Paul Boudehent vide son sac : « Les gens pensent que je suis un abruti »
Paul Boudehent vide son sac : « Les gens pensent que je suis un abruti »
Le vendredi 12 juin 2026 à 9:01 par David Demri
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Paul Boudehent ne laisse jamais indifférent. Sur le terrain comme en dehors, le troisième ligne du Stade Rochelais et du XV de France cultive une personnalité à part, loin des discours formatés qui dominent souvent le sport professionnel.
Invité de l’émission « L’entretien des Potos » de RMC Sport, le Rochelais de 26 ans s’est confié longuement sur son caractère, son rapport aux autres, aux médias et au rugby.
Avec une sincérité désarmante, il est revenu sur les clichés qui lui collent à la peau depuis plusieurs années.
« Je suis plus qu’un physique »
Le joueur reconnaît être régulièrement confronté à des préjugés liés à son imposante carrure.
« Quelque chose qui me chagrine un peu depuis pas mal d’années, et qui m’agace avec le temps, c’est que les gens me réduisent vachement à mon physique, au fait que je sois costaud. Quand je parle avec des gens avec qui je n’avais jamais eu l’occasion de parler avant, ils me disent: ‘Ah, mais tu piges, tu comprends, tu…’ J’ai envie de leur dire… Toutes ces personnes-là pensent juste que je suis un abruti qui s’enferme dans une salle de muscu et qui… Si vous saviez le nombre de fois (où l’on m’a tenu ce discours). »
Il poursuit :
« Je me rends compte que les gens le font inconsciemment, c’est souvent maladroit de leur part, mais tu lis un peu la surprise en eux. Ils s’attendent vraiment au benêt. Mais non, les gars, on sait tenir une phrase, on sait conjuguer des verbes… »
Une image qui a parfois fini par l’agacer.
« Il y a des moments où ça m’a agacé. Je suis plus qu’un physique! Après, je me dis, écoute, laisse couler. Je préfère qu’on retienne de moi que je suis un beauf plutôt qu’un abruti, parce qu’à la rigueur, s’ils se disent que je suis un beauf mais que je réfléchis, au moins, j’aurais gagné ça. »
Un caractère fort qu’il a appris à maîtriser
Très porté sur l’introspection, Boudehent explique avoir beaucoup évolué avec le temps.
« J’aime bien faire vachement de travail d’introspection. Comprendre et analyser les gens, aussi. Comprendre pourquoi ça se passe très bien avec cette personne-là, pourquoi est-ce plus compliqué avec celle-ci, ou pourquoi ça ne se passe pas bien du tout avec celle-là? »
Une réflexion qui lui a permis de mieux comprendre son propre fonctionnement.
« Au début, je ne comprenais pas que mon caractère puisse ne pas être compris par certaines personnes. Je me disais: ‘Ce mec-là, il ne m’aime pas, c’est un gros con!’ En fait, non, c’est juste que j’ai pris conscience que j’avais cette personnalité-là et qu’elle pouvait déranger. »
Le Rochelais assure désormais chercher à s’adapter davantage aux personnes qui l’entourent.
« Moi, j’ai envie de bien m’entendre avec tout le monde, alors, évidemment ce n’est pas possible, on ne vit pas dans le monde des bisounours, mais, du coup, tu sais un peu quoi mettre en place pour adapter ton dialogue. »
Sa relation mouvementée avec Ronan O’Gara
Connu pour son fort tempérament, Boudehent reconnaît avoir longtemps eu du mal avec l’autorité.
« Gamin, j’avais un gros problème avec l’autorité. Un prof qui me tenait tête, ça devenait un challenge. »
Une facette de sa personnalité qui a également marqué ses débuts sous les ordres de Ronan O’Gara.
« Au début et pendant très, très longtemps, c’était le feu, avec Ronan O’Gara. »
Avec le recul, le troisième ligne estime avoir mieux compris les exigences de son entraîneur.
« C’est juste que Ronan est quelqu’un d’hyper exigeant, et quand tu ne comprends pas ça, t’as l’impression qu’il te déteste. »
Aujourd’hui, il considère même que ce caractère autrefois difficile à contrôler est devenu un atout.
« Maintenant, j’estime que c’est une force parce que je connais un peu plus mes limites, mes forces, mes faiblesses, et je pense avoir beaucoup plus de contrôle maintenant sur mon caractère que quand j’étais gamin. »
Un regard très détaché sur le rugby
Malgré son statut d’international français, Paul Boudehent refuse de faire du rugby le centre absolu de sa vie.
« Il y a des personnes, leur métier, c’est de sauver des vies. Il y a des métiers mille fois plus importants que le nôtre. »
Le Rochelais rappelle que le rugby reste avant tout un métier et une passion.
« Je ne suis pas marié avec le rugby. Potentiellement, dans neuf ou dix ans, c’est fini. »
Cette philosophie l’amène aussi à porter un regard critique sur la manière dont certains supporters perçoivent les joueurs.
« Les gens nous placent sur un piédestal qui ne devrait pas avoir lieu d’être. »
Avant de conclure avec une réflexion très directe sur certains comportements observés sur les réseaux sociaux :
« Je suis désolé pour les personnes qui l’ont déjà fait, je me dis qu’il faut être un blaireau pour envoyer un message en disant à un mec qu’il est nul à chier parce qu’il n’a pas fait ci ou ça. »
2 Commentaires


Merci Paul, je vais me servir de ta phrase ici même car c’est le bon endroit pour le rappeler à certain 😉
« Je suis désolé pour les personnes qui l’ont déjà fait, je me dis qu’il faut être un blaireau pour envoyer un message en disant à un mec qu’il est nul à chier parce qu’il n’a pas fait ci ou ça. »
Pourquoi ? « Les gens pensent que je suis un abruti »
J’ai vu une fois un reportage sur lui au crc et ma foi le gars m’avait de tout sauf d’un demeuré.
Un gras intéressant loin des stéréotypes du rugby et plutôt attachant
Quand on a un gros gabarit on peut avoir un cerveau et ne pas être obnubilé que par les plaquages les grattages et cie.
Restez vous même M. Boudehent.!
Eric.
Ps D’ailleurs c’est hyper interessant ces reportages ou les joueurs montrent d’autres centres d’intérêt que l’ovale.