La proposition de Provale qui pourrait tout changer pour les stars du Top 14… mais aussi créer des tensions !

La proposition de Provale qui pourrait tout changer pour les stars du Top 14… mais aussi créer des tensions !

Le samedi 13 juin 2026 à 18:52 par David Demri

Ne ratez plus aucune actu du RCT
Suivre Blog RCT sur Google

Publicité

Top 14 stade

Le sujet revient régulièrement dans les discussions du rugby professionnel français. Cette fois, Provale compte bien passer à l’offensive.

Le syndicat des joueurs souhaite proposer à la Ligue nationale de rugby la création d’un statut particulier pour certaines stars du Top 14 afin qu’une partie de leur rémunération ne soit plus intégrée au salary-cap.

Une évolution que défend ouvertement le président de Provale, Malik Hamadache, convaincu que le système actuel doit évoluer pour mieux valoriser les joueurs les plus exposés médiatiquement.

Un joueur JIFF hors salary-cap dans chaque club

La première mesure portée par Provale concerne la création d’un « marquee player » dans chacun des quatorze clubs du Top 14.

Malik Hamadache s’est confié via L’équipe

« On veut créer un marquee player JIFF (joueur issu des filières de formation) pour favoriser tout le travail des filières de la formation française. Certains joueurs ont une image et une notoriété qui dépassent largement celle de leur ville. On en sortirait donc un du salary-cap dans les quatorze clubs. »

Une proposition qui a évolué au fil des discussions.

« Au début, on avait évoqué cette possibilité d’en mettre deux, comme les Anglais, un JIFF et un non-JIFF, mais notre proposition a évolué car notre objectif est vraiment d’avoir une équipe de France forte. Et ça passe par une formation forte. »

Pour autant, Malik Hamadache ne souhaite pas limiter les possibilités de recrutement des clubs.

« Rien n’empêchera les présidents de recruter de très bons joueurs étrangers avec le reste de la masse salariale dont ils disposent et qui demeurerait identique. »

« On a le devoir de laisser la possibilité aux joueurs de se rémunérer »

Pour le président de Provale, la croissance du rugby français impose une réflexion nouvelle sur la rémunération des joueurs les plus exposés.

« C’est vrai qu’il n’y a encore jamais eu d’entente mais le rugby a évolué avec une visibilité et des audiences de plus en plus fortes. »

Avant d’enchaîner :

« On a le devoir de laisser la possibilité aux joueurs de se rémunérer grâce à l’image qu’ils véhiculent. »

Et d’ajouter :

« Il faut arrêter de dire « oui mais le joueur gagne déjà bien sa vie… » C’est le cas mais sur quelques années seulement. La moyenne des contrats, c’est six à sept ans. »

Hamadache balaie le risque de tensions dans les vestiaires

Certains observateurs craignent qu’un tel dispositif ne crée des différences de traitement trop importantes au sein des effectifs.

Un argument que Malik Hamadache rejette totalement.

« Dans nos carrières, on a toujours su qui touchait le plus gros salaire du groupe, qu’il soit bon ou pas avec son club. »

Puis il poursuit :

« Dire que ça va mettre le bordel dans le vestiaire, c’est de l’hypocrisie. Comment voulez-vous que ça crée des jalousies alors que l’iniquité existe déjà ? »

Selon lui, les clubs effectuent déjà chaque saison des arbitrages importants sur les salaires.

« Dans les faits, des choix forts sont déjà faits partout sur les montants des rémunérations tous les ans. »

Et il précise :

« La seule différence entre le marquee player et celui qui est aujourd’hui le mieux payé, c’est qu’il sortirait du salary-cap. Avec pourquoi pas une flexibilité à trouver sur la durée de ce statut. »

Antoine Dupont cité en exemple

Interrogé sur les propos récents d’Antoine Dupont concernant le salary-cap, Malik Hamadache estime que ce système pourrait profiter à tout un effectif.

« Si Antoine devient marquee player et donc qu’il sort du salary-cap, ça offrira une enveloppe de respiration plus conséquente au reste du vestiaire, la possibilité de mieux structurer le groupe et peut-être des augmentations. »

Avant de rappeler :

« Tout est envisageable. La responsabilité en reviendra de toute façon aux présidents de clubs. »

Et lorsqu’on lui demande si cette proposition vise indirectement Toulouse, sa réponse est claire.

« Pas du tout. Il n’y a pas de rapprochement entre Provale et le Stade Toulousain. »

Puis :

« Ce club a un groupe de 40 joueurs. De fait, il a aussi sa vision sur le salary-cap. J’écoute tous ceux qui sont sous ma juridiction. »

Jalibert, Ollivon, Alldritt, Fickou… les profils ciblés

Au-delà du marquee player, Provale souhaite également faire évoluer le traitement des droits d’image des internationaux.

« Je dirais plutôt le statut d’une image qui dépasse celle d’une ville et d’un club. »

Parmi les joueurs concernés, Malik Hamadache cite notamment :

« Macalou au Stade Français, Fickou au Racing, Ollivon à Toulon, Jalibert à Bordeaux, Alldritt à La Rochelle, Jauneau à Clermont, Couilloud à Lyon, Gailleton ou Attissogbe à Pau. »

Selon lui :

« Deux ou trois éléments seraient concernés par équipe avec obligatoirement la mise en place d’une grille tarifaire du salaire d’international plus le nombre de sélections à l’équipe de France dans le Tournoi des Six Nations. »

Et surtout :

« Leur droit d’image individuel associé au club sortirait du salary-cap. »

« Un changement profond est nécessaire »

Provale pousse même l’idée plus loin avec la création d’un organisme indépendant.

« Nous aimerions aussi qu’une agence indépendante voit le jour pour évaluer les droits d’image de tous les joueurs et de les rentrer ou non dans l’assiette salary-cap après un échange avec le salary-cap manager et les clubs. »

Selon lui :

« C’est la meilleure solution, mais la plus difficile à réaliser. Tout le monde en profiterait. »

Conscient que ses propositions risquent de rencontrer de fortes résistances, Malik Hamadache persiste.

« Mon objectif est de leur faire entendre. On ne peut pas se plaindre d’un système sans vouloir son évolution. C’est à eux de prendre leurs responsabilités. »

Avant de conclure :

« Certains méritent de gagner plus par rapport à ce qu’ils donnent sur le terrain ainsi que leur rayonnement national et même international. Ils doivent avoir la liberté de faire ce qu’ils veulent au regard de leur travail. »

Et enfin :

« Un changement profond de réflexion sur le salary-cap est nécessaire. Il ne faut pas le diaboliser mais ne pas non plus oublier qu’il y a des exceptions et que c’est grâce à elles que notre Championnat est aussi haut. On doit continuer à les promouvoir pour que le rugby brille encore plus fort. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

2 Commentaires

  1. galéjades 13 juin 2026 at 18h- Répondre

    Quelle bonne idée : faire comme la perfide albion qui a un championnat nul.
    Bravo les génies

    J'aime 3
    J'aime pas 5
    • Allezlestade 13 juin 2026 at 19h- Répondre

      je les trouvent plus « génies » que toi, je ne vois pas en quoi cela rendrait le championnat plus nul. Au contraire.

      J'aime 2
      J'aime pas 1