A trop vouloir s’exporter, les All-Blacks se mettent en grand danger
A trop vouloir s’exporter, les All-Blacks se mettent en grand danger
Le mardi 27 janvier 2026 à 23:27 par David Demri
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Le futur sélectionneur de la Nouvelle-Zélande héritera d’un défi titanesque : restaurer l’excellence des All Blacks tout en composant avec une stratégie commerciale agressive qui épuise les organismes.
Suite à l’éviction de Scott Robertson, le constat est sans appel : l’obsession de faire de la fougère argentée une marque planétaire a fini par fragiliser l’édifice sportif.
L’échec de l’ère Robertson : Quand l’image prime sur le jeu
Nommé début 2024 avec une réputation de « winner » acquise aux Crusaders, Scott Robertson incarnait la « brand personality » idéale pour la Fédération néo-zélandaise (NZR). Son style décontracté et ses danses virales servaient parfaitement le narratif marketing de Mark Robinson, alors président de la NZR, désireux de reconnecter avec un public jeune via les réseaux sociaux.
Cependant, derrière l’image, le bilan sportif est resté inconstant malgré 74 % de victoires. Un audit mené par David Kirk, nouvel homme fort de la NZR, a révélé des failles profondes :
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Un jeu erratique : L’équipe se montrait incapable de maintenir une constance sur le terrain.
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Une communication défaillante : Les retours des joueurs faisaient état de « messages confus » au sein de l’encadrement.
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Une rupture inévitable : David Kirk a conclu que le changement de coach était « inéluctable » deux ans avant le Mondial 2027.
Le « Rêve Américain » : Une stratégie lucrative mais épuisante
Sous l’influence du fonds d’investissement Silver Lake, la NZR a privilégié l’expansion commerciale, notamment vers les États-Unis. Cette stratégie se traduit par une délocalisation massive des rencontres.
Ainsi, sous l’ère Robertson, 16 des 27 tests ont été disputés hors de Nouvelle-Zélande pour maximiser les revenus de billetterie. Le match contre l’Irlande à Chicago en novembre 2025 a généré environ 3 millions d’euros, l’un des plus rentables de l’histoire.
Pour les joueurs, cette logique implique des voyages incessants et une récupération tronquée, bien qu’ils soient mieux rémunérés.
2026 : Un calendrier démentiel en perspective
Le départ de Mark Robinson ne signifie pas la fin de cette logique mercantile. L’année 2026 s’annonce comme un marathon marketing :
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17 matchs au programme : Un volume colossal qui culmine avec une quadrilogie face aux Springboks.
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Le choc de Baltimore : Un quatrième duel face à l’Afrique du Sud sera organisé le 12 septembre 2026 dans un stade NFL de 71 000 places aux États-Unis.
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Abandon du public local : Cette année-là, les All Blacks ne joueront que quatre fois sur leurs terres, sur des chaînes payantes, au risque de se couper de leurs supporters historiques.
Le prochain sélectionneur devra résoudre une équation quasi impossible : protéger la tradition d’une équipe mythique tout en servant les intérêts d’une franchise globale qui, par sa quête de croissance, fragilise sa propre performance nationale.
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+ les joueurs qui « s’exportent » un peu partout, les NZ ne sont plus du tout les tenants d’un rugby « pur » et désintéressé.