nouveaux guerriers ont pris la relève. À leur tête, David Ribbans, colosse adopté par le public et promu capitaine par Pierre Mignoni. « Je suis quelqu’un de très humble mais je suis très fier d’être apprécié par nos supporteurs. Capitaine est un titre formidable, mais être celui de Toulon, ça n’a pas de prix » explique le deuxième ligne, toujours dans Le Figaro.

Cette exigence de l’état d’esprit, prônée par le président Bernard Lemaître, a favorisé l’intégration des recrues phares de 2024 : Lewis Ludlam et Kyle Sinckler. Ce dernier, pilier au caractère bien trempé, fascine son manager.

« C’est un garçon particulier. Vous le voyez dans l’approche. Il est attachant, surprenant » sourit Pierre Mignoni. « Il aime échanger et comprendre les choses. J’ai bien compris son message aussi : il aime rester sur le terrain quand il commence un match. Il va finir président du club si ça continue… ».

Le défi de Gloucester : entre exil et rumeurs de retour

Le match de ce samedi à Gloucester est le théâtre d’un paradoxe. Pour Zach Mercer, l’ancien prodige de Montpellier revenu en Angleterre avant de repartir pour Toulon, le retour en forme est laborieux. « Je ne suis pas content de mes performances cette année. Avec ma blessure, ça faisait longtemps que je n’avais pas joué et je sens que je ne suis pas fluide. C’est mental je pense, car je manque de compétition » avoue-t-il.

Pourtant, la solidarité entre compatriotes reste son socle : « Il y a beaucoup de joueurs Anglais ici comme David Ribbans, Kyle Sinckler, Lewis Ludlam. C’est bon de jouer avec eux. C’est un groupe spécial ici, pour moi ». Ce sentiment d’appartenance est vital alors que les réseaux sociaux s’enflamment outre-Manche, suggérant un retour forcé des exilés au pays pour rester éligibles au XV de la Rose.

« Je suis Toulonnais, laissez-moi rester ici »

Face aux critiques les qualifiant de « mercenaires », les joueurs répondent sur le terrain… et sur les réseaux. Lewis Ludlam a d’ailleurs mis fin aux doutes concernant son avenir : « Criez-le depuis les montagnes. Je suis Toulonnais, laissez-moi rester ici. ».

Pierre Mignoni a lui-même verrouillé le dossier Sinckler : « Tout est clair avec lui, il n’y a de débat. Il restera là, au moins, pour la saison prochaine. ».

Pour le contingent anglais, renforcé cette semaine par l’arrivée du prometteur Junior Kpoku en prêt du Racing 92, le duel à Gloucester est une mission commando. « On va jouer un vrai seizième de finale à Gloucester » martèle Pierre Mignoni. Dans l’enfer du Kingsholm Stadium, les « Anglais de Toulon » devront prouver qu’ils n’ont rien perdu de leur superbe sous le soleil de la Côte d’Azur.

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