Top 14 : pourquoi les premières semaines de reprise sont si dangereuses
Top 14 : pourquoi les premières semaines de reprise sont si dangereuses
Le vendredi 24 juillet 2026 à 12:33 par David Demri
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La reprise de l’entraînement est souvent synonyme de bonnes nouvelles pour les clubs, mais aussi de premières inquiétudes. Chaque été, plusieurs joueurs sont victimes de blessures sérieuses avant même le début de la saison, comme l’ont récemment illustré les cas de Jack Walsh à Montauban ou de Dalton Papali’i à Castres, tous deux touchés au tendon d’Achille lors du Bronco test.
Si ces blessures restent difficiles à prévoir, elles rappellent surtout à quel point la préparation physique constitue un exercice d’équilibriste. Les staffs doivent remettre leurs joueurs au niveau sans les exposer à une charge de travail trop importante. Une problématique qui pousse de plus en plus de clubs à revoir leurs méthodes.
La communication avant les performances
Pour Julien Réveyrand-Brimeur, responsable de la préparation physique à Brive, la priorité ne consiste pas à mesurer immédiatement les performances des joueurs. Avant toute chose, il faut comprendre dans quel état ils reviennent après leurs vacances.
Le préparateur physique explique dans Midi Olympique pourquoi l’échange avec les joueurs est devenu indispensable.
« Il faut beaucoup parler avec les joueurs. Discuter sur la data, sur la façon de remplir le questionnaire d’état de forme, sur ce qu’on attend d’eux, avec beaucoup d’honnêteté. Il faut aussi les encourager à venir nous voir si c’est trop dur, ou pas assez, ou s’ils ont des besoins spécifiques. »
Selon lui, cette approche permet également de mieux prendre en compte les réalités personnelles de chacun. Déménagement, choc culturel, difficultés familiales ou simple fatigue peuvent influencer la reprise d’un joueur. Une individualisation devenue indispensable, aussi bien pour les recrues que pour les joueurs plus expérimentés.
Les recrues, les joueurs les plus exposés
Les nouveaux arrivants représentent souvent le public le plus fragile lors des premières semaines de préparation. Ils découvrent un nouvel environnement, de nouveaux partenaires et parfois même un nouveau pays.
Julien Réveyrand-Brimeur estime que cette période demande un accompagnement particulier.
« Les recrues sont les joueurs les plus difficiles à appréhender (…) il est plus facile de gérer la reprise d’un joueur que tu as eu pendant un, deux, trois ou quatre ans parce que tu sais tout de lui. (…) C’est pourtant ces jours-là qu’il faut gérer. Gérer, c’est gérer une charge de travail pour amener les joueurs à faire des choses dures mais de façon progressive. »
Le spécialiste rappelle également que certains joueurs arrivent après avoir traversé plusieurs fuseaux horaires et subi un important décalage climatique, des éléments qui peuvent fragiliser davantage l’organisme.
La progressivité, maître-mot de la reprise
Pour les préparateurs physiques, la meilleure manière de limiter les blessures reste d’augmenter progressivement les charges de travail. L’objectif n’est plus d’amener immédiatement les joueurs à leur maximum, mais de construire leur montée en puissance sur plusieurs semaines.
Benjamin Del Moral, directeur de la performance de Montpellier, défend lui aussi cette approche.
« Personnellement, j’aime amener un pic ou un cumul de charges sur les semaines 3 ou 4, puis couper avec une régénération. (…) Une fois ce pic passé et s’ils récupèrent bien, les joueurs pourront profiter du phénomène de « surcompensation » (…) pour attaquer la saison dans les meilleures conditions. »
Là où les tests spectaculaires occupaient autrefois une place centrale, les staffs privilégient désormais une approche plus individualisée, fondée sur l’écoute, le suivi quotidien des joueurs et une montée en charge progressive. Une manière de réduire les risques de blessure tout en permettant aux effectifs d’arriver au meilleur de leur forme lorsque la saison débute réellement.
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