Le saviez-vous ? Lenni Nouchi était un grand supporter du Rugby Club Toulonnais
Le saviez-vous ? Lenni Nouchi était un grand supporter du Rugby Club Toulonnais
Le mercredi 4 février 2026 à 10:05 par David Demri
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Depuis le début du championnat, Lenni Nouchi enchaîne les performances de haut niveau avec le MHR. Redevenu capitaine à l’intersaison, le troisième ligne réalise le meilleur début de saison de sa jeune carrière, symbolisé par ses six essais (meilleur marqueur de Montpellier avec Christopher Tolofua). Des performances qui permettent au joueur formé à Béziers d’être souvent appelé dans les 42 depuis un an sans jamais avoir eu vraiment sa chance à cause des blessures. Mais à l’occasion du match contre l’Irlande, Nouchi sera dans les 23 pour montrer son potentiel.
Quand on parle de Nouchi, il faut forcément retourner à Béziers et sa région, là où tout a commencé. Car Nouchi est un nom qui cause au stade de la Méditerranée. Samuel, son papa, a terminé sa carrière professionnelle sur les bords de l’Orb après avoir joué à Toulon, Biarritz, Agen ou Montpellier. Les deux frères de Lenni jouent au rugby et ont porté le maillot rouge et bleu. Tout naturellement, Lenni a suivi la trajectoire familiale.
« J’ai tout de suite accroché. Au début j’étais nul, je ramassais les pâquerettes sur le bord du terrain mais j’ai commencé à m’y plaire et après, de fil en aiguille… Dans la famille on baigne tous dans le rugby donc à force de regarder tous les matchs de Top 14, Pro D2, ça m’a donné envie de faire ça« , explique-t-il.
Mais pour son père il n’y avait rien d’obligatoire dans ce choix. « Lenni a fait plein de sports: du taekwondo, du ping-pong… Le rugby n’était pas une priorité à l’époque. C’est en rentrant au collège, on lui a demandé avec sa mère de faire un choix. Et comme tous ses frères étaient au rugby et qu’il y avait plus de ballons ovales à la maison que de ballons de basket ou de foot, il a dit ‘je vais rester au rugby’. Et c’est là où il est venu à Béziers de manière concrète et définitive. »
Double champion de France jeunes
Après trois années à Servian-Boujan en jeunes, Lenni retourne donc à Béziers en 2014 en catégorie minimes et il voit le rugby d’un œil différent. « On a commencé à gagner des matchs, on a commencé à me mettre capitaine, ça a commencé à me plaire de plus en plus. Ensuite en cadet Gaudermen, je suis entraîné par mon père et Pascal Poveda, il y avait des systèmes de jeu, ça a commencé vraiment à bien travailler et c’est là où je me suis dit ‘j’ai envie de faire comme papa’. J’ai essayé un peu de me projeter sur le futur. »
Dans ces catégories, Lenni est déjà au-dessus. Et avec ses copains, ils vont décrocher deux titres de champion de France coup sur coup: Gaudermen en 2018 et Alamercery en 2019 avec Nouchi capitaine et fer de lance (avec notamment un essai de 60 mètres en final contre Agen) de cette génération 2003. Une génération dorée pour Béziers. Les Zinzen, Chollet, Espeut, Sonzogni partagent plus que la passion du rugby. Ils sont tout le temps ensemble. La maman de Lenni avait souvent à table les week-ends les copains du fiston même les jours sans match.
Pascal Poveda, l’entraîneur des champions, se souvient des capacités très au-dessus de la moyenne du troisième ligne. « Déjà, il avait une capacité athlétique bien supérieure. Mais il y avait tout à faire quand même. Il fallait beaucoup dégrossir le garçon. La dextérité, les mains, tout ça, bien sûr, c’était un athlète. Mais de là à en faire un joueur différent très rapidement, ce n’était pas sûr. Mais il avait des facultés techniques différentes. Et avec le potentiel qu’il avait il pouvait apporter à n’importe quel endroit du terrain. »
Un papa comme modèle
Si Lenni brille déjà par ses qualités athlétiques, il rechignait un peu sur les tâches obscures. Il avait même tendance à laisser faire ses potes, se souvient Poveda. « Ce côté besogneux qu’on connaît aujourd’hui, guerrier, il ne l’avait pas. Parce qu’il y en avait d’autres qui faisaient le job. Je me rappelle que sur des rucks, il disait à ses copains d’y aller et de lui demander le ballon. Il me disait ‘ça, tout le monde sait le faire, mais par contre, il y a certaines choses que peut-être je peux apporter différemment’ (rires). » Mais jamais il n’a triché, toujours à 200%. Et avec l’âge il a commencé à apprécier les tâches défensives. C’est d’ailleurs dans ce côté travailleur de l’ombre qu’il a émergé à Montpellier, avec un appétit pour le combat, un héritage de son père, un rugueux deuxième ligne.
