« Je me demande si on ne m’a pas jeté des sorts » : Les révélations chocs de Gabin Villière sur son calvaire

« Je me demande si on ne m’a pas jeté des sorts » : Les révélations chocs de Gabin Villière sur son calvaire

Le jeudi 29 janvier 2026 à 23:15 par David Demri

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Blessé à de nombreuses reprises ces derniers mois, l’ailier du Rugby Club Toulonnais Gabin Villière a enchainé les pépins physiques.

Malheureusement, le joueur Varois voit la saison lui passer sous le nez sans pouvoir aider le RCT sur les terrains du Top 14.

Bonne nouvelle pour l’international Français : il a obtenu le feu vert médical pour reprendre la compétition et devrait être aligné contre Pau, dimanche soir.

Interrogé dans les colonnes de L’équipe, Gabin Villière a accepté d’évoquer ces nombreuses galères, depuis le début de la saison. Extrait:

Je me suis fait opérer d’un doigt en rentrant de Nouvelle-Zélande. Parallèlement, j’avais encore une pubalgie qui traînait depuis plusieurs mois. On espérait qu’elle disparaisse mais lorsque j’ai repris la course, ça ne s’est pas bien passé et j’ai dû être opéré fin août. Je devais revenir en novembre, mais sur un gros appui à l’entraînement, des adhérences ont lâché et ça m’a donné une déchirure à l’adducteur. Du coup, quatre semaines d’absence en plus… Puis j’ai repris contre Perpignan fin décembre. Mais juste avant le match suivant contre La Rochelle (le 4 janvier), j’ai pris un genou dans les côtes.

Il ne le cache pas : cette période a été difficile à gérer. Extrait:

Je n’avais jamais connu une indisponibilité aussi longue. Je ne vais pas vous mentir en disant que la période a été facile à vivre et qu’il n’y a pas eu des moments durs et longs. Il a fallu s’accrocher. C’est frustrant car j’essaie de faire tout le nécessaire pour que ça se passe bien, sur le terrain et même dans ma vie de tous les jours en faisant attention à mon sommeil, à tout réguler et calculer.

Le plus dur ? Se retrouver à travailler seul, à l’écart du groupe. Extrait:

Surtout d’être un peu tout seul et de ne pas pouvoir m’entraîner avec les mecs, de vivre avec eux tout simplement. Ce n’est pas simple d’enchaîner des journées répétitives dans son coin. On a l’impression que ça n’avance pas. Je me suis senti inutile. Je ne pouvais rien faire si ce n’est des soins ou des réunions.

Pareil quand je rentrais chez moi avec cette nouvelle blessure aux côtes. Je voulais aller me balader avec mon chien ou sortir, mais il ne fallait pas que je bouge pour que ça cicatrise. Dans ce cas-là, on ne fait rien, on tourne en rond. On se ronge le cerveau. La tête est tout le temps occupée. Elle ne pense qu’à ça alors qu’on ne peut pas se dépenser. Tu stresses. Tu te poses 10 000 questions. C’est la pire période car c’est dur d’attendre.

Il s’est réellement demandé si un sort ne lui avait pas été jeté. Extrait:

Même si je ne crois pas à tout ça car je suis quelqu’un de très terre à terre, c’est vrai que parfois je me demande si on ne m’a pas jeté des sorts, s’il n’y a pas a eu de la magie noire. Oui, j’ai envie de continuer ; oui, j’aime batailler mais je ne comprends pas comment c’est possible d’enchaîner comme ça les coups du sort. Je dois croire en moi et en ce processus de travail. Je sais que je finirai par être récompensé de mes efforts. Je l’ai toujours été malgré toutes ces blessures que j’ai traversées depuis cinq-six ans. Je m’en suis toujours relevé. Je suis convaincu que ça vaut la peine de se battre.

Lors de chacune de ses blessures, il essaye de relativiser. Mais la réalité est toujours délicate. Extrait:

D’abord, je positive beaucoup. Je l’ai encore fait après cette côte cassée. Je me suis dit que j’allais pouvoir jouer directement. Tant que ça ne m’empêche pas de marcher et de vivre un peu normalement, je me dis que ce n’est pas une blessure. Mais la réalité est toute autre. On peut toujours anticiper les délais mais il y a des choses non négociables qui réclament de la patience. Le plus fatigant, ce ne sont pas les blessures mais de repousser le rugby à chaque fois.

Gabin Villière regrette ne pas avoir fait appel à un préparateur mental pour l’aider durant cette période difficile. Extrait:

On dit toujours qu’on n’a pas besoin dans le rugby… Je regrette un peu de ne pas l’avoir fait parce que ça aurait pu sans doute m’aider. Mais je commence aussi un peu à connaître ces situations, à me connaître moi-même et savoir comment faire pour surmonter ça mentalement. Je sais quand je suis dans le mal et dans le dur. Ma compagne aussi. Heureusement qu’elle est là. Elle a du courage. (Il sourit.) J’ai conscience d’avoir parfois été insupportable lors de certaines périodes durant lesquelles j’ai pu péter des câbles dans ma tête.

Je pense que je suis bien forgé là ! Je relativise beaucoup, mais il faut aussi parfois essayer de ne pas faire semblant. Si ça ne va pas, ça ne va pas. Je dois l’accepter. J’ai eu parfois l’impression d’avoir tellement perdu de temps à cause de ces blessures. Bien sûr ça endurcit, ça renforce, ça apprend beaucoup surtout. Et là c’est sûr que j’ai pas mal appris ces derniers temps… Dans ma mentalité, ma façon de voir les choses et dans mon rugby, ça m’a fait évoluer et grandir, mais le fond ne change pas.

Gabin Villièe a récemment indiqué vouloir modifier son jeu pour davantage se protéger et éviter les blessures. Finalement, il n’y arrive pas. Extrait:

En fait, je ne veux pas changer. Je suis bien comme ça et je suis bon quand je suis comme ça. Ce n’est pas parce que je vais prendre de l’âge que je vais me dire qu’il faut que je mette le frein à main. Même à l’entraînement, j’essaye mais je n’y arrive pas. Je ne me retiens pas. Et si tu commences à réduire ton investissement, c’est à ce moment-là que tu peux peut-être te perdre ou changer le joueur que tu es. Et je n’en ai pas envie. Au contraire.

Je pense que je vais en faire plus pour rester au niveau le plus longtemps possible. Je sais que je ne colle pas aux standards du poste où les ailiers vont à 36-38 km/h. Je suis plus un joueur qui aime et qui joue dans le contact et les zones d’affrontement. Peu importe ce qu’il se passe, je ne veux jamais rien lâcher. Ça vient de mon envie de chien sur un terrain. Je vis chaque match comme si c’était le dernier. Je n’ai pas envie d’avoir des regrets. Dans ma réflexion, j’ai malgré tout opéré des petits ajustements mais ils ne sont pas flagrants.

Je dois garder mon instinct, mais aussi mieux le réguler pour moins perdre d’énergie et trouver un équilibre. Parfois, il faudrait peut-être que je réfléchisse un peu plus, que je sois un peu plus posé, que je me dise que je pourrai peut-être aussi utile en restant sur mon aile. Je ne vais pas révolutionner mon jeu mais encore mieux sélectionner les bonnes opportunités.

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