Kalvin Gourgues raconte son incroyable ascension et sa blessure qui a failli le priver du rugby professionnel

Kalvin Gourgues raconte son incroyable ascension et sa blessure qui a failli le priver du rugby professionnel

Le mercredi 28 janvier 2026 à 9:48 par David Demri

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Sensation de la première moitié de saison au Stade Toulousain, étincelant lors de son entrée en jeu face à l’Australie en novembre et à chacune de ses sorties, le trois-quarts centre Kalvin Gourgues sera une nouvelle fois attendu pour ce Tournoi des 6 Nations.

Celui qui représente la nouvelle vague au sein des lignes arrières des Bleus a bien voulu évoquer tous les sujets : ses soucis de santé passés, ses qualités, ses premiers pas en équipe de France et l’intérêt qu’il suscite, y compris dans le club de ses débuts. Entre prudence et ambitions.

Kalvin, est-ce que votre vie a changé en novembre dernier ? Il y a-t-il un avant et un après votre première sélection face à l’Australie ?

Non, pas vraiment, il n’y a pas vraiment eu de changement. Juste un moment de plus où j’ai pu m’exprimer sur le terrain. Et j’ai adoré ce moment d’ailleurs. Mais ma vie n’a pas changé, peut-être qu’on me reconnaît un peu plus, mais c’est tout. Après, dans ma vie personnelle, en tout cas, ça n’a rien changé du tout, et ma vie à l’entraînement, c’est pareil. C’est vrai que j’ai reçu beaucoup de messages, mes proches en ont reçu aussi, mais après ça n’a pas changé grand-chose.

Est-ce que cela marquait la véritable fin d’une période de galères si on se réfère à vos ennuis physiques ?

Oui, on peut dire ça. Mais après, ce n’est pas une fin en soi. Parce que ce que j’ai eu, ça peut revenir. Donc il faut que je sois très vigilant et que je continue à le surveiller. C’est une étape d’accomplie et maintenant il faut aller chercher le plus de choses possibles. Et surtout conserver une bonne santé.

Pouvez-vous expliquer ce qu’il vous est arrivé, même si vous en avez déjà beaucoup parlé ?

J’avais un caillot de sang qui ne faisait que se former dans l’artère poplitée à gauche, dû à une malformation de naissance. Et quand je jouais, j’avais des symptômes assez récurrents qui revenaient : une insensibilité au niveau des orteils et du pied, le pied tout froid et tout blanc à la fin des entraînements. À un moment, ce n’était pas normal, même quand je ne faisais pas d’entraînement, j’avais le pied blanc. Donc on est allé faire des examens. J’avais un caillot de sang. On a essayé de l’enlever une première fois, il est revenu. Et en fait, il ne faisait que revenir parce que mon artère était devenue thrombogène, donc elle a plus de facilité à créer du thrombus, donc du caillot de sang. On m’a donc opéré une dernière fois en février dernier pour m’enlever cette partie d’artère qui est devenue thrombogène à cause des opérations, du fait qu’elle ait été endommagée. Et on m’a pris une veine dans la cuisse, la veine saphène, pour me la greffer à la place. Donc voilà, pour imager un peu pour les gens, c’est comme si on prenait un tuyau, qu’il y a un bouchon dans le tuyau, on coupe la partie, on l’enlève et on refixe à nouveau le tuyau dessus. Maintenant j’ai une nouvelle artère et ça va très bien. J’espère que ça continuera comme ça.

Mais vous dites que cela peut revenir, qu’il faut donc le surveiller ?

