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« On s’est fait tuer » : Comment le jeune Antoine Dupont s’est retrouvé piégé dans le bras de fer explosif entre Novès et Laporte !

« On s’est fait tuer » : Comment le jeune Antoine Dupont s’est retrouvé piégé dans le bras de fer explosif entre Novès et Laporte !

Le mercredi 24 juin 2026 à 23:59 par David Demri

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Avant de retrouver les pelouses de Nouvelle-Zélande, d’Australie et du Japon avec le XV de France, Antoine Dupont s’apprête à renouer avec un hémisphère Sud qui ne lui rappelle pas forcément de bons souvenirs. Le capitaine des Bleus n’y a porté le maillot tricolore qu’une seule fois au cours de sa carrière, lors d’une tournée chaotique en Afrique du Sud en 2017, marquée autant par les lourdes défaites que par les tensions en coulisses.

À seulement 20 ans, le futur meilleur joueur du monde découvrait alors un environnement particulièrement hostile, sur le terrain comme en dehors.

Une tournée qui a marqué les débuts d’Antoine Dupont

Aujourd’hui incontournable sous le maillot bleu, Antoine Dupont était encore un jeune demi de mêlée en quête de temps de jeu lors de cette tournée estivale. Après être resté en dehors du groupe pour le premier test puis être entré en jeu quelques minutes lors du deuxième, il espérait décrocher une première titularisation.

Face aux journalistes, le Toulousain affichait pourtant beaucoup de retenue comme le rappelle Midi Olympique.

« Je ne sais pas si je vais être dans l’équipe, mais si je joue j’essaierai de jouer ma carte à fond et de profiter du temps de jeu que j’aurai. »

Le jeune numéro 9 refusait alors de revendiquer une place.

Conscient de la concurrence, il adoptait un discours particulièrement humble.

« Je n’ai pas encore attaqué de match donc j’arrive encore un peu sur la pointe des pieds. Je n’en suis qu’à mes débuts, je suis en phase de découverte […] Il y a deux bons neufs avec moi, et seulement trois matchs à jouer. On n’est pas là pour faire plaisir à tout le monde, les meilleurs jouent. »

Finalement, Guy Novès choisira une nouvelle fois Baptiste Serin pour débuter la rencontre. Antoine Dupont assistera au troisième test depuis les tribunes, une décision qui repoussera de longues années son retour sous le maillot bleu dans l’hémisphère Sud.

Des défaites lourdes… et un climat explosif

Sportivement, cette tournée restera comme l’une des plus compliquées de l’ère Guy Novès. Les Bleus subiront trois lourdes défaites face à une Afrique du Sud pourtant très critiquée à cette période.

En interne, le constat était particulièrement sévère après le deuxième test.

« On s’est fait tuer. Sur chaque impact, ils nous ont tués. »

Au-delà des résultats, c’est surtout l’atmosphère autour du XV de France qui a marqué les esprits. Cette tournée correspondait aux premiers mois de Bernard Laporte à la présidence de la Fédération française de rugby. Son proche collaborateur Serge Simon occupait déjà une place importante auprès du groupe, au point que les relations avec Guy Novès devenaient de plus en plus tendues.

Après une première défaite, Serge Simon avait pris la parole devant les joueurs dans les vestiaires, une initiative qui avait été très mal accueillie par le sélectionneur.

En interne, les tensions étaient telles que certains membres du staff avaient même trouvé un surnom au vice-président de la Fédération : « Don Simone ». Deux camps semblaient progressivement se former, laissant les joueurs évoluer dans un contexte particulièrement pesant.

Le bras de fer entre Bernard Laporte et Guy Novès

La situation ne fera que s’envenimer au fil de la tournée. Après le deuxième revers, Bernard Laporte souhaitera lui aussi s’adresser directement au groupe France.

Le président de la FFR n’avait pas caché son immense déception.

« Je ne leur parlerai pas de technique, le staff est assez compétent pour ça. Je vais leur parler de l’essentiel du rugby : si on veut gagner, il faut être performant individuellement. Samedi, j’ai vu trop de mecs qui ont failli. Quand tu portes le maillot de l’équipe de France, tu n’as pas le droit de faillir. Ce n’est pas possible (…) Certaines choses sont inadmissibles. »

Guy Novès lui répondra avec beaucoup de froideur, rappelant son rôle de sélectionneur.

« Je pense qu’avant de s’exprimer face aux joueurs, il s’exprimera avec moi. Cela paraît logique. On a une relation qui doit être forte. Après, s’il peut amener une valeur ajoutée au système, tant mieux. Mais je vous avoue que ce genre de match se prépare en amont. Pas comme ça, ce n’est pas un simple discours qui transforme un individu. »

Quelques semaines plus tard, les deux hommes afficheront pourtant publiquement un apaisement.

Guy Novès assurait alors que les relations étaient normales.

« Il faut dire une fois pour toutes qu’avec Bernard Laporte, nous avons des rapports normaux. Je n’ai absolument aucun problème avec lui. »

Le président de la Fédération allait dans le même sens.

« Je l’ai dit 20 fois, je vais le répéter une 21e fois : Guy Novès sera là jusqu’en 2019. »

L’histoire prendra finalement une tout autre tournure quelques mois plus tard. Pour Antoine Dupont, cette première tournée dans l’hémisphère Sud restera avant tout celle d’un apprentissage accéléré, entre des résultats sportifs très difficiles et une guerre d’influence qui secouait alors le XV de France.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

2 Commentaires

  1. Bibou83 25 juin 2026 at 00h- Répondre

    Noves n’a jamais rien gagné avec l’EDF c’est un constat, Laporte a été meilleur c’est aussi un constat. Hors de Toulouse Noves n’a pas le même rendement, Laporte a les capacités de pouvoir manager n’importe où RCT SF MHR encore un constat, moralité Laporte est supérieur à Noves.CQFD

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    • Sam Toulouse 25 juin 2026 at 10h- Répondre

      N’importe quoi … pour qu’un entraineur/sélectionneur performe, il lui faut être dans un environnement favorable avec notamment un président qui le soutient totalement.
      Ça été le cas de Laporte au SF, au RCT ou au MHR
      Ça été le cas de Novès au ST, PAS en équipe de France. Faut être sacrément de mauvaise foi pour pas le reconnaitre (et/ou jaloux de son palmarès ?)

      Pour rappel, en club : Novès = 10 brennus + 4 coupes d’Europe contre 2 brennus et 3 coupes d’Europe pour Laporte

      Lors de la présidence de Laporte en EDF (2016-2023) : 1 seul titre (le grand chelem de 2022) alors que Novès n’y est resté qu’un an (jusqu’en 2017) …

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