XV de France : Les secrets de la relation très forte entre Fabien Galthié et Antoine Dupont

XV de France : Les secrets de la relation très forte entre Fabien Galthié et Antoine Dupont

Le mardi 3 février 2026 à 7:00 par David Demri

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Le sélectionneur du XV de France Fabien Galthié et le demi de mêlée Antoine Dupont ont forgé une relation forte au fil des années passées ensemble. Origines similaires, même poste sur le terrain, ex ou actuel capitaine des Bleus et tous deux meilleurs joueurs du monde… On vous explique la filiation entre ces deux personnages, obsédés par l’idée de ramener enfin un titre de champion du monde au rugby français.

« On est du Sud-Ouest et on a la même éducation rurale », nous a d’abord répondu le sélectionneur Fabien Galthié, à la question de savoir si on pouvait parler de lien de filiation entre lui et Antoine Dupont. Tous les deux demis de mêlée, nommés « meilleur joueur du monde », capitaines du XV de France, le parallèle était vite établi entre ces deux « cerveaux » du rugby. « On a un peu le même parcours de vie aussi », ajoute Galthié. « J’étais étudiant à Toulouse, issu d’un rugby amateur, lui est venu vers cette culture toulousaine. Même si la mienne était de Colomiers. »

Galthié vient de Montgesty dans le Lot, Dupont de Castelnau-Magnoac dans les Hautes-Pyrénées, deux villages comme décors d’enfance et tous deux se sont illustrés sous le maillot bleu. À cet égard, si tout se passe bien pour lui, Dupont (59 sélections) pourrait profiter de cette édition du Tournoi des 6 Nations pour égaler le nombre de capes de son entraîneur (64), lequel lui a donné deux tiers de ses sélections. Mais les premiers pas communs remontent maintenant. Quelques semaines avant la Coupe du monde 2019 au Japon, Fabien Galthié est nommé adjoint de Jacques Brunel.

Durant la préparation, Jean-Baptiste Elissalde, membre du staff depuis un an et demi à l’époque, assiste à la rencontre entre les deux. Et des premiers pas timides. « Fabien est resté plutôt neutre et discret dans pas mal de décisions, mais il a beaucoup observé. Je pense qu’il a plus découvert sa face cachée. C’est-à-dire le talent d’Antoine – qu’à l’époque, tout le monde avait vu – la façon dont il avait de bosser, l’entraînement invisible, etc… Et je pense que c’est plus ça que Fabien a observé un peu plus en détail ». Mais une anecdote lui revient, avant le premier match de poule face à l’Argentine.

« Fabien aurait aimé être ce joueur-là »

« On avait beaucoup de temps et on avait demandé aux joueurs de travailler sur leur vis-à-vis. On était assis côte à côte avec Fabien pendant que les joueurs faisaient leur petit compte rendu vidéo. Et quand Antoine est passé, il a non seulement parlé du demi de mêlée adverse, mais surtout du jeu de l’Argentine. C’était quasiment parfait et presque mieux qu’un entraîneur n’aurait pu le faire! Et je me souviens qu’à ce moment-là, Fabien a souri. On s’est tapé le coude et il a fait une tête de mec qui… ouais, ça posait le personnage déjà à l’époque. »

L’aventure s’arrête en quart de finale après l’élimination face au pays de Galles (20-19), mais les prémices de la mainmise d’Antoine Dupont sur les Tricolores sont là. Le Tournoi 2020, durant lequel la France (2e) bat les vice-champions du monde anglais, s’impose pour la première fois depuis 10 ans au pays de Galles (qui était encore une nation majeure) et renaît au niveau international, est le point de départ de sa trajectoire jusqu’au titre de meilleur joueur du monde, fin 2021. Galthié a bien compris que son demi de mêlée, qui vient de fêter ses 25 ans, va être son relais sur le terrain. Charles Ollivon blessé, il le nomme capitaine lors de la tournée d’automne.

« Avec son style et puis l’aura qu’il peut avoir. Et je parle en interne, je ne parle pas en externe, même si là encore, c’est indéniable. Mais aussi en interne. Il montre la voie ». Témoin privilégié de cette relation durant plus de quatre ans, Laurent Labit, entraîneur des lignes arrières du XV de France entre 2019 (il a lui aussi été incorporé au staff de Jacques Brunel) et 2023 et actuel manager de Perpignan, pense qu’il y a presque une fascination de Galthié. « On est sur des similitudes de postes et de carrière. Et Fabien, quelque part, je ne vais pas dire qu’il se revoit en Antoine, mais je pense qu’il aurait aimé être ce joueur-là. »

« Pas trop de souvenirs où on était en désaccord »

À l’inverse, le constat est qu’Antoine Dupont a toujours été une véritable éponge tout au long de sa carrière. Y compris auprès de son sélectionneur. « Antoine, c’est un joueur brillant, poursuit Labit. Mais c’est un joueur, en dehors de ses qualités exceptionnelles rugbystiques et physiques, qui écoute les gens. Et qui se nourrit du rugby, du passé, de tout en fait. Alors forcément, avec Fabien, ils ont cette relation. Car Fabien a quand même été le joueur que l’on sait aussi. Même s’ils sont différents dans leur jeu, ils ont une complicité par rapport à l’expérience de Fabien, qui peut amener des choses ».

On ne va pas aller jusqu’à parler de rôle de mentor, mais Antoine Dupont ne nie pas une relation importante, qui s’est rapidement nouée. « On a beaucoup échangé, surtout au début du mandat. Que ce soit sur le jeu, ou même l’approche en général du rugby. Ça peut être aussi sur la vie en dehors, la médiatisation par exemple. En fait, on a toujours beaucoup échangé là-dessus. Je pense qu’on a maintenant une relation où on se connaît très bien depuis le temps. Et qu’on partage aussi la même vision du rugby. Je n’ai pas trop de souvenirs où on était en désaccord sur quelque chose. C’est quelque chose sur lequel je peux m’appuyer aussi ».