« On me disait ‘ton père était rugueux, ton père était courageux’ donc je me suis dit ‘si moi je ne le suis pas, ça fait chier quoi’. À Béziers aussi, c’est un peu la culture. On n’est pas les meilleurs techniquement mais en tout cas si on doit mourir, si on doit perdre, on perd les armes à la main. » Samuel se reconnait d’ailleurs dans ce trait de caractère. Lui qui a entraîné ses trois enfants a adoré les quatre années avec son fils.
Quatre années où la relation père-fils n’a connu qu’un seul petit accroc, car le papa ne faisait pas de cadeau ou de passe-droit à son fils. « Il y a une fois où ça a été un peu tendu parce que je l’ai mis remplaçant. Il n’était, à ce moment-là, pas au niveau qu’on l’attendait. Il m’a fait la gueule tout le trajet entre Béziers et Montpellier. Il ne m’a pas adressé un mot. On est arrivé à la maison, il ne m’a pas adressé un mot. On a mangé, il ne m’a pas adressé un mot. Au petit-déj, il arrive, je lui ai dit ‘Lenni, j’arrête de t’entraîner. Mon rôle prioritaire est d’être ton père’. Je lui ai expliqué pourquoi il était remplaçant, ça a été la seule fois où, avec Lenni, il y a eu une petite tension et ça a été la dernière. » Derrière c’est une saison monstrueuse en Alamercery, invaincu à Béziers, ils ont dominé toute la saison jusqu’à ce nouveau titre au Stade de France contre Agen.
Le travail de séduction de Joan Caudullo
Avec de telles performances, les recruteurs de tous les clubs veulent s’arracher ces jeunes pépites, notamment Nouchi. Toulon fait les yeux doux au troisième ligne qui hésite. Mignoni a joué avec Samuel, la maman de Lenni est de Toulon et depuis petit Lenni supporte le grand RCT de Laporte. Mais Caudullo ne veut pas perdre celui qui pourrait représenter le nouveau projet MHR, le nouveau Ouedraogo. Il ne le lâche pas, pense à lui souhaiter son anniversaire, vient aux nouvelles… Une approche qui a porté ses fruits. « J’hésitais un petit peu mais j’avais besoin de rester proche de la famille et c’est pour ça que je suis venu ici. Jo a beaucoup joué aussi sur ce point-là, j’ai ressenti un peu ce côté affectif, je savais que j’allais quitter mon père en tant qu’entraîneur. Et je pense que j’avais plus besoin de retrouver un coach un peu comme ça qu’un grand coach donc c’est pour ça que j’ai décidé de venir à Montpellier pour rester proche de la famille, garder un lien assez proche avec eux. »
En 2021, Nouchi rejoint le centre de formation du MHR et il va très rapidement répondre aux attentes placées en lui. Il connait sa première titularisation le 6 novembre 2022 du côté de Toulon. Tout un symbole pour la famille qui a fait le déplacement pour voir le fils jouer et s’imposer à Mayol ce jour-là. Un souvenir inoubliable et un maillot collector, pas lavé avec les traces du combat, qui trône dans le club house de Béziers. Une saison où Nouchi va découvrir le Top 14 avant d’aller conquérir le titre de champion du monde des moins de 20 avec l’équipe de France. Capitaine de cette génération dorée (Auradou, Tuilagi, Jegou, Attisobge, Deporteere par exemple), il marque un essai en finale et devient un cadre à Montpellier où il enchaîne les bonnes performances.
Tête de gondole du projet MHR
A tel point que Patrice Collazo fait du troisième ligne son capitaine pour assurer le maintien du club en Top 14 dans la saison noire de Montpellier. Nouchi accepte et assume les responsabilités d’un joueur cadre à seulement 21 ans. Joan Caudullo veut lui maintenir le brassard mais Nouchi est vidé après cette saison éreintante. Billy Vunipola qui vient d’arriver va assumer l’intérim pendant une saison.
