Image par défaut

« Je ne le trouvais plus, j’ai eu un gros moment de panique », le jour où Nicolas Nadau a perdu son fils sur la pelouse lors d’un envahissement de terrain

« Je ne le trouvais plus, j’ai eu un gros moment de panique », le jour où Nicolas Nadau a perdu son fils sur la pelouse lors d’un envahissement de terrain

Le jeudi 28 mai 2026 à 23:49 par David Demri

Ne ratez plus aucune actu du RCT

Publicité

L’USAP est condamnée à jouer l’access match pour sauver sa place en Top 14.

Les Catalans savent depuis de longues semaines déjà que leur avenir passera par cette access match contre le perdant de la finale de Pro D2.

Alors, comme gère-t-on un groupe quand il reste encore deux matches de Top 14 à jouer avant ce fameux match du maintien ?

Interrogé par Midi Olympique, Nicolas Nadau a fait le point sur la situation : 

On la gère en même temps que l’effectif, en soignant la dynamique de groupe, en concernant l’ensemble du groupe pour qu’on puisse avoir, le jour J, un maximum de joueurs en éveil et surtout concurrentiels. Créer cette émulation, je pense qu’on y est arrivé, puisqu’on a quasiment tout le monde qui est revenu sur le pont. Ça pousse, ça booste et ça crée cette dynamique.

Même si on a des défaites contre Lyon et La Rochelle à domicile, on a réalisé des prestations plutôt cohérentes à l’extérieur, notamment ce match de Bordeaux qui reste une référence pour nous. On voit des joueurs qui ont retrouvé de la confiance, qui se lâchent de plus en plus. Ce sont de très bons signaux pour nous.

Selon lui, l’évolution de l’équipe est très positive depuis son arrivée au sein du club : 

Elle est obligatoirement positive, en tout cas elle va dans le sens de ce qu’on recherche. Il n’y a pas de critique sur ce qui a été posé auparavant. Une forme de jeu était employée, on utilise d’autres formes de jeu, avec notre vision. Je ne dis pas que c’est forcément la meilleure solution, mais en tout cas on voit une équipe qui a retrouvé de la confiance et le sourire, qui vient à l’entraînement avec du plaisir. C’était un de nos challenges en tant que staff. Maintenant, prendre du plaisir à l’entraînement ne suffit pas pour gagner les matchs…

Je parle beaucoup de dynamique de groupe, parce que j’aime beaucoup ça. On aimerait voir encore plus de signaux positifs, des petits gestes, des petites attitudes. Dans un match, chaque petit geste, chaque centimètre, chaque situation est une petite victoire, donc on aimerait que l’équipe se construise à travers ça. Qu’elle soit positive dans toutes ces petites actions, afin d’engranger un maximum de confiance.

Il espère que les blessures ne viendront pas décimer son effectif : 

On a perdu Jamie Ritchie à Clermont, et on sait qu’on n’est pas à l’abri sur les deux derniers matchs d’un autre moment d’infortune. Cela fait partie du sport de haut niveau, d’une saison. Néanmoins, on a la chance d’avoir quasiment tout notre monde. Lors de ce stage à Falgos, où nous sommes montés avec les espoirs, on était 47 à l’entraînement… Cela nous a permis d’être exigeants vis-à-vis du groupe.

Dans la foulée, il indique que ses joueurs sont désormais habitués à jouer l’access match. Extrait:

Les joueurs savent jouer ce match, ils le connaissent, il y en a une partie de l’effectif qui en a déjà joué deux ou trois. Mais malgré cette habitude, ils savent aussi qu’ils sont passés tout près de la catastrophe l’année dernière… Parce que dans leur préparation, il y a des éléments qui ne leur ont pas permis de se préparer comme il le fallait. C’est tous ces éléments qu’il faut mettre bout à bout pour ne pas reproduire les erreurs du passé.