Il faut le surveiller car j’ai déjà eu ça dans le passé. En fait, le corps humain est fascinant parce que tout n’est pas carré. Il peut y avoir des dérèglements, plein de choses diverses, donc il faut y faire attention. Et c’est pour ça que – malgré le fait que ce soit de mieux en mieux à chaque échographie, un « écho-doppler » (pour observer les artères et leur flux sanguin, NDLR), que je fais avec l’angiologue – c’est de mieux en mieux. Il est très content, mais il ne faut pas s’arrêter là. Il faut que je fasse attention à ce que je mange, ce que je fais aussi avec mon corps. C’est sûr qu’on ne va pas, avec ce que j’ai eu, aller en boîte, boire jusqu’à pas d’heure, ne pas s’hydrater et fumer des clopes. Ça, c’est mort ! Il faut tout le temps être hydraté pour éviter que le problème ne revienne, parce que la déshydratation peut favoriser le retour de ce genre de caillot dans mes artères. Donc il faut que je fasse attention à ça. C’est pour ça que je reste vigilant, mais je profite tout autant sans me restreindre non plus.

Tout ça est plutôt intéressant quand on veut jouer à haut niveau…

Oui, l’hygiène de vie, c’est sûr que c’est le plus important pour nous en tout cas, parce que notre outil de travail, c’est notre corps et il faut en prendre soin. Donc ça c’est chacun face à soi-même de toute façon. Mais c’est sûr que moi avec ce que j’ai eu, je vais d’autant plus faire attention.

« Je n’ai jamais douté une seule fois »

Est-ce qu’après tous ces mois peut-être de doutes, vous avez pensé à un moment renoncer ?

Non, pas vraiment. Moi je restais tout le temps positif et optimiste parce que je ne me disais pas que c’était quelque chose qui allait pouvoir un jour gâcher mon rêve. Donc je faisais confiance aux chirurgiens, aux angiologues, aux docs, aux staffs médicaux qui ont été super durant toute ma convalescence. J’étais bien accompagné aussi. Mes parents, ma copine, mes proches étaient vraiment là pour moi, pour me soutenir et c’était aussi une aide. C’est sûr que dans ce genre d’épreuve on se sent grandit, mais on se rend compte aussi de toutes les personnes qui ont été là pour nous. Et donc on fait tout pour les remercier à notre manière. Et c’est vrai qu’en y réfléchissant je n’ai jamais douté une seule fois. J’étais plus triste de ne pas pouvoir jouer le week-end et donc de regarder les copains, que ce soit la télé ou les Espoirs, parce qu’avant je jouais plus dans cette catégorie quand même. C’était dur le week-end, de passer d’un moment qu’on adore parce qu’on sait qu’on va jouer un match ou qu’on va vivre un moment qui va nous faire vibrer. Parce que quand on joue au rugby on joue pour ça, pour jouer des matchs, donc ça faisait mal d’aller à l’entraînement et de devoir m’arrêter dès qu’il y avait du contact, alors que j’aime bien ça. C’était très frustrant, pendant bien 6-7 mois en cumulé, ça faisait beaucoup. Mais j’en profitais pour arriver à voir la vie différemment. Le week-end je profitais quand même de regarder les matchs en famille, surtout pour ne pas venir au stade, me renfermer sur moi-même et commencer à déprimer tout simplement. J’ai été très bien accompagné et ce qui m’a fait passer les semaines plus vite et arriver jusqu’à ma reprise en mai dernier de la meilleure des manières.

Est-ce que cette période vous permet d’appréhender différemment ce qu’il se passe actuellement pour vous ?

Oui, parce qu’on se dit que ça peut aller très vite. Pour l’instant tout va bien, la santé va, mais avec ce que j’ai vécu l’an dernier, ça peut aller très vite. Et là, ça peut être très dur. Je savoure chaque moment, petit à petit, mais je prends chaque moment les uns après les autres. Je ne vais pas commencer à me projeter sur d’autres choses qui sont plus loin, parce qu’une blessure peut venir tout couper si jamais on croit trop en certaines choses. Donc match après match, entraînement après entraînement, juste profiter après des moments libres pour être en famille, se reposer. Savourer chaque moment de vie tout simplement.

On revient à ce samedi 22 novembre, ce France-Australie. Il reste quoi comme image ? Des flashs ?

