« Comme je ne suis pas le plus costaud… » : Corentin Mézou raconte son travail pour atteindre le niveau Top 14
« Comme je ne suis pas le plus costaud… » : Corentin Mézou raconte son travail pour atteindre le niveau Top 14
Le mercredi 22 avril 2026 à 13:22 par David Demri
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C’est une métamorphose physique et mentale qui s’opère sur la Rade. Corentin Mézou, le deuxième ligne géant de 2,04 m, ne se contente plus de son envergure naturelle.
À 21 ans, le joueur du RC Toulon s’est imposé une discipline de fer pour répondre aux exigences brutales du Top 14, transformant ses premières difficultés en une ascension méthodique.
Un apprentissage brutal du haut niveau
Lancé très tôt dans l’élite, le Breton a rapidement compris que sa domination en catégorie Espoirs ne suffirait pas face aux colosses du championnat professionnel. Ses premières titularisations ont agi comme un révélateur physique.
Il s’est confié via Var-matin :
« Je m’étais fixé pour objectif de jouer des minutes en pro lors de cette année-là, mais je ne pensais pas que ça allait arriver si tôt. C’était top sauf que, physiquement, j’étais un peu moins prêt… À la fin de ces quatre matchs-là, j’étais rincé. »
Arrivé dans le Var avec un déficit de puissance, le choc a été immédiat :
« Je m’en étais aperçu directement. Sur les impacts, c’était dur. Le jeu aussi allait plus vite. Je m’etait dit que j’avais une marge, avec un travail à faire pour pouvoir être à la hauteur. »
La blessure, un mal pour un bien
Paradoxalement, c’est une déchirure au psoas, suivie d’une blessure au doigt, qui a permis à « Coco » de se forger physiquement. Ce temps loin du pré a été mis à profit pour muscler son jeu.
« La blessure m’a permis de développer mon haut du corps. Au début, c’était assez difficile de regarder les copains jouer, aussi bien les Espoirs que les pros. En plus, tu viens de découvrir le Top 14, donc ça te fait une descente d’émotions. Mais au bout du compte, tu te dis qu’être absent t’a aidé pour la suite. »
Cette résilience paie. Cette saison, il enchaîne les performances :
« Il y a eu pas mal de blessés à mon poste. Je saisis les opportunités quand on me les donne. C’est très enrichissant pour un début de carrière. »
Une transformation physique ciblée
Aligné lors de matchs de très haut niveau en Champions Cup, Mézou n’a pas tremblé, même s’il avoue sa surprise :
« Je ne m’attendais pas du tout à commencer ces rencontres-là! Je suis toujours en apprentissage. À la fin, tu ne réalises pas trop que tu viens de jouer un tel match. Devant, ça tapait fort ».
Aujourd’hui, avec 116 kg sur la balance, sa structure a changé. Il ne cherche pas la masse pour la masse, mais la puissance utile :
« Par rapport à mes débuts, j’ai pris deux ou trois kg. Mais j’ai surtout gagné en force. Je me suis davantage forgé, notamment sur le haut du corps. On va dire que j’ai un peu transformé le gras en muscle, sans pour autant trop prendre de masse. Je dois continuer d’être utile dans le domaine aérien et enchaîner les tâches sur le terrain, car ça reste mes qualités. »
Cette évolution est le fruit d’un investissement total :
« Ça a demandé beaucoup de temps en salle avec les préparateurs physiques, du renforcement, du cardio aussi… L’objectif, c’était de pouvoir mieux tenir les longues séquences et l’enchaînement des tâches. »
Peaufiner la technique individuelle
Le deuxième ligne ne néglige aucun détail, sous l’œil attentif de Cédric Béal :
« J’essaie également de bosser les rucks et les duels à fond, en travaillant sur mes appuis, mes prises de balle, le fait d’attaquer bas… Comme je ne suis pas le plus costaud, je m’étais peut-être un peu moins focalisé là-dessus. Mais c’est aussi bien d’avoir cette qualité. Cédric Béal me conseille beaucoup sur ce point. »
L’avis de l’expert : une « force d’homme » à venir
Cédric Béal analyse avec précision cette mutation entamée depuis l’arrivée du joueur en provenance de Vannes :
« Corentin a eu une évolution par paliers et dans différents domaines. Il a évolué physiquement avec une prise de 14 à 15 kg depuis son arrivée de Vannes. Son corps a dû s’habituer à ce nouveau poids, car il faisait déjà plus de 2 m quand on l’a vu débarquer. Il a aussi évolué dans son jeu, a pris du métier sur la touche, les tâches obscures et sur le côté offensif. Au départ, il allait vite au sol. Là, il commence à jouer ses duels. »
Pour le technicien, le potentiel de Mézou est loin d’être épuisé :
« Il a encore une grosse marge de progression sur la force d’homme qu’il va aller chercher. Souvent, ce genre de profil a une maturité tardive là-dessus, sur cette capacité à changer de rythme et à accélérer, avant de passer ou de percuter. »
6 Commentaires


On y est. Béal a tout dit. Il lui manque la force d’homme. L’impact et ne pas aller au sol, ou du moins le plus tardivement possible après avoir avancé, surtout avancer avec un tel profil
Il doit effectivement continuer à travailler sa puissance, cela est important pour un seconde ligne. On lui fait confiance.
Il a beaucoup , beaucoup de travail a faire! un manque total d’impact, de puissance pour contrer les adversaires: il est trop léger et se contente de cela. Non, il doit se développer, faire mal dans les rucks!en continuant comme cela, on épuise Ribbans qui doit faire le travail du 4 et du 5!!
Bhe non justement t’as pas lunl’article ?
Il dit qu’il est en train de faire une grosse prepa et qu’il evolu.
Il faut laisser le temps au temps .
Si il continue comme ca il’pourra etre a maturité d’ici 1 ou 2 ans
Tout le monde a plus ou moins la meme analyse sur ce garçon, c est bien d avoir un jeune comme lui, il peut nous surprendre bientôt
Bien qu’à un poste bien différent.Qu’il assure comme Misho ou Cowie.Qui eux aussi ont une marge de progression conséquente.Et ont laissé entrevoir de belles dispositions.Sans passer par la pro D2….