XV de France : « C’est une brique ce mec ! », pourquoi Oscar Jegou terrifie ses adversaires malgré ses 90 kilos
XV de France : « C’est une brique ce mec ! », pourquoi Oscar Jegou terrifie ses adversaires malgré ses 90 kilos
Le vendredi 13 février 2026 à 0:16 par David Demri
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Dimanche, sur la pelouse du Principality Stadium, Oscar Jegou sera sans doute le seul avant à ne pas afficher trois chiffres sur la balance.
À 22 ans, le troisième ligne du Stade Rochelais s’apprête à honorer sa 11e sélection avec une particularité rare au niveau international : un poids plume de 95 kilos dans un monde de colosses à 110 kg.
Un rapport poids-puissance qui impressionne les Bleus
Si son gabarit détonne, son efficacité défensive est effrayante.
Son coéquipier Nicolas Depoortère ne s’y est pas trompé après avoir vu le Rochelais découper les attaquants fidjiens l’automne dernier :
« C’est une brique ce mec ! Il envoie des plaquages, c’est assez abusé… »
Un surnom qui amuse beaucoup l’intéressé, fan inconditionnel de Thierry Dusautoir, via RMC Sport :
« Franchement, « la brique », il m’a fait rire ce surnom, ma famille aussi. Je trouve ça drôle. Peut-être que je suis une brique parce que du coup, comme je suis un peu maigre, on sent direct l’os !
C’est l’envie et l’amour du sport qui me poussent. Sur le terrain, je décuple mes forces et je me transcende donc ce n’est pas le poids qui me gêne. Je travaille beaucoup en muscu pour entretenir ma force. Si j’ai un poids lourd en face? Il y a ce surplus d’engagement quand je vois quelqu’un de très solide arriver. C’est moi ou c’est lui! »
La revanche sur le « trop léger »
Longtemps critiqué pour son manque de densité physique, Jegou a fait de sa mobilité un atout majeur.
S’il s’astreint aujourd’hui à un suivi diététique pour « s’enrober et se recouvrir » afin de mieux encaisser les chocs, il refuse de trahir sa nature :
« Je l’ai entendue depuis tout petit, cette phrase (trop léger). Mais je pense que le discours commence à changer. Si tu gagnes tes duels et que tu es au niveau, on ne peut rien te dire. Mais je ne suis pas têtu. J’entends le discours des prépas physique comme quoi il faut quand même un minimum (de poids). Avec l’enchaînement des matchs (en novembre), j’ai senti le contre-coup, la fatigue, les douleurs. »
L’œil de Ronan O’Gara : un cerveau avant des muscles
Pour son manager à La Rochelle, l’Irlandais Ronan O’Gara, la force d’Oscar Jegou ne réside pas dans ses muscles, mais dans son intelligence de jeu.
Il n’hésite d’ailleurs pas à le comparer à l’un des joueurs les plus cérébraux du XV de France :
« Ce qui me plaît dans cette situation, c’est qu’il n’y a pas de GPS pour le travail du cerveau. C’est un mec qui est peut-être dans la même catégorie que Thomas Ramos, il voit les choses deux secondes avant les autres. »
Complémentaire de François Cros et Anthony Jelonch, Jegou apporte aux Bleus cette capacité à couvrir le large et à dominer les airs. Dimanche à Cardiff, le « petit » Rochelais aura une nouvelle occasion de prouver que dans le rugby moderne, l’anticipation pèse parfois bien plus lourd que les kilos.
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