Laurent Marti met en garde son groupe : « Dans deux ans, on ne sera plus rien »
Laurent Marti met en garde son groupe : « Dans deux ans, on ne sera plus rien »
Le vendredi 5 juin 2026 à 15:24 par David Demri
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L’Union Bordeaux-Bègles traverse la période la plus faste de son histoire.
Alors que le club fête ses 20 ans, les Girondins ont remporté deux grands titres en l’espace de douze mois et viennent d’inscrire leur nom au palmarès de la Champions Cup.
Pour autant, Laurent Marti refuse de s’enflammer.
Le président bordelais estime même que le plus dur commence désormais.
« Gagner, c’est magique »
Laurent Marti savoure forcément ce que vit actuellement son club.
Après des années de travail et de construction, l’UBB récolte enfin les fruits de ses efforts.
Il exprime sa joie de gagner des titres via Sud-Ouest :
« Du bonheur parce que gagner, c’est magique : on ne s’habitue jamais. Une fois qu’on a gagné, on a toujours envie de regagner tellement les émotions sont fortes. »
Le dirigeant évoque également une immense fierté.
« Pour y arriver, on est parti de loin et on a bossé dur. J’étais aussi conscient qu’on aurait pu ne jamais rien gagner. »
Laurent Marti refuse toute euphorie
Malgré les trophées, le président de l’UBB ne veut surtout pas voir son club tomber dans l’excès de confiance.
L’exemple récent du Stade Rochelais lui sert d’ailleurs de rappel.
« Il faut rester bien calme, la tête froide, bien humble, parce que ce Top 14 est excessivement relevé. »
Et son avertissement est très clair.
« Si on s’endort ou si on chope la grosse tête, dans deux ans, on ne sera plus rien. »
Pour lui, la réussite actuelle ne garantit absolument rien pour l’avenir.
« Si on ne fait pas ce qu’il faut en termes de recrutement, d’ambition sportive et de structuration, dans deux ans, on pleurera. »
Une Champions Cup qui change tout
Même si l’UBB reste sous pression en Top 14, Laurent Marti considère que la saison est déjà réussie grâce au sacre européen.
« Si en début de saison on nous avait dit qu’on risquait d’être en difficulté en Top 14 mais qu’on allait gagner la Champions Cup, j’aurais signé des deux mains ! La saison est magnifique. »
Pour autant, il reconnaît qu’une non-qualification en phase finale du championnat laisserait forcément un goût amer.
« Si on ne se qualifiait pas en championnat, ce serait dur à vivre. Je dirais que ce serait une grande déception. »
« On manque de joueurs »
Laurent Marti pointe également une réalité qui limite encore les ambitions de son équipe.
Selon lui, l’UBB ne dispose pas encore de la profondeur d’effectif nécessaire pour jouer tous les tableaux jusqu’au bout.
« On voit bien qu’on a des blessés majeurs. Je crois qu’on est le club d’Europe qui a le plus joué sur les deux saisons. »
Le président bordelais estime que plusieurs cadres ont été énormément sollicités.
« À un moment donné, il ne faut pas rêver. On manque de joueurs. On a vraiment tiré sur certains. »
La grande question pour l’avenir
Pour continuer à grandir, l’UBB devra résoudre une équation complexe.
Comment rester compétitif en Champions Cup tout en jouant le titre en Top 14 ?
« La grande question qu’on devra se poser, c’est : « Est-ce qu’on peut jouer les deux compétitions à fond ? On a commencé à en parler avec Yannick. »
Et même si l’UBB vient d’atteindre les sommets européens, Laurent Marti estime que son club n’a pas encore les moyens de tout gagner simultanément.
« Paradoxalement, on n’est pas encore assez large. On gagne, mais après, on finit par le payer. »
Un constat lucide qui montre que malgré les trophées, Bordeaux regarde déjà vers la suite.
1 Commentaire


C’est ce qu’a compris Lacroix quand on s’est fait éliminer en quart par le CO. C’est pour ça qu’il faudra bien aller dans le sens de la démarche du président toulousain, sinon ce sera difficile pour les clubs qui jouent sur les deux tableaux.