Le demi de mêlée du Stade Toulousain, toutefois trop jeune pour avoir eu Galthié comme modèle, est réputé très intelligent. Il sait ce que le technicien peut lui apporter. « Fabien est un ancien demi-de-mêlée, qui a eu une grande carrière, notamment internationale. Donc c’est important de pouvoir s’appuyer sur ce genre d’expérience-là. Même quand il n’entraînait plus, il se tenait très à jour de ce qui se faisait dans le rugby international. Il a beaucoup voyagé, il s’est beaucoup renseigné. Il faut savoir se nourrir de cette culture-là qu’il a acquise. » La balle est aussitôt renvoyée sobrement par Fabien Galthié: « Je pense qu’on se connaît bien, on se ressent bien. On se comprend très bien. »

Du coup, une autre question se pose également concernant la conduite de l’équipe de France et la construction de la stratégie, notamment les idées que peut avoir un demi de mêlée. « Qui est sur le terrain? C’est lui« , répond Galthié. « Moi, je suis dans la salle des machines. Celui qui est sur le terrain, qui est au feu, c’est lui. Il me nourrit, il nourrit l’équipe de sa réflexion, de sa présence. Et aussi de ses questionnements« . Son demi de mêlée a tendance à minimiser son rôle. « On a des échanges qu’un capitaine peut avoir avec son coach. Et puis forcément, on se retrouve vite. Quand on parle de jeu, on est vite sur la même longueur d’onde. »

Il faut imaginer qu’avec un phénomène comme lui, la barre est placée haute pour le staff. A Toulouse, Clément Poitrenaud expliquait qu’il fallait toujours « nourrir » un profil comme Dupont, pour ne pas se retrouver « challengé » à l’inverse. C’est la même chose en bleu, Laurent Labit le confirme et ça lui rappelle quelqu’un: « Antoine fait partie de ces joueurs qui sont en capacité de vous challenger en permanence sur des choses qui lui plaisent et d’autres qui ne lui plaisent pas. C’est un éternel insatisfait, envers lui en premier tout comme l’était Fabien. J’ai eu la chance de jouer avec Fabien à Colomiers et de la côtoyer en sélection et c’était le premier qui ne se faisait pas de cadeau. C’est pareil pour Antoine et je pense qu’ils ont dans cette relation, beaucoup de similitudes. »

Parfois, Antoine Dupont peut s’apparenter à un véritable adjoint aux dires de Labit, au moment de débriefer les rencontres. « J’ai le souvenir que, après certains matchs, Antoine va aller te dire de suite tout ce qu’il a raté, ou ce qu’on aurait pu mieux faire. À un moment, même, tu le regardes et tu te dis, ‘Tu sais que tu as fait un bon match quand même?’. C’est assez hallucinant. Et il peut aussi aller voir les autres. Souvent, on est allés voir des joueurs et les mêmes disaient: ‘Antoine me l’a déjà dit’. Il était déjà passé avant nous (sourire). »

Tous deux tournés vers la Coupe du monde

Même à l’entraînement, il arrive que « ces deux génies du jeu » comme les décrit un joueur, ne soient pas toujours d’accord. Preuve de son leadership, le capitaine n’hésite pas à aller à l’encontre de son sélectionneur s’il pense que le jeu le demande, comme la semaine dernière à Marcoussis. Profitant d’une faille de la défense des U20, en opposition ce jour-là, alors que Galthié demandait une simple « sortie de camp » à son neuf, lui a choisi de jouer un petit côté afin de remonter une partie du terrain. « Ce n’est pas ce que j’avais demandé« , lâchait Galthié dans un sourire. « Je m’adapte à la défense et on a gagné 60 mètres », lui a rétorqué Dupont…

L’obsession de ce couple peut-elle amener le rugby français au titre de champion du monde en Australie? Ils sont en tout cas tournés vers cet objectif. Et peut-être, concernant le rayonnement de l’équipe, les meilleurs arguments sur et en dehors du terrain. Car c’est finalement devant les micros et caméras que l’on observe le plus le couple Galthié-Dupont. En conférence de presse, lors des obligations médiatiques, notamment après les matchs. Là, pour une fois, l’un va s’effacer devant l’autre. Le discret Dupont observe souvent le « show Galthié » avec lucidité. « Oui, il aime toujours s’amuser des médias. Mettre quelques pièces en conférence de presse. Mais en principe, c’est quand on a gagné les matchs, donc tant mieux (sourire) ». Alors rendez-vous le 13 novembre 2027, après la finale de la Coupe du monde?

Via RMC Sport

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2 Commentaires

  1. allez les petits... 3 février 2026 at 07h- Répondre

    Comme si la réalité n’était pas suffisamment édifiante avec des articles au quotidien sur le petit génie et il y aurait en plus besoin d’inventer sa légende?
    Allons les journaleux patientez un peu , un an est ce si long n’épuisez pas le sujet , attendez que le messie du rugby soulève enfin la coupe du monde.
    Les toulousains vont fracasser l’Irlande même Aldegheri à lui seul doit sauver la mêlée francaise….comme si il n’ y avait pas 7 autres gars dans le camion!
    Finalement Rugbyrama va finir par être moins pro-toulousain que ce blog que nous suivions au départ pour le RCT.
    Mais le fric des pubs l’emporte sur la ligne éditoriale de départ et vendre du zinzin rapporte plus que parler du RCT .

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  2. Rct champion 3 février 2026 at 13h- Répondre

    Ils s aiment , couchent ils ensemble …….. c est beau l amour