Ancien joueur professionnel et désormais pompier, il raconte l’enfer : « Avec un petit bébé à la maison, on a préféré partir »

Ancien joueur professionnel et désormais pompier, il raconte l’enfer : « Avec un petit bébé à la maison, on a préféré partir »

Le jeudi 30 juillet 2026 à 13:44 par David Demri

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Pour beaucoup de joueurs, l’été est synonyme de préparation physique et de reprise des entraînements. Pour Benjamin Dumas, le quotidien est bien différent. Ancien joueur professionnel devenu pompier volontaire il y a un peu plus d’un an, il vit ces dernières semaines au rythme des interventions pendant que les incendies ont frappé la Gironde et les Landes.

Installé à Sanguinet avec sa famille, à quelques kilomètres seulement des flammes, le joueur du Bassin d’Arcachon a vu le rugby passer très loin derrière les priorités du moment.

Un rôle indispensable pendant que ses collègues combattent les flammes

Si Benjamin Dumas n’intervient pas directement sur les feux de forêt, il participe pleinement au dispositif de secours.

Ses collègues spécialisés étant mobilisés sur les incendies, il assure les autres missions du quotidien afin de maintenir le fonctionnement de la caserne.

L’ancien joueur professionnel explique dans un entretien accordé à Midi Olympique son rôle dans cette période exceptionnelle.

« Je ne suis pas spécialisé dans les feux de forêt, je n’ai pas encore cette qualification. Je ne peux donc pas monter dans les camions dédiés. En revanche, je reste disponible pour les autres missions : le VSAV, qui est l’ambulance de secours à victimes, ou le FPT, le camion utilisé pour les incendies urbains. Beaucoup de mes collègues sont mobilisés sur les feux de forêt, du coup, nous, on se doit d’assurer les autres interventions. »

Le rugby est devenu secondaire

Dans ces conditions, difficile de penser à la nouvelle saison.

Les entraînements du Bassin d’Arcachon ont été suspendus en raison des fumées et des nombreuses routes coupées autour de la zone sinistrée.

Benjamin Dumas reconnaît que le rugby est passé au second plan.

« Oui, complètement. Les entraînements ont été annulés à cause des fumées, des routes fermées… C’était compliqué. On verra comment la situation évolue. »

Son attention était d’ailleurs tournée vers un tout autre sujet.

« Avec un petit bébé à la maison, on a préféré partir »

Habitant de Sanguinet, Benjamin Dumas s’est retrouvé entre les deux principaux foyers d’incendie.

Une partie de la commune a été évacuée et, même si son quartier n’était pas directement concerné, sa famille a préféré quitter les lieux quelques jours.

Il raconte cette décision prise par précaution.

« Oui. On est entre les deux gros incendies, celui de Gironde et celui de Biscarrosse. On est à quelques kilomètres seulement. Une partie de Sanguinet a été évacuée. Nous, on a eu la chance d’être du bon côté de la commune, mais avec un petit bébé à la maison, on a préféré partir quelques jours. Pour la sécurité de tout le monde, c’était mieux comme ça. »

Une solidarité qui l’a marqué

Au milieu de cette crise, Benjamin Dumas retient surtout la mobilisation de toute une région.

Les témoignages de ses collègues engagés sur le terrain lui ont montré l’ampleur de l’entraide qui s’est mise en place.

Il décrit un élan de solidarité qui l’a profondément marqué.

« Oui. Ils m’ont raconté que des agriculteurs venaient remplir les camions directement dans la forêt avec leurs tracteurs. Cette aide est précieuse. Dans la ville aussi, il y a un énorme élan de solidarité. Les agriculteurs, les habitants, tout le monde fait des dons, participe. C’est impressionnant. »

« Ça remet les choses importantes à leur place »

Cette expérience a également changé son regard sur certaines priorités.

L’ancien rugbyman explique que son engagement comme pompier volontaire lui permet aujourd’hui de relativiser ce qu’il a pu connaître durant sa carrière sportive.

Voir des familles perdre leur maison a profondément changé sa perception des choses.

« Complètement. Quand vous voyez que des gens ont perdu leur maison, vous vous demandez comment ils vont faire. Il y a tellement de questions sans réponse : les assurances, où ils vont se loger, quand ils pourront reconstruire… Ils ont tout perdu. Forcément, ça remet les choses importantes à leur place. »

À travers ce témoignage, Benjamin Dumas rappelle que derrière les images des incendies se cachent des milliers de vies bouleversées. Pendant que le rugby prépare doucement son retour, lui continue de répondre présent pour venir en aide à ceux qui en ont besoin.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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