Douleurs, nuits blanches, doutes… Jonathan Danty a failli tout arrêter : il raconte son calvaire



Douleurs, nuits blanches, doutes… Jonathan Danty a failli tout arrêter : il raconte son calvaire

Le mardi 1 septembre 2026 à 6:30 par David Demri

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Jonathan Danty a réellement pensé que sa carrière pouvait s’arrêter là. Éloigné des terrains depuis sa grave blessure au genou droit survenue en septembre 2025, le centre du Stade Rochelais a traversé des mois extrêmement difficiles.

Une rééducation marquée par des douleurs intenses, des nuits presque impossibles et des doutes suffisamment profonds pour lui faire envisager de raccrocher.

À 33 ans, Danty connaissait pourtant déjà cette blessure puisqu’il avait subi une rupture des ligaments croisés du même genou à seulement 17 ans. Mais cette fois, les dégâts et les conséquences ont été autrement plus lourds.

« J’ai vraiment eu mal pendant quasiment cinq mois »

La comparaison avec sa première blessure s’est rapidement révélée impossible. Danty explique avoir cette fois subi une rupture des deux ligaments croisés, provoquant une importante instabilité de son genou.

Son chirurgien l’avait prévenu : la période suivant l’opération risquait d’être particulièrement douloureuse.

« J’avais déjà eu une rupture des ligaments croisés du genou droit à 17 ans. Mais mon genou était alors tout jeune. C’était bien moins compliqué qu’aujourd’hui. Là, le plus délicat, c’est que je me suis rompu les deux ligaments croisés avec donc une instabilité extrême. Lorsque le chirurgien a fait le job, il m’a prévenu et m’a dit  »ça risque d’être très douloureux ». Et ça l’a été. J’ai vraiment eu mal pendant quasiment cinq mois. »

Les nuits ont notamment été éprouvantes. Malgré les médicaments, la douleur finissait par réveiller le Rochelais, qui devait utiliser du froid pour tenter de calmer son articulation.

C’est durant cette période que l’idée d’arrêter définitivement le rugby s’est véritablement installée comme il l’explique pour L’équipe :

« La nuit surtout malgré des médicaments. Je me couchais à 22 heures, et à 3 heures du matin je devais sortir du lit pour faire du froid. J’avais une impression de brûlure dans l’articulation. Ça a duré deux ou trois mois. Je ne vais pas vous mentir, je me demandais si je ne devais pas laisser tomber ma rééducation et stopper ma carrière. Mentalement, ça m’a pompé beaucoup d’énergie. Je ne voyais pas le bout du tunnel. Je me posais beaucoup de questions et j’ai vraiment pensé à arrêter. »

Dans son entretien accordé à RMC Sport, Danty décrit la même période avec une règle qu’il s’est finalement imposée : aller au bout de sa rééducation afin de ne jamais pouvoir regretter de ne pas avoir suffisamment essayé.

Malgré ses interrogations, il a décidé de continuer à se donner une chance :

« Cette blessure-là est hyper difficile, hyper longue, hyper douloureuse, je me suis posé beaucoup de questions sur la suite à donner. Parce qu’à un moment donné, quand tu ne dors pas la nuit, quand tu ne vois pas d’avancée à ta rééducation, tu te poses forcément des questions, ça m’a traversé l’esprit. Peut-être que ça sera encore le cas dans quelques semaines, je n’en sais rien du tout. Mais en tout cas, la seule chose que je me suis dite, c’est « donne-toi les moyens de réussir ». Si ça marche, tu es le roi du pétrole, si ça ne marche pas, tu n’auras pas de regrets. »

« J’avais l’impression d’être inexistant »

L’envie d’abandonner n’a pas été une pensée fugace. Pour la première fois de sa carrière, Danty a véritablement envisagé de ne plus revenir sur un terrain.

Son tempérament de compétiteur l’a finalement poussé à poursuivre ce dernier défi :

« Un petit moment. Je me suis demandé si ça valait le coup de continuer ou si je devais relever ce dernier challenge. La facilité aurait été de tout arrêter. Mais j’ai toujours été compétiteur. Et j’ai toujours voulu jouer. »

Cette possibilité d’une retraite anticipée a également été évoquée avec ses proches.

Danty reconnaît n’avoir jamais auparavant envisagé aussi sérieusement de raccrocher :

« Sérieusement, oui. Ça m’a longtemps pris la tête. J’en ai parlé à mes proches. Ils m’ont dit que je n’avais jamais baissé les bras et que je ne devais pas le faire maintenant. De toute façon, j’aurais dû rééduquer mon genou pour ma vie d’après. C’est pour ça que je veux aller au bout de la démarche. »

Mais cette période a dépassé le cadre du rugby. Les conséquences de sa blessure ont bouleversé son quotidien familial. Immobilisé ou limité par la douleur, Danty n’était notamment plus capable d’accompagner son fils à l’école.

Une situation qui a renforcé le sentiment d’impuissance ressenti pendant les mois les plus difficiles :

« Oui, quand tu te lèves à 3 heures du matin parce que tu as mal au genou et que tu ne penses plus qu’à ça, c’est vraiment dur. Je ne pouvais même pas emmener mon fils le matin à l’école. Il partait avec sa maman, sans moi. J’avais l’impression d’être inexistant. J’ai toujours passé du temps avec lui mais là j’étais bloqué en béquilles ou alors c’était trop douloureux. Lui, il en rigolait car il me disait qu’il était plus fort que moi et qu’il courait plus vite que moi. Ce qui était le cas… Les douleurs étaient à la fois physiques et mentales. À la moindre gêne, ton cerveau prend ça comme une douleur. Mais heureusement le plus dur est passé maintenant. »

Danty a également choisi, durant les premiers mois, de s’éloigner en partie de l’environnement des matches. Les questions répétées concernant la date de son retour devenaient difficiles à supporter alors que lui-même ignorait encore s’il pourrait rejouer.

Sa priorité était alors beaucoup plus élémentaire : parvenir à gérer la douleur et retrouver des nuits normales.

« Ça dépendait des périodes, de ma douleur aussi. Aujourd’hui, il n’y a plus aucun souci à ce niveau-là, mais c’est vrai que j’ai pris pas mal de recul les premiers mois. Je ne venais pas trop aux matchs, même à domicile, parce qu’en fait, je redoutais toujours ces moments où il fallait parler aux supporters, et que les supporters me posaient des questions sur mon retour alors que je ne savais pas où j’allais. Mon environnement, à ce moment-là, avec la douleur que j’avais au genou, c’était d’être chez moi, de faire du froid, de me donner les moyens de pouvoir dormir la nuit. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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