Oui bien sûr ! Je pense qu’à l’instant T, c’est le plus beau souvenir de ma vie. Parce que c’est quelque chose qu’on imagine quand on est tout petit, qu’on regarde le XV de France et qu’on joue dans son salon. En s’imaginant un jour y être. Et c’est vrai que d’y être ça fait tout drôle. J’ai plein de petits flashs parfois qui me reviennent : la Marseillaise, l’entrée sur le terrain, découvrir le Stade de France en y étant dessus la veille à la mise en place. Il y a plein de choses comme ça. Je vais prendre la globalité de la tournée, mais c’est vrai que s’entraîner avec de tels joueurs, avec un staff qui t’encadre bien, on touche à la perfection du rugby mondial, avec toutes les autres nations. C’est impressionnant, on n’en garde que des bons souvenirs, on essaie d’en tirer le maximum de positif pour avoir envie d’y retourner et se donner à fond.

« Je n’aurais pas pu imaginer mieux comme première en bleu »

Il y a une immensité quand on est sur le terrain du Stade de France et qu’on regarde autour ?

C’est impressionnant ! On se sent tout petit et à la fois on a l’impression que le terrain est tout petit. C’est un peu spécial. J’avais pu assister à la finale au Stade de France du Stade Toulousain contre la Rochelle il y a 2-3 ans déjà, et c’est vrai que vu des tribunes, on avait l’impression que la pelouse était bien plus grande, bien plus spacieuse. Finalement, quand on est dessus, on a l’impression que c’est tout petit et que le stade est immense. Oui, c’est vraiment impressionnant.

Pouvez-vous décrire la sensation vécue lors de votre percée qui amène l’essai de Louis Bielle-Biarrey ?

Cette sensation, je l’ai à chaque fois que j’arrive à percer sur un terrain, ou à délivrer un essai, à marquer un essai. Ce sont des petits moments comme ça où tu es dans l’euphorie. Je prends pour exemple l’essai de 100 mètres qu’on a marqué face à Sale avec le Stade Toulousain, qui part du renvoi d’en-but de Thomas (Ramos). Le fait de faire un petit relais avec Matthis (Lebel), de remettre à l’intérieur pour Antoine (Dupont) et de marquer, on était comme des gosses ! C’était génial. En termes de sensation, ça procurait la même joie que quand je me suis rendu compte que j’avais percé contre l’Australie. Après, tu n’entends plus rien, t’es dans ta bulle, tu te demandes déjà comment tu as fait pour passer, tu dis que ce n’est pas vrai ! Et surtout, le plus important, c’est qu’on a réussi à finir juste après. C’est sûr que de temps en temps, ça arrive de percer, mais il faut faire le bon choix. Parce que faire une percée et derrière qu’il n’y ait pas l’essai, ce n’est pas la même sensation. Et je pense que ce qui a fait que j’ai été vraiment dans une explosion de joie ce jour-là, c’est que derrière, Louis (Bielle-Biarrey) arrive à marquer. Mais si j’avais raté ma passe ou si je n’avais pas fait la passe, peut-être que je n’aurais pas vécu la chose de la même manière.

Cette montée d’adrénaline n’est-elle pas décuplée avec le maillot des Bleus, au Stade de France ?

Comme c’est la première fois, si. J’ai l’impression d’avoir ressenti la même chose que quand je suis rentré pour la première fois en Top 14. Le fait de ne rien entendre alors que le stade est plein et qu’il crie, pfff (il souffle)… on est un peu dans sa bulle. Quand j’y repense, je ne sais pas trop à quoi je pense à ce moment-là. J’étais content de pouvoir courir à fond avec le ballon et derrière, amener un essai. Je n’aurais pas pu imaginer mieux comme première, c’est sûr.

Comme vous disiez, « comme un gosse ». C’est un peu ça, une sensation d’enfant ?

