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Le Stade Toulousain vise un exploit historique… mais les joueurs visent beaucoup plus haut !

Le Stade Toulousain vise un exploit historique… mais les joueurs visent beaucoup plus haut !

Le jeudi 25 juin 2026 à 0:04 par David Demri

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Le Stade Toulousain ne joue plus seulement un nouveau Bouclier de Brennus. Face à Montpellier, les hommes d’Ugo Mola ont rendez-vous avec une page de l’histoire du rugby français. Un quatrième sacre consécutif les ferait rejoindre la légendaire génération des années 90, mais, en interne, l’ambition ne semble pas s’arrêter là.

Depuis plusieurs saisons, ce groupe assume une volonté rarement affichée avec autant de franchise : laisser une trace durable dans l’histoire du club et du rugby français.

Une génération qui veut repousser toutes les limites

Avec déjà cinq Boucliers de Brennus et deux Coupes d’Europe remportés par une grande partie de cet effectif, les Toulousains figurent parmi les équipes les plus titrées de l’histoire récente. Mais au sein du vestiaire, les records des anciens restent une véritable source de motivation.

Ugo Mola l’a d’ailleurs assumé sans détour il y a quelques semaines via RMC Sport :

« Oui je pense qu’il en manque! Et heureusement qu’il en manque! Si nous, cela ne nous nourrit pas d’en manquer, qui d’autre va le faire à notre place? Saisir l’opportunité qui se présente à toi pour marquer ton sport, ton club et ta génération, cela ne se reproduit pas tant de fois. »

L’objectif dépasse donc largement le simple cadre d’une nouvelle finale. En égalant les quatre titres consécutifs décrochés entre 1994 et 1997, cette équipe rejoindrait une génération restée une référence absolue au Stade Toulousain.

Les anciens sont devenus les adversaires… des records

Au quotidien, les comparaisons sont inévitables. Plusieurs membres du staff, comme Clément Poitrenaud, Jean Bouilhou ou encore Jérôme Cazalbou, affichent un palmarès exceptionnel et n’hésitent pas à chambrer les joueurs actuels.

Cette quête des records est d’ailleurs devenue un sujet de discussion récurrent dans le vestiaire.

François Cros ne cachait déjà plus cette ambition après le troisième titre consécutif remporté face à Bordeaux-Bègles.

« C’est sûr que des triplés, c’est très rare. C’était un levier de motivation en effet. Mais il y a eu mieux au club. Et comme on a une génération qui est ambitieuse et qui voit grand… »

Même discours du côté de Romain Ntamack, qui reconnaissait très tôt que ce défi occupait déjà les esprits.

Le demi d’ouverture assumait pleinement ce nouvel objectif.

« Evidemment qu’on en a parlé, car ce n’est pas neutre. C’est quelque chose de fort car évidemment aussi qu’en réalisant ce triplé, on savait qu’on allait être titillé sur le quadruplé. On verra si on est en phase finale. Pour le moment, on en rigole, on se taquine avec les joueurs de cette génération-là. Mais on espère atteindre ce qu’eux ont réalisé, c’est l’objectif. »

Au-delà du symbole, ce quatrième titre confirmerait surtout la domination d’un groupe qui règne déjà sur le rugby français depuis plusieurs saisons.

Une dynastie qui pourrait encore durer

L’une des grandes forces du Stade Toulousain réside aussi dans sa capacité à préparer la relève. Malgré les succès accumulés, le club continue d’intégrer régulièrement de jeunes joueurs, permettant d’assurer une continuité sportive.

Cette stratégie nourrit l’idée que cette génération pourrait encore enrichir son palmarès dans les années à venir.

Thomas Castaignède, acteur majeur du Stade Toulousain des années 90, se montre impressionné par ce qu’il observe aujourd’hui.

« Franchement, je ne pensais pas que ce soit faisable dans le contexte actuel. Aujourd’hui, la compétition est rude, beaucoup de clubs se préparent bien. Et puis on a une impression de facilité aussi et c’est ça qui est vraiment incroyable. Parce qu’ils jouent tranquillement, sereinement, avec des joueurs très complémentaires à qui rien ne fait peur. »

L’ancien international estime même que plusieurs joueurs actuels pourraient rapidement dépasser les records établis par leurs glorieux prédécesseurs.

Il imagine déjà certains Toulousains écrire une nouvelle page de l’histoire du club.

« Ils en sont capables oui, sans aucun problème. Mais celui qui doit s’inquiéter c’est Jérôme Cazalbou! Avec son nombre de trophées aujourd’hui, parce qu’il y a plusieurs joueurs qui peuvent écrire l’histoire de façon encore plus importante que ce que cette génération ou notre génération avait fait. »

Parmi eux figure notamment Romain Ntamack, qui pourrait un jour dépasser son père Émile au nombre de Boucliers remportés.

Le demi d’ouverture ne cache pas que ce défi familial le motive également.

« Quand j’ai soulevé mon premier, il me disait : ça va, j’ai encore un peu de marge. Il y a deux ans, il me disait: ‘T’en es à la moitié…’ l’an passé, t’en as cinq, ça commence à se rapprocher fortement! Donc évidemment que ce serait un plaisir d’égaler le nombre de Boucliers qu’il a. Mais aussi, avec les mecs qu’on a, qu’on n’ait aucun regret à la fin de notre carrière d’être passé à côté telle ou telle année. »

Avant même de penser aux statistiques, Thomas Ramos rappelle toutefois que cette génération est encore en train d’écrire son histoire.

L’arrière toulousain estime que la portée de cette équipe ne sera réellement mesurée qu’une fois l’aventure terminée.

« Je pense que quand cette génération s’arrêtera, les gens réaliseront ce qu’elle a réussi. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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