La commotion cérébrale qui a bouleversé la vie de l’arbitre Kévin Bralley : « On va dire que je l’avais cherché… »
La commotion cérébrale qui a bouleversé la vie de l’arbitre Kévin Bralley : « On va dire que je l’avais cherché… »
Le mercredi 22 juillet 2026 à 13:00 par David Demri
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Avant de s’imposer parmi les arbitres du Top 14, Kévin Bralley nourrissait un tout autre rêve. Formé comme demi de mêlée, le Tarnais voyait son avenir sur le terrain, ballon en main. Mais à seulement 17 ans, une violente commotion cérébrale a brutalement mis un terme à ses ambitions de joueur.
Une épreuve difficile à traverser, qui a finalement orienté sa carrière vers l’arbitrage, sans qu’il ne nourrisse la moindre rancœur envers celui qui était impliqué dans l’action.
« Pendant un long moment, j’avais la tête qui tournait »
Dans les colonnes de Midi Olympique, Kévin Bralley revient sur l’action qui a fait basculer sa carrière de joueur.
« On va dire que je l’avais cherché. J’étais un demi de mêlée très virulent… Sur une action, j’appuie un plaquage que je n’aurais pas dû appuyer. Je me suis retrouvé au sol dans le camp de mes adversaires et je me suis fait « sanctionner », si je peux le dire ainsi. J’étais bloqué. Je n’ai pas pu sortir. Le mec qui est arrivé pour me nettoyer, il m’a bien nettoyé (rires). Je me souviens vaguement de l’action. »
Les conséquences ne se sont pas limitées au choc reçu sur le terrain. Durant plusieurs semaines, le jeune joueur a dû composer avec des symptômes persistants qui ont fini par l’éloigner définitivement des terrains.
Le Tarnais décrit une convalescence particulièrement éprouvante.
« Pendant un long moment, j’ai eu la tête qui tournait. C’était vraiment compliqué. Régulièrement, je souffrais de nausées également. Il n’y avait rien d’agréable. Cela m’est arrivé quand j’avais 17 ans. Je ne dirais pas que ça m’a fait peur de vivre ces moments-là, mais je me suis juste dit : « Tu vois, ça, c’est courant au rugby. » Je m’étais fracturé des os au niveau des poignets ou des pieds, ça fait partie du sport de se blesser. Mais là, je trouvais ça fourbe. Un jour t’es bien, le lendemain tu ne l’es plus. Quand tu as l’impression que c’est passé, ça revient au bout de 48 heures. Ça te pèse. »
Une nouvelle vocation née pendant sa convalescence
Malgré cette fin de carrière prématurée, Kévin Bralley refuse de désigner un responsable. Avec le recul, il considère que cette action faisait partie des risques inhérents au rugby.
Il ne garde aucune rancune envers son adversaire.
« Pour être honnête, je ne suis même pas sûr que c’était un mauvais geste. Je me suis juste fait nettoyer de manière virile. J’étais bloqué, c’est comme ça. Le mec n’est pas venu me tuer. »
Privé de compétition, le jeune Tarnais se rapproche alors de l’école d’arbitrage du Sporting Club Albigeois. Une découverte qui va progressivement lui ouvrir de nouvelles perspectives.
C’est au bord des terrains qu’il retrouve les sensations qui lui manquaient.
« Effectivement, je l’ai découvert du côté du Sporting Club Albigeois, le club dans lequel je suis encore licencié. Pendant que je ne pouvais plus jouer, j’ai passé énormément de moments à l’école d’arbitrage. J’arbitrais déjà sur des tournois pour les plus jeunes. Je me suis mis sur un terrain et j’ai retrouvé le plaisir que j’avais en tant que joueur. Même si tu n’as plus les chocs, tu te retrouves au cœur du jeu et c’est agréable. »
Avec le recul, cette blessure a profondément changé le cours de sa vie. Ce qui semblait être un coup d’arrêt à 17 ans s’est finalement transformé en point de départ d’une carrière qui l’a conduit, quelques années plus tard, jusqu’aux pelouses du Top 14.
1 Commentaire


Très belle histoire, incroyable mentalité.