Oui, c’est ce qu’on ressent depuis qu’on est tout petit. Et d’arriver à le ressentir encore et à pouvoir l’exprimer sur des terrains de rugby à haut niveau, c’est vraiment un rêve qui devient réalité.

Quel a été votre travail de retour en club ? A-t-il fallu un peu digérer les émotions, après être monté très haut ?

Après, on essaie de ne plus trop y penser. Il faut essayer de redescendre de son petit nuage, c’est sûr. À Toulouse, il y a beaucoup de joueurs qui l’ont déjà vécu. Sur l’accompagnement, c’est quand même plus simple à gérer. Ils savent quoi te dire. Ils ne vont pas commencer à te mettre sur un piédestal alors que tu n’as rien accompli. Et puis mes proches ont su positiver aussi et être très contents pour moi. Mais aussi me dire de ne pas m’enflammer. Parce que le but, c’est d’y retourner le plus de fois possible et de gagner des trophées. C’est sûr qu’y aller une fois pour plus jamais y retourner, ça ne sert pas à grand-chose. Il ne faut pas se croire arrivé et se dire que ça y est, on a notre place, alors que c’est tout nouveau. Il y a encore plein de choses à prouver. Il faut être plus sur de la constance que sur un coup de génie.

« Antoine (Dupont) a cette vision que beaucoup de joueurs n’ont pas. Et c’est sûr qu’il faut l’écouter, le suivre, parce qu’il réussit souvent dans ce qu’il fait, parce qu’il tente des choses que d’autres ne voient pas. »

Qu’avez-vous découvert à Marcoussis ? Enfin Marcoussis avec la grande équipe de France, puisque vous étiez international chez les jeunes…

On sent sur les entraînements la qualité des joueurs avec lesquels on joue. On a eu aussi pas mal de réunions où tout était bien encadré, bien carré. Et après, c’est sûr que ça ne change pas forcément trop, on va dire, du rythme avec les U20 ou les U18, parce que je pense, au vu de ce que j’ai découvert plus jeune, qu’ils essaient de faire les choses sur le même schéma. Pour que quand on arrive là, si on peut y arriver, on ne soit pas étonné, perdu et qu’on sache un peu déjà quels sont les types de séquences qu’on va faire, le rythme des réunions, etc. Ce n’était pas non plus impressionnant, mais c’est vrai qu’on joue avec les meilleurs joueurs français et on sent que tout le monde mérite sa place et que tout le monde est à un niveau vraiment très élevé.

Est-ce que certains vous prennent sous leur aile ? Peut-être des Toulousains ?

Il y a beaucoup de Toulousains, donc ça peut aider aussi. Oui, c’est sûr que j’ai été aidé par ça. Les Toulousains, en plus, ils sont super, franchement. Mais tout le monde a été super là-bas, que ce soit les plus anciens ou même les plus jeunes. C’est sûr qu’on a plus d’affinité avec les plus jeunes au début. Je pense à Fabien Brau-Boirie avec qui j’ai fait toutes les équipes de France jeunes. On a été super contents de se retrouver là. La première semaine, d’ailleurs, on était en chambre ensemble, donc ça s’est super bien passé. Et après, non, franchement, ils sont super cools. Je pense à Gaël Fickou, qui, lui, a un peu ce rôle-là d’ancien, un peu de grand frère. Il venait nous parler. Franchement, c’était vraiment génial. Après, on pouvait se faire des parties de ping-pong. Peu importe les joueurs, peu importe l’âge des joueurs, l’ancienneté des mecs en équipe de France, les nouveaux, etc. Donc, oui, c’était vraiment une super ambiance, que ce soit avec les 42 joueurs sur les débuts de semaine ou avec le reste des joueurs quand il y a eu le match contre l’Australie. Franchement, c’était un super moment.

Pour le côtoyer à Toulouse et en équipe de France, quel genre de leader, de patron est Antoine Dupont ?

