« Nous pouvons avoir peur » : l’USAP ne cache plus son inquiétude avant le choc

« Nous pouvons avoir peur » : l’USAP ne cache plus son inquiétude avant le choc

Le samedi 13 juin 2026 à 9:00 par David Demri

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L'USAP en groupe

Dimanche soir à Aix-en-Provence, l’USAP jouera bien plus qu’un simple match de rugby. Face à Provence Rugby, les Catalans tenteront de conserver leur place dans l’élite lors d’un access-match où la pression s’annonce immense. À quelques jours du rendez-vous, un sujet occupe d’ailleurs une place centrale dans la préparation perpignanaise : l’aspect mental.

Pour le club catalan, l’enjeu est particulier. Contrairement à son adversaire, qui peut rêver d’un exploit et d’une montée historique, l’USAP arrive avec le poids du statut de pensionnaire du Top 14. Une situation qui peut rapidement devenir un piège si les émotions prennent le dessus.

« La performance se résume à une chose : la maîtrise de l’influence des émotions », explique ainsi Olivier Magne via L’Indépendant, ancien international français devenu spécialiste de la préparation mentale.

Selon lui, les émotions les plus présentes dans ce type de rendez-vous sont bien identifiées.

« Aujourd’hui, il existe un modèle validé scientifiquement : l’ICERU, identifier, comprendre, exprimer, réguler et utiliser les émotions. En sachant que les deux émotions les plus présentes dans ce genre de situation sont la colère et la peur. Des sentiments utiles, mais seulement lorsqu’ils sont maîtrisés. »

L’USAP a préparé ses joueurs à gérer la pression

Conscient du contexte, le staff catalan n’a pas uniquement travaillé le rugby cette semaine. Les discussions se sont multipliées afin de prendre la température du vestiaire avant ce rendez-vous décisif.

Le capitaine Jerónimo de la Fuente a notamment échangé avec ses coéquipiers pour mesurer leur état d’esprit tandis que les joueurs ayant déjà disputé des access-matchs ont été sollicités pour partager leur expérience.

Laurent Labit sait à quel point ce travail est devenu essentiel.

« On s’appuie sur nos joueurs qui ont eu l’expérience des access-matchs. On échange avec eux et on essaie de comprendre ce qui s’est joué à ce moment-là. Mais mon travail consiste à absorber cette pression négative. Les joueurs doivent avoir la responsabilité d’être au meilleur de leur niveau sans se préoccuper de l’enjeu. »

Pour Olivier Magne, l’une des clés consiste à ramener les joueurs vers leurs repères collectifs.

« Il faut mettre le collectif en avant pour savoir quelles sont les valeurs. Cela permet au collectif de trouver les ressorts sur le plan de l’identité qui permettront à l’USAP de s’exprimer au mieux dans une situation où elle pourrait faire un non-match. »

Le risque d’une contagion émotionnelle

Dans un rendez-vous aussi particulier, tous les joueurs ne réagissent pas de la même manière face au stress. Certains deviennent des moteurs. D’autres peuvent involontairement transmettre leurs inquiétudes au groupe.

« Tous ne sont pas égaux face au stress. Mais il faut savoir que dans une équipe, il y a une contagion émotionnelle. C’est là que doivent émerger des leaders sur le plan émotionnel. Ceux qui arrivent à réguler ces émotions et à les transmettre de manière positive à leurs partenaires. »

À l’inverse, certains comportements peuvent fragiliser un collectif.

« Certains peuvent communiquer leur stress négatif. Un groupe se compose aussi en fonction de cela. »

L’expérience de certains cadres de l’USAP pourrait donc peser lourd dimanche soir, au moment où la tension atteindra son maximum.

Nicolas Nadau, qui s’apprête à vivre son cinquième access-match, insiste lui aussi sur l’importance de rester concentré sur l’essentiel.

« Il faut que nous pensions à notre rugby et que nous arrivions à évacuer tout ce qu’il peut y avoir autour. Bien sûr que la famille et les loisirs restent importants, mais il ne faut pas que cela devienne un élément prépondérant. Il faut rester très froid. »

L’entraîneur catalan estime toutefois que l’énergie populaire peut devenir une force.

« Nous sommes humains, nous pouvons avoir peur, mais tous ces gens vont nous enlever cette anxiété. »

Dimanche soir, la bataille ne se jouera donc pas uniquement sur les collisions, les mêlées ou la stratégie.

Pour l’USAP, l’un des défis majeurs sera aussi de transformer la pression en énergie positive afin d’éviter que le match le plus important de la saison ne se joue avant même le coup d’envoi.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

1 Commentaire

  1. jacky le corse 13 juin 2026 at 18h- Répondre

    2 equipes éminemment sympathiques . Un match à regarder impérativement .