Selon lui, la pression est du côté du club du Top 14. Extrait:

La pression et le danger sont pour l’équipe de Top 14 parce qu’elle a tout à perdre avec les conséquences qu’il peut y avoir derrière, qu’elles soient financières, ou tout ce que ça peut induire sur la formation, l’administration, le sportif, les joueurs, les pertes de salaire… Quand tu es l’équipe de Pro D2 qui a perdu la finale, il faut d’abord remettre tout le monde sur pied. Aller rechercher un peu d’affect, un peu d’émotionnel, afin de rebooster le moral de tout le monde. En tant qu’équipe de Top 14, il faut être dans le registre inverse, c’est-à-dire avoir une gestion émotionnelle et un langage du corps assez froids. C’est le terme parfait, parce qu’il va falloir être froid dans tout ce qu’on fait.

Il se remémore de la courte victoire contre Grenoble, la saison dernière, en access match. Extrait:

Ils sont bien au courant qu’ils ont frôlé la catastrophe, si c’est ce que vous voulez savoir, mais c’est un bel élément pour nous cette année. Ils se souviennent qu’une semaine avant, ils avaient battu le Stade toulousain à Aimé-Giral. Inconsciemment, ils s’étaient mis dans l’idée qu’après avoir battu Toulouse, ils n’allaient pas perdre contre Grenoble… C’est tout ce qu’il ne fallait pas faire, bien sûr. C’est pour ça que, quand je parle de gestion émotionnelle, il y a aussi la préparation en amont.

C’est pour ça qu’on est partis en stage. La préparation à ce match a déjà commencé. Il faut, à partir de maintenant, commencer à être très vigilant quant à notre environnement. Je ne dis pas qu’il ne faut pas penser aux familles, mais il faut mettre un petit peu en parenthèse les hobbies, les copains, les petits trucs qui peuvent parasiter une préparation.

Il se rappelle également des débordements qui se sont produits à l’issue de l’access match de la saison dernière. Extrait:

Ma famille était au stade ce jour-là. J’ai vécu ce moment un peu bizarrement parce que mon plus jeune fils, qui fêtait ses neuf ans ce jour-là, était entré sur la pelouse et que je l’ai perdu au milieu des supporters. J’ai eu peur en voyant les CRS arriver sur la pelouse. Je ne le trouvais plus, j’ai eu un gros moment de panique à cet instant qui m’a fait sortir de ce qu’on a pu ressentir, de ce moment émotionnel fort. J’ai rebasculé une fois que je l’ai retrouvé. J’ai l’image de mes joueurs en pleurs dans les vestiaires avec leurs femmes, leurs enfants… Ça me fait encore un frisson d’en reparler.

Concernant le possible adversaire, il ne veut pas se projeter. Extrait:

On attend encore, il ne faut pas se brûler les ailes. Avec Grenoble, l’an dernier, on a fait l’erreur de miser sur le Stade français, pour se voir finalement opposé à Perpignan… On avait préparé le match quand même, attention, les joueurs ne le savaient pas. On s’était simplement retrouvés au stade à 4 h 30 du matin, alors que les joueurs étaient attendus à 11 heures. Le job avait été fait mais on y avait perdu de l’énergie, l’air de rien.

Il n’y a pas de meilleur ni de pire tirage, juste un match à jouer. Quand tu es l’Usap et que tu joues en Top 14, que tu es confronté chaque week-end à de très grosses équipes, tu dois être prêt. On s’attend juste à jouer une bonne équipe, chacune ayant des caractéristiques totalement différentes les unes des autres. Que tu joues Oyonnax, Provence ou Colomiers, ce ne sont pas du tout les mêmes profils. C’est très homogène. C’est d’ailleurs là la grosse différence avec le Top 14 où la puissance, la vitesse est permanente. Là, on peut tomber sur une équipe de Colomiers très défensive et efficace sur ses turnovers, une équipe de Provence qui, dès qu’elle tient le ballon, met à mal ses adversaires par sa vitesse d’exécution, une équipe d’Oyo qui met sous pression en permanence son adversaire par son jeu au pied. Il y a vraiment toutes les caractéristiques du rugby à travers ces quatre équipes. Il faudra surtout s’adapter ce jour-là, et être à 100 %.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

0 Commentaire