« C’est jouissif » : Didier Bès dévoile l’arme qui peut faire tomber Toulouse en finale

« C’est jouissif » : Didier Bès dévoile l’arme qui peut faire tomber Toulouse en finale

Le samedi 27 juin 2026 à 20:19 par David Demri

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Avant la finale du Top 14 face au Stade Toulousain, Didier Bès a livré son analyse sur l’un des principaux atouts du Montpellier Hérault Rugby : sa mêlée.

L’entraîneur montpelliérain, spécialiste reconnu du secteur, explique pourquoi ce domaine pourrait encore peser lourd au Stade de France, tout en rappelant que Toulouse a construit une grande partie de son histoire grâce à sa conquête.

Didier Bès dévoile pourquoi la mêlée peut faire basculer la finale

Après avoir fait plier le Stade Français en demi-finale, la mêlée montpelliéraine s’apprête à relever un défi d’un tout autre calibre face au Stade Toulousain.

Didier Bès, entraîneur de la conquête du MHR, ne cache pas sa satisfaction après la prestation de ses avants, tout en prévenant que rien ne sera simple face aux Rouge et Noir.

« À la mi-temps, on a juste recalé un détail »

Pour La Dépêche, l’ancien talonneur est revenu sur la domination progressive de son pack contre Paris.

« C’est assez rare en effet pour le souligner. Je pense que des deux côtés, nous étions prêts pour en découdre dans ce secteur. J’étais pour ma part assez impatient de voir comment nous allions nous comporter. »

Selon lui, tout s’est joué après les premiers affrontements.

« Après la première mêlée, il y en a eu deux ou trois d’affilée qui nous ont permis de prendre la température. En fait, lors de la mi-temps, nous avons recalé certaines choses. Nous les avons ensuite mis sous pression sur leurs introductions et, vers l’heure de jeu, il y a une mêlée où on leur fait mal. Les Parisiens ne sont pas habitués à ça, car ils sont solides dans ce secteur. Mais là, c’est devenu difficile pour eux de retrouver la clé. »

« C’est jouissif quand les joueurs te récompensent »

Didier Bès raconte également la satisfaction ressentie lorsqu’un travail de toute une semaine porte ses fruits.

« Ça fait plaisir bien sûr. Tu te dis que tu as parlé à tes joueurs toute la semaine, tu as imaginé le scénario et dans le déroulé du match, il s’avère que c’est le bon. À la mi-temps, tu discutes brièvement avec les mecs pour avoir leur ressenti, on recentre juste un élément et derrière, c’est du bonheur, c’est jouissif (rires). Tu sens que les mecs ont envie, que les mecs t’écoutent et ils sont récompensés. La mêlée, c’est un secteur tellement difficile ! »

« Toulouse a bâti ses titres grâce à sa conquête »

S’il voit la mêlée comme un atout majeur du MHR, Didier Bès rappelle que le Stade Toulousain connaît parfaitement ce secteur.

« Sincèrement, tu n’es jamais assuré qu’il y ait quinze ou vingt mêlées à disputer sur un match. Pour autant, on ne va pas se dénaturer. On sait la façon de faire et d’être du Stade Toulousain. Les Toulousains savent l’importance de ce secteur de jeu et ils vont tout faire pour se mettre au niveau. Mais à Montpellier, on met un point d’honneur à travailler ce point-là. »

Avant de rappeler que la domination toulousaine ne repose pas uniquement sur son jeu spectaculaire.

« En effet, vous faites bien de le rappeler. Quand le Stade a été moins bien à un moment en conquête, ça coïncidait souvent avec la fin d’une génération. Mais lorsqu’ils sont à 100 %, on en oublierait presque les formidables piliers qu’ils ont eus, les Portolano, Johnston, Hasan, etc. C’était du costaud et ils avaient leurs ballons. Il ne faut pas s’attendre à autre chose samedi. Leur pack sera à la hauteur. Ils aiment bien gagner certaines pénalités à certains endroits du terrain après mêlée, dans les couloirs de 15 m par exemple. Une pénalité sur mêlée, c’est un joker. »

« La mêlée, c’est un travail quotidien »

L’ancien entraîneur de la Géorgie explique ensuite pourquoi ce secteur demande des réglages permanents.

« Oui, c’est un travail quotidien d’autant qu’au cours d’une saison tu changes de joueurs pour constituer ta première ligne ou ton pack, il faut chaque fois retrouver un équilibre entre piliers, talonneur et deuxièmes lignes. Ce sont des réglages permanents, un peu comme en Formule 1 si tu passes d’un coup d’un train de pneus secs à un train de pneus pluie. Mais en fin de saison, nous sommes plus dans l’affinage. On ne révolutionne pas sa mêlée sur une phase finale. »

La profondeur du banc montpelliérain représente également une arme importante selon lui.

« On cherche à maintenir une qualité et un niveau de jeu élevé dans ce secteur. Ceux qui démarrent font le travail de sape, ils débroussaillent les choses. Derrière, les finisseurs ou les remplaçants, comme vous voulez, leur apport permet de faire basculer le match comme nous l’avons vu face au Stade Français, samedi dernier. On a vu que quand le match a basculé dans ce secteur, c’est devenu compliqué pour eux. Ça fait partie de notre ADN. »

Et cette concurrence est entretenue au quotidien.

« Ça dépend de la manière dont tu amènes les choses. Moi, j’estime qu’à l’entraînement, on joue contre un partenaire et non pas un adversaire. Un partenaire qui est là pour te faire travailler et progresser intelligemment et non pas pour rester dans le duel bêtement. »

« Après Grenoble, il y a eu une prise de conscience »

Didier Bès est également revenu sur l’incroyable transformation du MHR depuis l’access-match remporté face à Grenoble.

« Est-ce que cet access match a été un mal pour un bien ? Après le titre de 2022, le club arrivait en bout de cycle, il s’est un peu endormi. En fait, on est passé de tout à rien, c’est incompréhensible d’en arriver là, il y a eu un loupé dans la gestion de l’après-titre. Donc au printemps 2024, tu te sors de ce piège à Grenoble. Dès lors, il y a eu une prise de conscience, une clarification du projet également, l’équipe a été remodelée. Voilà, le club est en finale aujourd’hui. Ça arrive, il faut le prendre et le vivre à fond. »

« On n’est jamais sûr de revivre une finale »

Présent lors de la finale perdue contre Toulouse en 2011, Didier Bès transmet aujourd’hui ce vécu à ses joueurs.

« Je dis surtout aux joueurs que tout ce que l’on vit dans ces moments particuliers, il faut les vivre à fond, intensément. Et s’il y en a certains qui se disent qu’on y reviendra un jour, je leur rétorquerai qu’on n’est jamais sûr d’y revenir, c’est tellement dur… Alors je leur lance : « Vivez le truc à fond ! » »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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