L’ex-international anglais est d’ailleurs élogieux envers celui qui est redevenu capitaine cette année. « Lenni, c’est la cerise sur le gâteau! C’est super de pouvoir jouer avec lui parce que vous savez qu’il peut sortir un truc spécial à tout moment. On l’a vu cette saison faire des trucs incroyables. Je suis très heureux pour lui qu’il puisse jouer avec la France. Et j’espère qu’il le fera. Il n’a que 22 ans, mais il a le talent et le tempérament d’un joueur international. Et je pense que s’il a la confiance des entraîneurs, et apparemment il l’a, il peut faire de grandes choses. »
Avis partagé par Joan Caudullo, qui croit plus que tout en lui. « Lenni a encore du travail, notamment dans son rôle de capitaine. J’ai pris ce pari-là. Parfois, je me dis que je suis con de faire ça parce qu’il manque encore un peu d’expérience. Mais le projet, ce n’est pas que le match de demain. Il a signé pour ça. Je lui ai dit ‘Si on n’est pas dans les six, c’est à cause de toi. Et si on est dedans, c’est grâce à toi’. Il fait un gros début de saison et prouve qu’il peut être international.”
Un futur Bleu en puissance
Prolongé jusqu’en 2028, Nouchi croit au projet du MHR avant de penser aux Bleus. « J’ai fait trois saisons avec les pros et si je ne me trompe pas je crois que j’ai fait 9e, 13e, 11e. Je n’avais pas envie de partir comme le jeune qui avait commencé et qui était parti dès qu’on a eu un appel d’un autre club, donc oui moi j’y crois parce qu’on a les joueurs pour faire des phases finales. » Des performances en club qui lui ouvriront plus facilement les portes de l’équipe de France car pour le moment, l’histoire en Bleu est un peu contrariée à cause des blessures. Depuis sa première sélection en juillet 2024 en Argentine (le maillot trône aussi au club house de Béziers), il n’a plus retrouvé les Bleus à cause d’une blessure à un genou l’été dernier et un ischio récalcitrant cet automne.
Depuis, Nouchi a mis des choses en place pour ne pas laisser passer le train. « C’est frustrant parce que tu te fixes des objectifs, tu travailles pour et trois jours avant de pouvoir essayer de te challenger, tu ne peux pas y aller, tu restes à la maison. C’était assez compliqué mais il faut vite rebondir. Le club aussi m’a beaucoup aidé sur ça et m’a accompagné avec Aurélie, ma préparatrice mentale, on a beaucoup travaillé justement pour essayer d’évacuer le maximum cette frustration pour vite repartir de l’avant et continuer à performer avec Montpellier. » Sa chance est là.
Fabien Galthié vient de le sélectionner comme remplaçant pour affronter l’Irlande en ouverture du Tournoi des 6 Nations 2026. Avec quel numéro dans le dos? C’est la question, car le jeu de Nouchi a beaucoup évolué depuis quelques saisons: le système offensif du MHR tourne beaucoup autour de lui où ses qualités de vitesse, de main, de puissance font merveilles. Formé en numéro 8, il joue beaucoup sur les ailes aujourd’hui mais il le répète. « Pour l’instant ils me mettent un peu partout et ça me va. Moi, ça me convient tant que je suis sur le terrain, qu’on me mette partout sur le terrain, je prends du plaisir. »
Un plaisir qu’il espère prolonger pendant six semaines pour rendre encore plus fier Samuel: « c’est une grande fierté. De voir son fils avec le maillot bleu, il n’y a rien de plus beau. »
Via RMC Sport
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Nouveau directeur sportif du RC Nîmes, Samuel Nouchi s’est engagé jusqu’en juin 2028
L’ancien 2e ligne, actuellement à la tête des Espoirs de l’AS Béziers, arrive au RCN avec le titre de directeur sportif.
Sa mission : aider le club à gagner en régularité pour enfin accéder à la Nationale.
Ça c’est un grand regret de ne pas avoir réussi à faire signer Leni.
Super joueur qui va avoir une super carrière . Je l’aurais bien vu prendre la relève d’un certain Charles.
Eric
Pilou PIlou
Ce genre de dossiers importants où les mecs hésitaient, fut un temps on en perdait pas un seul. Aujourd’hui on en gagne pas un seul.
Oui mais le Rct était une autre équipe et avait d autres moyens . Mais on les retrouvera avec les jeunes