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Parti seul à 13 ans : le pari fou de Yoram Moefana pour devenir un joueur du XV de France

Parti seul à 13 ans : le pari fou de Yoram Moefana pour devenir un joueur du XV de France

Le jeudi 5 mars 2026 à 23:47 par David Demri

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À seulement 25 ans, le centre international de l’UBB Yoram Moefana (37 sélections) est devenu un pilier des Bleus.

Pourtant, son ascension fulgurante n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’un pari audacieux et courageux fait à l’âge de 13 ans : quitter son île de Futuna pour rejoindre la France métropolitaine.

Un départ précoce : le poids d’une décision courageuse

Tout commence par une séparation difficile avec sa famille. Pour convaincre sa mère de le laisser partir si jeune, le jeune Yoram a dû jouer de persuasion.

Il s’est confié dans les colonnes du journal Sud-Ouest :

« Comme je suis très proche de mes oncles, j’ai réussi à la convaincre de me laisser partir en France pour les études et le rugby. Même si j’ai d’abord insisté sur la première raison (sourire)… C’était difficile pour elle, mais elle avait confiance en mes oncles. Elle savait qu’ils prendraient soin de moi ».

Avec le recul, le joueur mesure aujourd’hui l’ampleur de ce sacrifice maternel :

« Si mon enfant me dit qu’il a envie de partir à 13 ans, je pense que je vais me poser beaucoup de questions : où il ira, avec qui, est-ce qu’il sera bien ? Ça a dû être très difficile ».

L’apprentissage de la vie en Métropole

Arrivé à Limoges, le choc fut brutal pour celui qui, à Futuna, était choyé et vivait sa « best life ». « Mais avec toutes les voitures, les autoroutes, les feux de signalisation, je me suis vite rendu compte que c’était autre chose que les îles ».

Il ne savait d’ailleurs pas vraiment parler le français lors de son arrivée. Extrait:

« J’ai eu un peu de mal au début, mais c’est de ma faute. À Futuna, je ne parlais le français qu’en classe. Le reste du temps, j’utilisais le futunéen. Du coup, je faisais beaucoup de fautes quand je suis arrivé ici et comme je n’avais pas trop confiance en moi, je ne parlais pas beaucoup.

Comme je l’ai dit, j’avais vraiment du mal : j’étais nul en français. En dictée et en orthographe surtout. Ça m’a bien servi. Comme le fait d’être avec mes potes de la génération 2000 à Colomiers d’ailleurs. Quand je me trompais de mot, ils me reprenaient en me chambrant gentiment. »

Loin de ses parents, il a dû apprendre à se responsabiliser très vite, sous l’œil vigilant de ses oncles, Tapu et Tiaki Falatea.

« Ils m’ont poussé à me responsabiliser », confie-t-il. Entre plannings de ménage, cuisine partagée avec ses cousins comme Sipili Falatea, et dictées imposées le soir après l’entraînement, l’apprentissage fut exigeant mais nécessaire. « Mes oncles disaient à ma grand-mère qu’elle devait me laisser apprendre à me débrouiller ».

Il avoue avoir parfois songé à rentrer à Futuna :

« Il y a forcément eu des moments plus difficiles. Jeune, tu repenses forcément à la famille, aux parents, aux amis. La vie à Futuna était tranquille. C’est en France que j’ai appris qu’on court toujours après le temps. C’était dur, je n’étais pas positif tous les jours. J’avais parfois envie de rentrer. »

Une discipline forgée par la famille

Si le rugby était une passion, l’école et la rigueur restaient au cœur du quotidien, notamment sous l’impulsion de son oncle Tiaki :

« Tiaki savait nous tomber dessus quand on faisait des conneries à l’école (sourire) ». Même durant les périodes complexes comme le confinement, cette discipline a fait la différence : « À chaque fois qu’il finissait son travail, il me disait tous les jours « Yo, tu te lèves ! ». Même s’il était fatigué après sa journée de travail, il faisait les séances avec moi pour me pousser à travailler ».

Aujourd’hui, Yoram Moefana regarde ce parcours avec humilité :

« Je me dis que j’ai eu de la chance, les planètes se sont bien alignées. J’ai rencontré les bonnes personnes au bon moment, c’est ce qui m’a permis d’en arriver là où j’en suis aujourd’hui ».


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

2 Commentaires

  1. Flo ST 6 mars 2026 at 03h- Répondre

    Une belle histoire… et un bel exemple.

    13
  2. Eric 6 mars 2026 at 09h- Répondre

    Bravo. Des belles valeurs.
    Eric