« Je pourrais mourir pour eux » : le témoignage bouleversant d’un rugbyman devenu pompier
« Je pourrais mourir pour eux » : le témoignage bouleversant d’un rugbyman devenu pompier
Le samedi 1 août 2026 à 10:02 par David Demri
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Alors que la plupart des joueurs profitent de l’intersaison pour préparer la reprise, Pierre Cadaugade mène un tout autre combat. Le trois-quarts centre de Saint-Médard-en-Jalles (Nationale 2), également pompier volontaire depuis un an et demi, est engagé depuis plusieurs jours contre les incendies qui ravagent la Gironde.
Au-delà des flammes, c’est surtout le décès de deux de ses collègues qui marque profondément le rugbyman de 26 ans.
« On a perdu deux monstres »
Lorsque les incendies se déclarent, Pierre Cadaugade ne peut pas rejoindre immédiatement le front. Les entraînements de reprise avec Saint-Médard occupent encore ses journées, mais un autre événement bouleverse surtout sa caserne.
Deux pompiers de son centre de secours perdent tragiquement la vie lors d’une intervention.
Le joueur peine encore à trouver les mots pour évoquer ce drame comme il l’explique pour Midi Olympique :
« Anthony et Wilfried étaient deux monstres, dans le bon sens du terme. Je pense sincèrement que c’étaient les deux meilleurs pompiers de la caserne. D’ailleurs, on attend les résultats de l’enquête, parce qu’on est tous persuadés qu’il y a eu un problème technique. Autrement, ce n’est pas possible. »
Très ému, il explique que les pompiers professionnels ont été encore plus durement touchés.
« Certains étaient amis avec eux, d’autres les ont vus décéder en intervention. Il y a mille fois pire que ce que je ressens. »
Présent lors des cérémonies d’hommage, Pierre Cadaugade reconnaît que cette reconnaissance a compté.
Le rugbyman n’a pourtant toujours pas tourné la page.
« C’était beau, et je suis content que la caserne ait reçu cette reconnaissance. Mais quelque part, j’ai presque envie de dire que les feux qui se sont intensifiés nous ont permis de penser à autre chose. »
« Les pompiers, c’est une famille »
Quelques jours plus tard, il monte à son tour dans les camions pour partir combattre les incendies.
Malgré la peur, il explique que la force du collectif prend rapidement le dessus.
Le parallèle avec le rugby lui paraît évident.
« Avec cet état d’esprit collectif, on a l’impression d’être invincibles. Vendredi soir, c’était vraiment impressionnant. On s’est rendu compte qu’on pouvait vraiment risquer nos vies. Il y a des gens bien meilleurs que nous qui y ont laissé la leur. »
Pour lui, les liens créés chez les pompiers ressemblent énormément à ceux d’un vestiaire.
Pierre Cadaugade compare sans hésiter ses deux passions.
« La cohésion physique et mentale que nous avons dans un équipage, c’est la même que dans une équipe. Grâce à cela, on arrive à dépasser la peur. Pour mes coéquipiers, je pourrais finir un match les bras en croix. Je pourrais m’éteindre sur chaque plaquage pour eux. Et je pourrais tout autant le faire pour chacun de mes collègues pompiers sur un feu, ou lors de n’importe quelle intervention. »
Un soutien venu de toute la France
Au fil des jours, le pompier girondin voit arriver des renforts de toute la France, mais aussi de Suisse.
Des Bretons, des pompiers de Seine-et-Marne, de Haute-Loire, de Rhône-Alpes ou encore des Bouches-du-Rhône viennent prêter main-forte sur les lignes d’appui.
Cet élan de solidarité lui redonne de la force.
« Complètement. L’élan de solidarité est incroyable. Ça soulage et ça rassure aussi. »
À cela s’ajoute le soutien de ses proches.
« Je reçois quotidiennement une cinquantaine de messages d’amis, de proches, de copains de rugby et de ma famille. Le soutien est vraiment incroyable. »
Après deux jours de repos, Pierre Cadaugade repartira pour une nouvelle garde de vingt-quatre heures. Selon les anciens ayant connu les incendies de 2022, la catastrophe actuelle dépasse tout ce qui avait été vécu jusque-là. Un nouveau combat attend donc le joueur de Saint-Médard, bien loin des terrains de rugby.
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