À 30 ans, Kévin Bralley raconte les coulisses de sa progression : « Je ne vis que de grands moments depuis de longs mois »

À 30 ans, Kévin Bralley raconte les coulisses de sa progression : « Je ne vis que de grands moments depuis de longs mois »

Le mercredi 22 juillet 2026 à 10:27 par David Demri

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En l’espace de quelques mois, Kévin Bralley a franchi plusieurs étapes importantes dans sa jeune carrière d’arbitre. Après avoir découvert le Top 14 en tant qu’arbitre central en 2024, le Tarnais a dirigé son premier match de phase finale cette saison avant de participer à la Coupe du monde U20. Une progression rapide qui ne lui fait pourtant pas perdre de vue l’essentiel : continuer à travailler.

Conscient que le plus difficile est souvent de confirmer, Bralley avance avec humilité et s’appuie désormais sur un accompagnement personnalisé pour poursuivre son évolution.

« Tout peut aller très vite dans l’autre sens »

Kévin Bralley savoure dans les colonnes de Midi Olympique les étapes qu’il franchit, tout en gardant les pieds sur terre.

« J’avais été arbitre de touche en demi-finale de championnat la saison passée, c’était déjà incroyable… Le fait d’être arbitre central lors d’un barrage, c’est toujours spécial. Je ne vis que de grands moments depuis de longs mois. J’ai également découvert la Challenge Cup, en ayant notamment l’honneur d’être au sifflet lors d’un huitième de finale. Je suis conscient de mon évolution même si je ne m’emballe pas. Sans faire de langue de bois, tout peut aller très vite dans l’autre sens. Si tu bosses moins, tu vas rapidement le payer. Il ne faut jamais se croire arrivé. »

L’arbitre tarnais fonctionne avec une feuille de route précise. Chaque objectif est construit avec son coach, en gardant à l’esprit qu’aucune progression n’est acquise.

Pour lui, la régularité est la clé pour continuer à gravir les échelons.

« Je le fais avec mon coach sur du court, du moyen et du long terme. Il faut avoir dans la tête que le moyen et long terme sont dépendants de ta régularité, et donc, de ta faculté à travailler. Mon objectif était clair cette saison : confirmer en Top 14. La deuxième année est toujours compliquée. »

Cette deuxième saison représente un véritable tournant selon lui. Une fois passé l’effet de découverte, les joueurs et les staffs connaissent davantage les arbitres et les mettent face à de nouvelles situations.

Bralley explique pourquoi confirmer est souvent plus difficile que débuter.

« Quand tu débutes, tout le monde te découvre : les joueurs, le staff, le grand public… Ensuite, ils te connaissent. Ce n’est pas pareil. Tu es confronté à de nouvelles choses, de nouvelles situations que tu dois savoir gérer. J’avais aussi la volonté d’être retenu pour la Coupe du monde des moins de 20 ans, ce qui a été le cas. Tout se passe bien pour l’instant pour moi. Quand tu te fixes des objectifs, tu ne sais pas si tu vas les atteindre. Mais il faut absolument que tu mettes tout en place pour le faire. C’est ce que je me dis depuis mon plus jeune âge : ne regrette rien. Le rugby est un jeu, il y a beaucoup plus grave dans la vie. Il faut savoir relativiser par moments tout en travaillant. »

Une Coupe du monde U20 et un préparateur mental pour progresser

Cet été, Kévin Bralley a également participé à la Coupe du monde U20. Une expérience qui lui a demandé de s’adapter à un rugby différent de celui du Top 14, notamment avec l’expérimentation de nouvelles règles.

Le Tarnais souligne que l’arbitre doit lui aussi savoir adapter son approche.

« Ça change énormément. L’intensité est tout d’abord moindre car ce sont des rugbymen qui ne sont pas « finis ». On voit tout leur potentiel mais ça va quand même moins vite qu’en Top 14. Au niveau de l’arbitrage, il faut savoir s’adapter lors de ces compétitions. Par exemple, cette année, la nouvelle règle du plaquage en-dessous du sternum a été testée. Les arbitres doivent être précis pour que tout se passe bien. Par contre, on n’est pas forcément plus pédagogues avec des U20 qu’au plus haut niveau. Les discussions restent sur le même ton. »

Pour poursuivre sa progression, Bralley bénéficie désormais d’un accompagnement personnalisé, une possibilité offerte par la Fédération française de rugby.

Il a choisi de travailler avec un préparateur mental spécialisé dans la communication et le haut niveau.

« On a l’opportunité, avec la Fédération Française de Rugby et la cellule de haute performance, de choisir notre coach depuis cette année. Tu peux choisir une personne de ton entourage, qu’elle soit dans le rugby ou pas. Elle doit être une plus-value pour ta progression. (…) Je travaille avec Jérémy Ducousso. Il est préparateur mental et il travaille aussi sur la communication. Il n’est pas uniquement dans la préparation mentale à proprement dit. C’est un ancien joueur de Nationale 2, qui connaît très bien le rugby et surtout les composantes de ce sport et de la fonction d’arbitre. Il est en mesure de voir et de comprendre ce qui peut se passer sur un terrain. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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