C’est sûr que ce n’est pas le plus bavard devant les caméras, mais avec nous, il parle et à bon escient. Il ne va pas, à contrario de Thomas (Ramos), parler tout le temps et nous guider tout le temps avec une voix assez forte, parce que Thomas, on l’entend beaucoup et il nous aide vraiment beaucoup aussi. Mais Antoine est plus dans l’efficace. Ce qu’il dit, c’est incisif et tu le comprends direct. Et derrière, ça t’aide vraiment à changer peut-être la perception de quelques trucs. Mais voilà, il a cette vision que beaucoup de joueurs n’ont pas. Et c’est sûr qu’il faut l’écouter, le suivre, parce qu’il réussit souvent dans ce qu’il fait, parce qu’il tente des choses que d’autres ne voient pas. Et si on arrive à bien graviter autour de lui et à pouvoir l’aider à créer des intervalles, il peut nous offrir des caviars comme il a fait des dizaines, des centaines de fois auparavant et même maintenant. Donc franchement, c’est moins un leader par la parole, on va dire, même si c’est lui qui fait le discours avant les matchs, mais très efficace dans ce qu’il dit. On a vraiment envie, quand on rentre sur le terrain, de se battre pour lui, pour l’équipe et pour le maillot.

On a parlé de la dernière tournée d’automne, le Tournoi des 6 Nations, c’est encore différent ? De par son prestige ?

Ça, c’est sûr, c’est une compétition qui est gravée dans le temps. Depuis que je suis tout petit, j’ai regardé je ne sais pas combien de Tournois des 6 Nations, même quand pour la France c’était un peu plus compliqué à une certaine période, il y a quelques dizaines d’années. Donc oui, c’est un tournoi très prestigieux, il y a de grosses équipes. Franchement, là, le Tournoi n’est pas fait du tout. Tout le monde peut aller chercher un titre, donc c’est sûr que ça donne envie de pouvoir découvrir l’atmosphère qu’il y a autour de cette compétition.

Certains stades en particulier ?

Le stade qui donne, je pense, pour moi, le plus envie, c’est quand même Murrayfield. Il y a l’hymne à cappella, avec les cornemuses, toute cette atmosphère qui fait qu’à chaque fois que j’ai regardé un match, que ce soit de la France ou d’une autre équipe en Écosse, à chaque fois, c’était fort en émotion. L’hymne et après, derrière, le match, qui était souvent quand même de haut niveau. Donc je pense que c’est pour moi le stade qui m’attirerait le plus. À découvrir, en tout cas.

« J’aime créer des espaces »

Quel est votre ambition aujourd’hui en équipe de France ?

Essayer de pouvoir rentrer dans la rotation, gagner ma place, comme chaque joueur qui veut atteindre le plus haut niveau dans le rugby. Donc voilà, sans prétention, je ne veux pas prétendre que je vais y être facilement, mais en tout cas, je vais travailler d’arrache-pied pour pouvoir essayer de gagner cette place. De gagner une place dans le groupe et de pouvoir jouer un maximum de matchs avec l’équipe de France. C’est sûr que c’est l’objectif.

Quel est votre poste ?

Centre, demi-ouverture, arrière (il rigole). Mais on va dire plus centre quand même. Mais je peux dépanner aux deux autres postes. J’aime bien jouer à tous les postes. J’ai bien aimé le match que j’ai disputé à l’ouverture à Perpignan récemment. C’était assez sympa à jouer comme match. J’aime bien buter, donc c’est sûr que ça rajoute un peu de challenge, mais à la fois, ça met aussi en confiance. Mais bon, avec Thomas (Ramos) devant, ça va être compliqué d’aller prendre sa place (sourire).

Le poste de trois-quarts centre est-il celui où vous vous épanouissez le plus ?

