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Stade Rochelais : Pourquoi Ronan O’Gara a finalement décidé de garder Antoine Hastoy

Stade Rochelais : Pourquoi Ronan O’Gara a finalement décidé de garder Antoine Hastoy

Le samedi 21 mars 2026 à 12:58 par David Demri

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Le feuilleton Antoine Hastoy a connu un dénouement spectaculaire cette semaine sur la côte atlantique. Alors que l’avenir de l’ouvreur international semblait s’écrire loin de la Charente-Maritime après l’annonce du recrutement de l’Écossais Ben Healy, Ronan O’Gara a opéré une volte-face totale.

Ce samedi soir (21 h), pour sa 100e sous le maillot de La Rochelle face à son ancien club de Pau, Hastoy retrouve une place de titulaire et, officiellement, la confiance de son manager.

Une relation sous haute tension

Jouer numéro 10 sous les ordres d’une légende du poste comme Ronan O’Gara n’a rien d’un long fleuve tranquille. Le manager irlandais, dont l’exigence a déjà poussé Hugo Reus vers la sortie début 2025, attend une implication totale de ses directeurs de jeu.

« J’essaie de tirer le meilleur de mes ouvreurs. Mais ils doivent prendre leurs responsabilités. Et ça commence par leur propre motivation, c’est la clé », confiait le technicien en décembre 2024. Pour lui, « la confiance et la motivation créent la différence entre un grand et un très grand joueur, un joueur de club et un joueur international. ».

De son côté, Antoine Hastoy a longtemps tenté de s’imperméabiliser face à cette pression constante. « Quand je joue, je ne pense pas à la façon dont il peut m’observer, je ne vois pas les choses comme ça », expliquait-il cet automne.

Pourtant, le malaise était réel, culminant le 25 février dernier avec la révélation du recrutement de Ben Healy pour la saison prochaine, interprété comme une invitation claire pour le Français à se trouver un nouveau point de chute.

Le « mea culpa » de Ronan O’Gara

Contre toute attente, le manager rochelais a profité de la conférence de presse de jeudi pour désamorcer la crise et confirmer qu’Hastoy honorerait son contrat jusqu’en 2029.

Avec la franchise qui le caractérise, « ROG » a reconnu avoir sous-estimé la force de caractère de son joueur :

« Antoine ne va pas quitter le club, a déclaré le manager en conférence de presse. C’était une menace, mais est-ce que j’étais capable de garder sa tête sous l’eau ? Je ne pense pas. J’ai mal apprécié le compétiteur en lui. Pour créer une équipe, j’ai besoin d’un bon 3, d’un bon 5 et d’un très bon 10. On a Diego (Jurd), j’ai signé un autre 10 (Ben Healy) et j’ai Antoine. Il est ici, et il le sera les trois prochaines années. »

O’Gara a également admis que sa méthode de management pouvait être brutale, tout en la justifiant par les impératifs du haut niveau :

« Cela n’arrive jamais que tous les joueurs t’adorent ou que tous les joueurs te détestent. C’est une relation individuelle avec chaque joueur. Un bon coach est capable de tirer le meilleur de chaque joueur. Avec Antoine, on n’a pas vu ça pour le moment cette saison. Mais je suis convaincu qu’on est capables d’aller plus loin ensemble, et c’est important pour moi de le dire. »

L’analogie du mariage : « Tu ne quittes pas la maison »

Le déclic semble être venu de la réaction d’orgueil d’Hastoy lors de la victoire capitale à Castres (31-26) fin février, où il a livré une prestation de haut vol malgré un contexte personnel pesant.

O’Gara, conscient d’avoir poussé le bouchon trop loin, a conclu sur une comparaison matrimoniale dont il a le secret :

« C’était horrible pour nous deux, parce que j’ai beaucoup d’admiration pour Antoine. Mais on ne peut pas être dans le déni non plus, je n’étais pas content de ses performances, a poursuivi le coach en toute transparence. Je dois aussi lever la main et dire que ma façon de faire est un peu sévère. Mais on est dans le sport de haute performance. C’est un peu comme dans mon mariage avec « Jess », il y a des moments faibles et des moments très forts. Mais tu ne quittes pas la maison juste parce que ça ne marche pas pendant quelques mois. »

Pour Antoine Hastoy, cette 100e titularisation samedi soir doit désormais marquer le début d’une nouvelle ère.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

2 Commentaires

  1. OTARIE ! 21 mars 2026 at 13h- Répondre

    Ouais ! En même temps dire à un joueur encore sous contrat qu’il faut qu’il parte c’est compliqué je pense !
    Le club qui veut le recruter doit s’acquitter d’une forte somme !
    Donc soit on le paie sans qu’il joue ou bien il redevient indispensable du jour au lendemain ….

    • Yun4wen 23 mars 2026 at 14h- Répondre

      Ou alors on a un peu de connaissance du très haut niveau et de l’importance d’un 10 qui sait jouer dans le jeu moderne (Merci Jalibert, au revoir NTK, merci Fin Russel, au revoir Prendergast, …)

      Pour le coup Hastoy est recruté comme étant le 3eme ouvreur de l’équipe de France, depuis son arrivée il n’a jamais vraiment montrer ce niveau.
      100 match ms, c’est long.

      Tu as le temps d’essayer la carotte, le bâton, l’indifférence, le coup de fouet, …
      In fine il tente la responsabilisation du joueur. Ça fonctionne depuis 2 matchs.

      Ce que fait ROG tous les entraîneurs le font, en particulier quand il s’agit d’un joueur qui joue au même poste que jouait le coach. La seule différence c’est que ROG est capable de retirer la pression du joueur en faisant publiquement amende honorable.

      Il annonce la couleur à son joueur et dans la foulée il le protège de la pression en se mettant sur le devant de la scène.

      C’est juste malin et humainement génial