Cette nouvelle règle en Top 14 va tout changer : « On les a prévenus, ils ont 3 mois pour se préparer »

Cette nouvelle règle en Top 14 va tout changer : « On les a prévenus, ils ont 3 mois pour se préparer »

Le dimanche 2 août 2026 à 17:00 par David Demri

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Le groupe du RCT

Après huit saisons passées avec un système autorisant jusqu’à douze remplacements, le Top 14 et la Pro D2 reviennent cette année à la règle internationale des huit changements. Une évolution loin d’être anodine, qui oblige déjà les staffs à revoir leur manière de préparer les joueurs, de composer leurs équipes et même de recruter.

Pour Olivier Azam, entraîneur des avants du Racing 92, cette réforme va profondément transformer le rugby français. Elle devrait notamment rapprocher le championnat des standards internationaux.

Une règle qui rapproche le Top 14 du rugby international

Le retour aux huit remplacements marque d’abord une harmonisation avec les compétitions internationales et la Champions Cup.

Pour Olivier Azam, cette évolution constitue une excellente nouvelle.

L’entraîneur adjoint du Racing estime via L’équipe que cette harmonisation profitera également au XV de France :

« Je pense que c’est positif d’aligner le coaching entre le Top 14 et les Coupes d’Europe. Ce sera forcément bénéfique pour le quinze de France, qui récupérera des joueurs habitués à cette règle, formatés à cette règle. »

Pendant huit ans, toute une génération de joueurs s’est habituée à pouvoir sortir puis revenir sur le terrain pour des raisons tactiques. Cette possibilité disparaît désormais, sauf pour les premières lignes et certains cas médicaux spécifiques.

Les joueurs vont devoir tenir… 80 minutes

Pour les entraîneurs, la principale conséquence concerne l’endurance.

Avec seulement huit changements autorisés, plusieurs titulaires devront désormais être capables de rester sur le terrain pendant l’intégralité de la rencontre.

Olivier Azam pense notamment aux avants.

Il prévient que certains profils devront rapidement s’adapter :

« Huit remplacements, ça veut dire que sept joueurs devront assumer les 80 minutes. Et ça, semaine après semaine. Cette donnée pèsera lourd dans la construction des feuilles de match. »

Les troisième ligne et certains deuxième ligne sont particulièrement concernés.

Selon lui, les exigences vont fortement évoluer :

« Avec les huit changements, un troisième-ligne ou un numéro 4 qui n’est pas capable de tenir les 80 minutes, ça va devenir compliqué. On les a prévenus : ils ont trois mois pour se préparer et aller chercher cette autonomie. »

Même les joueurs les plus puissants devront répondre à cette nouvelle exigence physique.

Une préparation estivale complètement repensée

Cette réforme influence déjà le travail effectué pendant l’intersaison.

Les staffs adaptent leurs séances afin d’augmenter les capacités physiques de leurs joueurs et de mieux les préparer à des fins de match plus exigeantes.

Olivier Azam explique que les analyses ont déjà commencé :

« Les « data scientists » ont déjà analysé tout cela en se référant aux données des matches de Coupe d’Europe. Ils ont essayé d’anticiper ce que cette règle allait provoquer. Les volumes d’entraînement seront un peu plus hauts. »

Selon lui, cette évolution devrait également modifier le visage des rencontres.

Il s’attend à des matchs beaucoup plus rythmés :

« Avec cette nouvelle règle, le Top 14 n’aura plus les secondes périodes les plus lentes au monde. Les vingt dernières minutes ne seront plus les mêmes. Il y aura plus de rythme, plus d’intensité, moins de joueurs frais et donc des défenses plus fatiguées, et donc logiquement plus d’espaces. »

Les stratégies et le recrutement vont évoluer

Au-delà de la préparation physique, les entraîneurs devront aussi revoir leur manière de construire leurs feuilles de match.

Olivier Azam estime que les bancs composés de sept avants et un trois-quarts pourraient devenir beaucoup plus fréquents.

Il explique pourquoi cette stratégie prendra désormais tout son sens :

« Maintenant, je pense qu’on va voir plus de vrais 7-1, avec six avants qui entrent d’un coup. Et on verra encore plus de 6-2 qu’avant. »

Cette évolution renforcera également la valeur des joueurs capables d’occuper plusieurs postes.

L’entraîneur francilien cite d’ailleurs un exemple bien connu du Top 14 :

« Cette nouvelle règle va renforcer l’importance des joueurs hybrides (…). C’est déjà une des forces du Stade Toulousain. Tous leurs trois-quarts ou presque peuvent couvrir deux ou trois postes. »

Le recrutement devrait lui aussi évoluer dans les prochaines saisons.

Au Racing, cette réflexion avait déjà commencé avant même l’entrée en vigueur de la réforme.

Olivier Azam révèle que certains profils avaient été ciblés dans cette optique :

« Nous, par exemple, on avait ciblé, pour enrichir notre pack, deux coureurs : le troisième-ligne portugais Nicolas Martins et le deuxième ou troisième-ligne australien Seru Uru. Et derrière, l’arrivée d’un joueur très « énergétique » comme Paul Costes va dans le même sens. C’est certain que le retour à huit changements influera sur les profils des recrues. »

Une chose semble déjà acquise : le retour aux huit remplacements ne modifiera pas seulement les feuilles de match. Il pourrait durablement transformer la préparation, le recrutement et même le profil des joueurs recherchés par les clubs du Top 14.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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