« J’étais écœuré, dégouté » : Julien Ory raconte sa nouvelle vie après l’arrêt de sa carrière professionnelle

« J’étais écœuré, dégouté » : Julien Ory raconte sa nouvelle vie après l’arrêt de sa carrière professionnelle

Le dimanche 25 janvier 2026 à 14:09 par David Demri

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À bientôt 30 ans, Julien Ory affiche une mine rayonnante et un sourire qui en disent long sur son état d’esprit actuel. L’ancien troisième ligne du RCT et du Stade Français, qui a cumulé 53 matches de Top 14 et 10 joutes européennes, semble avoir définitivement tourné la page d’un rugby professionnel qui l’avait laissé sur le carreau.

Ce dimanche 25 janvier (15h15), c’est sous les couleurs de l’Union Sportive Seynoise (USS) qu’il s’apprête à livrer bataille face à Nîmes.

La chute : « J’étais écœuré. Dégoûté même »

Le passage de la lumière des stades de l’élite à l’ombre du chômage a été brutal. En 2024, après une saison minée par les blessures, Julien Ory se retrouve sans club et sans perspective. Le dégoût est alors tel qu’il refuse même de regarder du rugby à la télévision.

« J’étais écœuré. Dégoûté même. Pour moi, il n’y avait que le rugby qui comptait. Je ne voyais aucun avenir sans ce sport », confie-t-il via Var-matin avec une sincérité désarmante. « J’ai dû me reconstruire et le fait d’être revenu aux sources, dans mon village du Brusc, auprès de ma famille et de mes amis, m’a fait beaucoup de bien. J’ai renoué avec ma passion de la chasse à la plume, de la pêche, du commerce… Je me suis surtout rendu compte qu’il n’y avait pas que le rugby dans la vie ».

L’entrepreneur : Des jardins au « Pub Irlandais »

Julien Ory n’a pas seulement retrouvé le plaisir des choses simples ; il s’est mué en chef d’entreprise. Avec son frère Laurys, il a lancé « Ory Paysage », une société d’élagage.

Parallèlement, il prépare l’ouverture prochaine du « Bar des Halles » avec son oncle Yann, un établissement conçu dans un esprit pub irlandais qui devrait animer les quartiers sud de La Seyne d’ici un mois.

Le retour au jeu : « Qu’on s’envoie comme des gladiateurs »

S’il a repris le rugby à l’USS, c’est avant tout par fidélité à son club formateur et pour « filer un coup de main là où tout a commencé ».

Après un passage remarqué au centre, il a retrouvé son poste de prédilection en troisième ligne aile.

Un retour dans le pack qu’il accueille avec humour :

« Tu ne pratiques pas le même sport quand tu joues derrière ou devant. Quand tu joues derrière, il t’arrive de finir la séance avec même pas une tache sur le maillot ! Un truc inconcevable dans mon esprit (rires). Mon ADN fait que je préfère jouer en troisième ligne. Mais je n’ai aucun souci à jouer au centre ».

Mais ne vous y trompez pas, le compétiteur n’est jamais loin. Marqués par les incidents du match aller et un sentiment d’injustice arbitrale, Julien Ory et ses partenaires sont en mission ce dimanche.

Le message du fils de Franck Ory, figure historique du club, est sans équivoque :

« On n’a rien oublié de ce qu’il s’est passé. Et il ne faudra surtout pas l’oublier de la première jusqu’à la dernière minute de jeu ! Pas qu’une mi-temps… ». « Sans partir dans la connerie, et en restant à quinze tout le match, je veux qu’on les marque au fer rouge. Qu’on s’envoie comme des gladiateurs. On n’a aucun complexe d’infériorité à avoir. Et surtout, il faut gagner ! ».

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