« Je ne l’ai pas vue » : Les aveux d’un jeune rugbyman après l’accident mortel de Lavaur
« Je ne l’ai pas vue » : Les aveux d’un jeune rugbyman après l’accident mortel de Lavaur
Le dimanche 8 février 2026 à 11:50 par David Demri
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Le tribunal de Castres a examiné ces derniers jours une affaire complexe et douloureuse, née d’un accident de la route survenu à Lavaur en novembre 2022.
Un jeune conducteur de 23 ans, dont le taux d’alcoolémie s’élevait à 0,68 mg/l après une soirée de rugby, a percuté une femme de 61 ans sur un passage piéton. La victime est décédée plus d’un an après les faits, ouvrant un débat sensible sur le lien de causalité entre le choc et sa disparition.
Le journal La Dépêche revient en détail sur ce terrible fait divers.
Un accident d’une « violence extrême »
Le 27 novembre 2022, alors qu’elle traversait avec son chien dans une zone éclairée, la victime a été projetée à plus de dix mètres par un véhicule circulant à au moins 60 km/h dans une zone limitée à 30 km/h.
Le conducteur, qui raccompagnait des coéquipiers après avoir consommé du rhum et plusieurs litres de bière au cours d’une troisième mi-temps très arrosée, a reconnu son inattention à la barre.
Le jeune homme a exprimé ses regrets face à l’évidence des images de vidéosurveillance.
« Je ne l’ai pas vue… Je discutais, je ne regardais pas devant moi »
L’enquête a également révélé que le véhicule, lourdement endommagé, avait été déplacé à deux reprises après l’impact, un geste que le prévenu justifie par la peur. Déjà condamné par le passé pour conduite sous l’empire d’un état alcoolique, il a affirmé avoir pris conscience de ses problèmes depuis le drame.
Le lien de causalité en question
La victime a subi un véritable calvaire médical : traumatisme crânien, AVC et paralysie, avant de chuter de son fauteuil roulant en janvier 2024 et de décéder un mois plus tard. Si l’expert judiciaire ne peut établir formellement le lien entre l’accident et l’AVC, le ministère public et la partie civile maintiennent une responsabilité directe.
Pour la défense des intérêts de la victime, l’enchaînement des faits ne laisse aucun doute :
« Ce n’est pas la faute à pas de chance, c’est la faute de Monsieur. Sans l’accident, pas de décès. »
La présidente du tribunal a, de son côté, souligné la clarté des blessures initiales lors de son résumé des faits :
« Ce qui est certain, ce sont les conséquences des blessures liées à l’accident. Tout ce qu’elle a vécu, c’est à cause de l’accident. La peine doit être ressentie. »
Un délibéré attendu pour le 4 mars
Le procureur a requis une peine de 15 mois de prison, dont 10 avec sursis, soulignant que la souffrance de la victime découlait de cette nuit de novembre. La défense a plaidé pour une peine mesurée, insistant sur le fait que le jeune homme assume les faits et que sa vie est également bouleversée.
Le tribunal rendra sa décision le 4 mars prochain.
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