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Top 14 : Pourquoi nos entraîneurs craquent-ils tous les uns après les autres ?

Top 14 : Pourquoi nos entraîneurs craquent-ils tous les uns après les autres ?

Le samedi 21 mars 2026 à 12:34 par David Demri

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Le retour de Pierre Mignoni sur le banc du RCT ce week-end met en lumière la vulnérabilité des coaches du Top 14. Outre les cadences de travail infernales, ils font face à une passion qui les dévore et dont ils doivent se préserver.

La « décompensation » subie par le technicien toulonnais a agi comme un révélateur.

Le témoignage de Pierre Mignoni : « J’ai passé cinq jours à dormir »

L’incandescent Pierre Mignoni a dû mettre un genou au sol, tel un boxeur sonné. Victime de ce qu’il appelle une « décompensation », il lui a fallu consentir à un repos forcé. Son corps lui a interdit ce que sa volonté voulait lui imposer. « J’ai passé cinq jours à dormir », nous confiait-il la semaine dernière, vidé de tout. « C’est effrayant, confessait l’entraîneur toulonnais. Quand tes enfants ne reconnaissent pas leur papa… ».

Une détresse aux multiples visages

Pour Paul Gustard, l’Anglais du Stade Français, voir un homologue contraint de s’éloigner est une épreuve comme il l’explique dans L’équipe :

« C’est terrible de voir quelqu’un passionné contraint de s’en éloigner parce qu’il est épuisé. ».

Il détaille cette détresse qui « elle est mentale, émotionnelle, sociale, physique ».

Selon le Palois Sébastien Piqueronies, « on flirte avec la limite de l’engagement ». Si les clubs mesurent « l’intensité courue » ou « l’intensité combattue » des joueurs, « l’intensité vécue » des coaches, elle, ne se quantifie pas.

Laurent Labit, aujourd’hui à Perpignan, se souvient être arrivé dans son club précédent « déjà en n’étant pas très bien… quasiment avec une petite dépression. ». Analysant la pression actuelle, il juge que quand « tout devient urgent et tout est important, au bout d’un moment, on explose ». Il ajoute qu’avec le recul, « si j’avais continué, j’aurais peut-être eu un souci comme Pierrot ».

La fin d’un tabou et la nécessité de déléguer

Pour Sébastien Piqueronies, il s’agit d’un « sur-engagement professionnel » et il estime que « c’est bien que ce ne soit plus tabou… Ça peut arriver à tout le monde et il faut s’en protéger. ».

« Personne n’est à l’abri, prévient le manager castrais Xavier Sadourny, 48 ans. C’est arrivé à Pierre Mignoni, c’est peut-être arrivé à d’autres, mais on ne l’a pas su. J’ai explosé il y a une dizaine d’années quand je suis passé de joueur à manager, c’était à Lyon. Je n’avais pas les codes. Je pense que cela m’a servi de leçon, et ça m’aide aujourd’hui. ».

Pour durer, les coaches doivent relativiser. « On a un métier passion, bien rémunéré, nuance Piqueronies. Beaucoup de Français vivent des temps durs dans leur environnement professionnel ou familial. On n’est pas hors sol. ». Paul Gustard ajoute : « Je suis très conscient de la chance que j’ai de faire ce métier. Il y a des guerres dans le monde, des gens ont du mal à se nourrir… ».

L’enfer des montres connectées : « Une journée off, dans notre métier ça n’existe pas »

Le temps s’est compressé. Laurent Labit explique qu’il « habitue toujours mon staff, ma direction, mon président à des moments où ce n’est pas la peine de m’appeler… ».

Il déplore l’immédiateté : « Aujourd’hui, tout semble devenu urgent, 24 heures sur 24, déplore l’entraîneur. Alors qu’il y a des choses qui peuvent attendre le lendemain. On peut t’appeler pour une connerie, tu ne sais même pas pourquoi le mec t’a appelé. ». Il conclut sur la réalité du métier : « Une journée off, dans notre métier ça n’existe pas. ».

Le salut par le sport et le lâcher-prise

À Castres, Sadourny s’appuie sur son entourage et son hygiène de vie. Il cite Arsène Wenger qui expliquait « qu’il avait quasiment la même hygiène de vie qu’un sportif de haut niveau ». Pour Piqueronies, « la clé, c’est d’assumer de déléguer. Accepter que les choses soient parfois imparfaites ou différentes de ce qu’on avait imaginé. ». Paul Gustard confirme avoir « réussi à déléguer davantage que par le passé ».

À Montpellier, Joan Caudullo a bien noté le rappel : « Ce qui est arrivé à Pierre, ça met un coup de frein à main ». Il s’est octroyé « une semaine au ski, en famille et avec des amis. Pour mieux repartir. ». Malgré tout, la passion reste le moteur : « Ce métier est tellement beau, intéressant, exigeant… que ça donne sans cesse envie d’y retourner » admet Caudullo, tout en reconnaissant que « la tension subie au quotidien, c’est aussi l’huile dans le moteur qui fait avancer. ».


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

5 Commentaires

  1. m 21 mars 2026 at 12h- Répondre

    « Accepter que les choses soient parfois imparfaites ou différentes de ce qu’on avait imaginé. » ==> et si les supporters faisaient la même chose, tout se passerait mieux.

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  2. Bidule83 21 mars 2026 at 14h- Répondre

    Les clubs sont maintenant gérés comme des entreprises, il n’y a plus de place pour les états d’âme hélas , sur bouquet avec une charge de travail énorme, c’est pour cela qu’il faut plusieurs adjoints et délégués un peu plus .

  3. Bastia M 21 mars 2026 at 14h- Répondre

    Comme j’ai déjà dit, je souhaite à Pierre Mignoni, la santé et de vivre très longtemps. Maintenant je comprends pas pourquoi, ils font des burnes en août avec 50 ou 60 000 € par mois ils travaillent pas dans le bloc opératoire, il travaille pas dans les poubelles, il travaille pas dans les EHPAD Dede ils font pas des métiers difficiles et tape pas au marteau-piqueur aussi pour moi c’est incompréhensible

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    • Dupont La Joie 23 mars 2026 at 00h- Répondre

      Bravo ! Bien dit !

  4. Arthur 21 mars 2026 at 15h- Répondre

    Parce que toucher 40 000 euros par mois c’est pas suffisant ?