Je pense qu’aujourd’hui, c’est le poste avec lequel je prends le plus de plaisir. Je joue sans trop me prendre la tête. La responsabilité de la gestion du jeu est plus sur l’arrière, le demi d’ouverture, le demi de mêlée. Donc on peut se focaliser sur des tâches plus simples à réaliser et aussi sur tout ce qui est une question d’activité, de placement. Et donc derrière, il faut jouer les coups à fond. Et franchement, c’est quand même cool de jouer le centre. Je me régale.

Qu’est-ce ce qui vous grise sur un terrain ? Les espaces ?

Gagner, tout simplement. Oui, j’aime les espaces, j’aime créer des espaces. Que ce soit ballon en main ou courses à vide pour libérer de l’espace autour de moi. Si je peux faire un bon leurre et libérer un trou, je serais tout autant content que de marquer un essai. Donc je pense que j’aime un peu tout sur un terrain de rugby. J’aime bien taper au pied, j’aime bien plaquer, j’aime bien jouer les coups, venir dans les rucks. Franchement, j’aime tout faire, juste être sur un terrain de rugby. J’adore.

D’où vous vient ce « peps » dans le jeu ? Ces qualités physiques ?

Du côté de ma mère, peut-être. La vitesse peut-être de mon père aussi, parce qu’avant, il jouait ailier au Stade Montois en Espoir. Mais sinon, peut-être de ma mère. Elle a des gènes de Nouvelle-Calédonie parce qu’elle est de là-bas. Peut-être que ça m’a aidé à avoir ce côté un peu « gazif » (sic) qu’ont les personnes d’outre-mer et principalement de Nouvelle-Calédonie. Il y en a beaucoup qui jouent en France, d’ailleurs, de Wallis ou des Néo-Calédoniens. Donc, c’est sûrement grâce à ça. Mais après, c’est aussi tout un travail depuis tout petit. On travaillait beaucoup ma motricité quand on était petit dans mon petit club à Grenade-sur-Garonne. Et je pense que c’est très important quand on est jeune de bosser ça pour ensuite, quand on grandit, arriver à pouvoir avoir des facultés à courir plus vite, à se déplacer, à enchaîner des tâches et avoir des bons appuis.

« Après ma première sélection, ils ont dû refuser des licences dans mon club formateur »

Est-ce l’effervescence à Grenade-sur-Garonne depuis quelques semaines ?

J’ai eu une personne qui est venue me voir récemment me dire que j’avais fait un peu de la pub au club et les U12 ont trop de demandes pour venir au club ! Donc, malheureusement, ils ont dû refuser des licences. D’un côté je suis un peu flatté, mais bon, c’est dommage aussi. J’espère que ces jeunes qui n’ont pas pu être acceptés ont joué au rugby quand même.

C’est tout de même incroyable de se dire que ses performances ont un tel impact sur des jeunes…

Oui, c’est génial. C’est vrai qu’ils étaient déjà une soixantaine en U12. Ils ne pouvaient pas en prendre plus parce que sinon, tu ne peux pas faire cinq, six équipes sur une catégorie. Ce n’est pas possible. C’est très flatteur et j’espère qu’il y aura encore plus de personnes qui s’inscriront au rugby et qui, j’espère un jour, arriveront au plus haut niveau.

Et vous, à 20 ans, vous devez avoir des modèles très contemporains ?

Pour ne pas tous les citer, je pense surtout à Dan Carter avec les All Blacks quand j’étais plus jeune. En grandissant, on voit d’autres styles de jeu, d’autres joueurs émerger et performer. Mais c’est vrai qu’en grandissant, j’étais plus sur du Romain Ntamack avec qui maintenant on partage le terrain et c’est super. Quand on voit des jeunes arriver au plus haut niveau, en fait, on a envie de les imiter et ça devient forcément des exemples. Mais voilà, je vais m’arrêter là parce qu’il y en a plein d’autres. Il y a tellement de bons joueurs et d’excellents joueurs qu’on regardait quand on était plus jeunes. Ça va faire beaucoup.

Vous l’avez dit à Romain ?

Non, je ne lui ai jamais dit, je crois.

Via RMC Sport

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