Brice Dulin raconte sa mise à l’écart du groupe France : « Bien sûr je n’étais pas d’accord avec Fabien Galthié »
Brice Dulin raconte sa mise à l’écart du groupe France : « Bien sûr je n’étais pas d’accord avec Fabien Galthié »
Le mardi 10 mars 2026 à 9:18 par David Demri
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L’ancien arrière du XV de France, Brice Dulin s’est confié dans les colonnes de L’équipe.
Ce-dernier s’est rappelé de son premier Tournoi des Six-Nations, en 2014.
Il avoue avoir été marqué par l’ambiance de Murrayfield. Extrait:
Je me souviens de mon premier Tournoi des Six Nations. C’était en 2014 et une victoire (17-19, le 8 mars) à Édimbourg grâce à une interception de Yoann Huget. Un vrai hold-up. À l’époque, il fallait des exploits individuels ou des erreurs de l’adversaire pour qu’on remporte nos matches. L’ambiance à Murrayfield m’avait marqué, notamment durant les hymnes. C’est un super souvenir de se retrouver au milieu de ce stade-là. Ça laisse des traces indélébiles.
Il se remémore la défaite concédée contre l’Ecosse le 5 août 2023, sur le score de 25 à 21. Extrait:
C’est dommage parce qu’on avait la capacité de gagner ce jour-là. On avait une équipe jeune en expérience avec pas mal de nouveaux. C’était un peu une transition. J’aurais aimé poursuivre l’aventure avec eux mais c’était cool. Le capitanat a été une expérience particulière dans le sens où il a été un peu partagé sur la fin de match, avec des décisions collégiales.
Suite à ce match, il apprenait sa non-sélection dans le groupe France pour la Coupe du monde de 2023. Extrait:
Je savais que ça risquait d’arriver. Je suis parti à la préparation de la Coupe du monde 2023 en sachant que je n’étais pas le choix numéro 1 au poste. Bien sûr je n’étais pas d’accord avec Fabien Galthié parce qu’il ne m’a pas pris. Mais il m’a expliqué sa manière de fonctionner. Avoir des arrières buteurs, ça s’entend totalement dans la construction d’un groupe.
J’étais forcément très déçu car c’était vraiment mon dernier objectif en sélection. Je m’étais mis ça en tête pour me stimuler. J’aurais aimé vivre cette aventure en France. Plus tu vieillis, plus tu vis des choses dans ta vie perso et plus tu as envie de les partager avec tes proches et ta famille. Mais ça fait partie des aléas d’une carrière. Quand tu as vécu des galères, des blessures et que tu n’es pas sélectionné pendant un petit moment, tu sais très bien que ça peut s’arrêter à tout moment. Tu prends les choses différemment.
En 2021, Brice Dulin s’était totalement manqué contre l’Ecosse. Il avait tenté une relance qui a finalement coûté la défaite aux Bleus en toute fin de match. Extrait:
J’étais déçu parce que ça provoque notre défaite. Je le regrette mais ça ne m’a pas hanté. Quand je pars sur un match, c’est pour le gagner mais surtout pour respecter l’objectif qu’on s’est fixé à ce moment-là. C’était de gagner le Tournoi sur cette rencontre, même si ce n’était plus réalisable à ce moment-là.
Quand je reçois le ballon où je veux tenter le coup, ça se referme et puis la pénalité se retourne contre nous. La prise de décision a été instantanée. Elle est mauvaise parce qu’on perd le match. Ça se joue à une demi-seconde et un soutien qui plonge selon l’arbitre. La seule chose qu’on aurait pu contrôler, c’est de taper le ballon en touche. Je ne l’ai pas fait. On n’aurait pas gagné le Tournoi mais on aurait fini sur une victoire et une saveur moins amère.
Il indique avoir regardé les images à plusieurs reprises. Extrait:
Vous vous doutez bien que beaucoup de personnes derrière m’en ont parlé. Shaun Edwards (l’entraîneur de la défense) m’avait appelé deux semaines plus tard pour me dire qu’il avait encore revu le match et que ce n’était pas de ma faute et qu’il était conscient de l’état de fatigue dans lequel je pouvais être à ce moment-là. Surtout qu’on avait pris un carton jaune (Baptiste Serin, 74e) et que j’avais occupé le poste de 9. Mais je ne rejette la faute sur personne. J’ai pris une mauvaise décision.
Il précise cependant ne pas avoir gambergé entre 2021 et 2023, sans avoir pu porter le maillot du XV de France. Extrait:
Non, pas du tout. Si tu t’arrêtes sur une action qui pourrait te coûter ta place, il faut arrêter le rugby. Cette défaite ne m’a pas traumatisé. Elle n’a pas bridé mon envie de jeu ni celle de prendre du plaisir sur le terrain. J’ai vraiment relativisé sur les cinq dernières années de ma carrière sans faire attention au reste. À cette époque-là, mon fils avait deux ans. Que je gagnais ou que je perdais, j’avais le sourire à la maison. Ma carrière n’a pas été linéaire ni homogène en équipe de France. Mais grâce à cette remise en question, j’ai pu vivre des moments extraordinaires avec La Rochelle. Franchement, je suis conscient de la chance que j’ai eue, et notamment de revenir en sélection pour partager un petit bout d’aventure avec cette dernière génération. Je me suis régalé même si j’avais un genou en moins.
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