Castrogiovanni, Dominguez… Comment l’Italie a préparé sa victoire très prestigieuse contre l’Angleterre
Castrogiovanni, Dominguez… Comment l’Italie a préparé sa victoire très prestigieuse contre l’Angleterre
Le mardi 10 mars 2026 à 9:05 par David Demri
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Au lendemain de leur victoire historique contre l’Angleterre (23-18), première du nom dans l’histoire de la Nazionale, les Italiens sont portés aux nues par une presse transalpine en pleine euphorie. Il est rare de voir une telle couverture éditoriale consacrée à l’ovale de l’autre côté des Alpes, mais l’exploit est à la mesure de l’événement.
Les grands titres ne s’y trompent pas. Le Messaggero salue le franchissement d’un cap majeur : “L’Italie comme dans rêve […] ils ont brisé une malédiction de 35 ans sans connaître la victoire face aux maîtres”. De son côté, Sky Sport Italia ironise avec un “Rugby is coming Rome” qui en dit long sur le changement de dynamique.
La Gazzetta dello Sport, véritable monument médiatique, consacre deux pages entières à ce moment de bascule : “Il aura fallu 35 ans et 33 rencontres pour que l’Italie ovale – la petite, maltraitée – au terme d’une prestation saisissante dans son intensité, fasse tomber un tabou : elle a dominé, pour la première fois, le géant anglais”. Ce constat souligne un contraste saisissant avec la puissance de la machine anglaise, une nation où le rugby est une institution historique aux budgets colossaux, tandis que l’Italie, elle, se fraye un chemin avec abnégation.
Le Corriere dello Sport insiste sur la maturité de cette sélection, portée par une jeunesse audacieuse. Le quotidien rappelle que “Dans le XV de départ, devant les 70 000 spectateurs du Stade olympique, huit joueurs sont nés entre 2000 et 2002. Des garçons qui gardent une marge de progression, en somme.” Derrière cette réussite, l’empreinte de Gonzalo Quesada est omniprésente. La Stampa souligne comment l’Argentin “a transformé la Nazionale”, tandis que La Gazzetta confirme que “Dans le groupe il a très vite conquis tout le monde et contrairement à ce qui est arrivé à d’autres, deux années n’ont pas suffi à essouffler l’enthousiasme initial.”
Le sélectionneur lui-même a dévoilé les ressorts psychologiques de cette semaine particulière. “Martin Castrogiovanni nous a rejoints mardi et a préparé un grand asado (barbecue argentin). Et vendredi j’ai appelé Diego Dominguez pour qu’il remette les maillots aux garçons. Pour nous c’est un geste toujours chargé d’émotions.” Ces moments de partage contrastent avec les difficultés structurelles du rugby de club en Italie, où des entités historiques peinent à survivre économiquement.
Mais après une période de disette marquée par une série noire, la Nazionale semble enfin avoir trouvé la lumière. Le journal rappelle d’ailleurs que le pays garde en mémoire un passé récent compliqué : “Besoin de rappeler, toutefois, qu’entre 2015 et 2022, soit il n’y a pas longtemps, les Azzurri ont souffert d’une série de 36 défaites dans le Tournoi…”
Aujourd’hui, le complexe d’infériorité a disparu. Le capitaine courage Michele Lamaro, dont les 11 plaquages ont pesé lourd samedi, avait donné le ton avant le match : “Pour nous considérer vraiment comme compétitifs, on doit commencer à battre les meilleurs.” Le message est passé.
Désormais, l’Italie n’a plus peur de regarder ses adversaires dans les yeux. Le rendez-vous de samedi prochain à Cardiff, avec une perspective concrète de boucler le Tournoi avec trois succès, s’annonce comme une nouvelle étape pour confirmer que cette équipe est tout sauf un feu de paille.
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