« Je pensais finir au Racing » : les dessous du retour de Gaël Fickou à Toulon

« Je pensais finir au Racing » : les dessous du retour de Gaël Fickou à Toulon

Le vendredi 7 août 2026 à 16:01 par David Demri

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Pendant longtemps, Gaël Fickou s’imaginait terminer sa carrière sous le maillot du Racing 92. Installé en région parisienne depuis plusieurs années, encore lié au club francilien, le trois-quarts centre n’envisageait pas un retour au Rugby Club Toulonnais. Pourtant, le destin en a décidé autrement. Quatorze ans après avoir quitté son club formateur, l’international français est revenu sur la Rade, convaincu par un projet qui mêle ambition sportive, attachement à ses racines et équilibre personnel.

Dans un entretien accordé à Var-Matin, le joueur aux 98 sélections avec le XV de France raconte comment ce retour, longtemps improbable, s’est progressivement imposé comme une évidence.

Un scénario qu’il n’avait jamais imaginé

Lorsque les premiers contacts avec Toulon se concrétisent, Gaël Fickou ne pense pas changer de club. Son avenir semble alors s’écrire au Racing, où il se voit terminer son parcours.

L’international français reconnaît dans les colonnes de Var-matin que ce retour n’entrait pas dans ses plans :

« J’avoue qu’à la base, je ne pensais pas revenir. Il me restait quand même deux ans de contrat avec le Racing. Je me voyais finir là-bas. Mais je me suis dit que c’était mon histoire. Parfois, la vie fait que ça se joue ailleurs… J’ai eu cette opportunité. »

Cette réflexion l’amène à considérer différemment la proposition du Rugby Club Toulonnais.

Il poursuit :

« Ces couleurs m’ont toujours été chères. J’ai toujours été derrière l’équipe. Et je suis très fier aujourd’hui de pouvoir porter ce maillot. Je ne pensais peut-être pas le faire dans ma carrière pro. »

Pierre Mignoni a joué un rôle décisif

S’il y a un homme qui a fait basculer le dossier, c’est Pierre Mignoni.

Les deux hommes échangent régulièrement depuis longtemps et le manager toulonnais n’a jamais caché son envie de faire revenir l’enfant du pays.

Gaël Fickou explique comment leur relation a facilité son arrivée :

« J’ai toujours été très proche de Pierre. On discutait énormément. Et c’est devenu concret à partir du moment où on a tous les deux pris la décision de faire ce pari. »

Puis il développe ce qui l’a convaincu.

Le centre poursuit :

« Il a toujours voulu que je revienne. Là, il a su me convaincre. C’est un mec d’ici, comme moi. Il a cette identité, ces valeurs. Il trouvait ça dommage que je ne porte pas ce maillot, que je ne puisse pas amener ce que je sais faire. […] Maintenant, il va falloir gagner les matchs, parce que tout le monde nous attend après la saison dernière. »

Retrouver Toulon… mais découvrir un nouveau club

Même s’il connaît parfaitement la région, Gaël Fickou a retrouvé un Rugby Club Toulonnais profondément transformé.

Le Campus, les infrastructures et l’organisation n’ont plus rien à voir avec ceux qu’il a connus lorsqu’il était adolescent.

Il raconte sa surprise :

« C’est vrai que le temps a passé. Je n’avais pas encore vu ces infrastructures. L’évolution est impressionnante. Quand je suis parti, on était dans des préfabriqués. »

Pour autant, son adaptation s’est faite naturellement.

Il explique pourquoi :

« Cette région, je ne l’ai jamais vraiment quittée. Même si on a peu de temps, je reviens l’été, pour Noël… Ce qui fait que je me suis très vite acclimaté. »

Le vestiaire lui était également familier.

Fickou précise :

« Je suis aussi content de regoûter un peu à cette nouveauté, cette folie qui est là quand on change de club. Ça crée une émulation. Et puis, dans le vestiaire, je connaissais déjà la plupart des gars. J’ai appris à connaître les nouveaux aussi. Tout se passe très, très bien. »

L’accueil des supporters a renforcé son choix

Lundi, lors de la reprise ouverte au public, le nouveau trois-quarts centre du RCT a découvert l’engouement qui accompagne son retour.

Une image qui l’a marqué.

Il confie :

« Quand je vois ce matin le nombre de supporters qu’il y a au bord de la rambarde du Campus… Tout ça crée une énergie assez positive. J’en ai besoin pour avancer. »

Cette attente populaire ne lui met pourtant pas de pression supplémentaire.

Au contraire, il veut avant tout rendre les supporters heureux :

« Je sais que les supporters ont beaucoup d’attentes autour de moi et du club. De mon côté, je vais essayer de donner le meilleur et de me régaler sur le terrain pour que tous les Toulonnais soient fiers. Le but, c’est ça. Gagner des matchs. Performer. Prendre du plaisir. Et en donner énormément. »

Un retour qui dépasse largement le rugby

Au-delà du terrain, cette décision est aussi profondément liée à sa vie personnelle.

Après quatorze années passées loin des siens, Gaël Fickou mesure ce que représente le fait de retrouver sa famille au quotidien.

Il raconte :

« Ça faisait quatorze ans que j’étais parti loin de chez moi. Même plus, car j’avais 16 ans quand j’étais au pôle France, à Paris. Là, revoir mes proches au quotidien, passer des moments avec eux, c’est très plaisant. Le temps file et je rate beaucoup de choses en faisant du rugby. »

Cette proximité change aussi sa manière de vivre les bons comme les mauvais moments.

Il poursuit :

« J’ai toujours été tout seul, à Toulouse, à Paris… Quand tu perds le dimanche soir, que tu rentres chez toi et que tu es solo dans ton appartement, c’est moins facile. La vérité, c’est que pour une fois, je suis entouré de ma famille. Mes petits neveux se foutent du rugbyman. Eux voient juste le tonton. Et ça, ça fait du bien. »

Un pari assumé pour continuer à avancer

Changer d’environnement à 32 ans comporte forcément une part de risque. Mais Gaël Fickou ne s’en préoccupe guère.

Il répond avec franchise :

« Le seul risque que je prends, c’est d’être mauvais et de me faire critiquer. Mais ça, c’est la vie. Ce n’est pas très grave non plus. Ce qui est essentiel, c’est de donner du plaisir aux supporters et d’aider l’équipe. »

Pour lui, cette nouvelle aventure répond surtout à un besoin de se remettre en question.

Il conclut :

« Là, il s’agit de se challenger. Je crois beaucoup en l’émulation. Je crois beaucoup au renouveau, aussi. Quand tu es longtemps dans un club, tu as tendance à ne plus produire les petits efforts que tu faisais au moment d’arriver. Aujourd’hui, j’essaie de me donner les moyens de performer. Ici, par exemple, le temps est plus cool. L’état d’esprit, le soleil… Tu as envie de rester sur le terrain pour bosser. C’est juste un exemple. Mais le but, c’est de nourrir et d’entretenir la flamme. Et ça ne passe que par le travail. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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