Trop violent ? Le Bronco test est de plus en plus critiqué, les joueurs apeurés et stressés
Trop violent ? Le Bronco test est de plus en plus critiqué, les joueurs apeurés et stressés
Le vendredi 24 juillet 2026 à 12:24 par David Demri
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Pendant plusieurs années, le Bronco test s’est imposé comme un passage obligé des préparations estivales. Développé en Nouvelle-Zélande puis adopté par de nombreux clubs professionnels, il est devenu l’un des principaux outils d’évaluation de la condition physique des rugbymen.
Mais cette référence est aujourd’hui de plus en plus contestée comme l’annonce Midi Olympique.
Plusieurs staffs estiment désormais que ce test est trop anxiogène, insuffisamment représentatif des exigences du rugby moderne et parfois même contre-productif. Une évolution qui pousse certains clubs à l’abandonner totalement.
Des clubs français ont déjà tourné la page
Si le Bronco reste encore très utilisé en Top 14 et en Pro D2, plusieurs clubs ont décidé de ne plus y avoir recours. C’est notamment le cas de Brive, de Clermont ou encore du Biarritz Olympique, qui ont choisi de développer d’autres méthodes d’évaluation de leurs joueurs.
Pour Julien Réveyrand, responsable de la préparation physique à l’Union Bordeaux-Bègles, le principal reproche adressé au Bronco concerne son impact psychologique.
Le préparateur physique de l’UBB explique pourquoi il préfère d’autres méthodes d’évaluation.
« Je trouve que ce test ne respecte pas un principe de base de l’entraînement qui est celui de la progressivité : on ne commence jamais un entraînement par un sprint, comme on ne commence pas une saison par un test aussi dur que le Bronco. Ce test est connu de tous, et il est extrêmement anxiogène. Quand les joueurs apprennent qu’on va en faire un, ils stressent, ils dorment mal, et peuvent se blesser. »
Selon lui, les blessures survenues lors des premières séances de reprise illustrent les limites de ce type d’évaluation.
Un test jugé trop éloigné de la réalité du rugby
Au-delà du risque de blessure, plusieurs préparateurs physiques considèrent que le Bronco ne reproduit pas suffisamment les efforts réalisés pendant une rencontre.
Julien Réveyrand estime que l’épreuve n’est plus adaptée aux exigences du rugby moderne.
« Je trouve qu’il n’est pas représentatif de l’effort rugby, qui ne dure jamais six minutes sans discontinuer. Enfin, on parle toute l’année de cohésion et d’entraide dans la souffrance. Le Bronco, c’est tout l’inverse : personne n’aide personne, c’est chacun pour soi. »
À ses yeux, le Bronco évalue davantage la capacité à supporter un effort individuel qu’à répondre aux exigences collectives du rugby actuel.
D’autres continuent pourtant de le défendre
Tous les spécialistes ne partagent pas cette analyse. Certains estiment au contraire que le Bronco conserve un véritable intérêt lorsqu’il est utilisé avec discernement.
C’est notamment le cas du préparateur physique Benoît Barret, longtemps responsable de la performance au Stade Rochelais. Il rappelle que ce test valorise certains profils de joueurs, notamment les plus massifs, qui peuvent démontrer leur capacité à répéter les efforts malgré leur gabarit.
Pour lui, le Bronco ne doit toutefois jamais constituer l’unique outil d’évaluation.
Le spécialiste défend une approche beaucoup plus globale de la performance.
« Je préfère baser sur les questionnaires quotidiens remplis par les joueurs (qualité du sommeil, niveau de fatigue, plaisir, sensation de compétence et maîtrise du projet de jeu, etc.), couplés à toutes les données recueillies quotidiennement par les GPS pour obtenir une photographie fiable de l’état de forme du joueur. Et je spécifie de terminer par un message : « Il faut faire confiance au joueur, pour qu’il prenne confiance en retour. » »
Si le Bronco reste aujourd’hui l’un des tests physiques les plus connus du rugby professionnel, son utilisation n’a donc plus rien d’une évidence.
Entre ceux qui continuent de le considérer comme un excellent indicateur de la condition physique et ceux qui privilégient des méthodes plus individualisées, le débat est désormais bien installé au sein des staffs.
1 Commentaire


C’est évident qu’un seul type de tests ne peut permettre d’évaluer l’ensemble des capacité d’un joueur de rugby.
On pourrait faire un VAMEVAL mais il ne va évaluer que la capacité aérobie, c’est important mais pas suffisant.
De là à en faire un test « anxiogène »…