Famille, ferveur et soleil : Pour Gaël Fickou, son retour à Toulon est une véritable renaissance
Famille, ferveur et soleil : Pour Gaël Fickou, son retour à Toulon est une véritable renaissance
Le jeudi 10 septembre 2026 à 23:48 par David Demri
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De retour dans le Var quatorze ans après son départ, Gaël Fickou savoure pleinement ses premiers mois au Rugby Club Toulonnais. Dans le podcast Rugby Confidential, le centre international a raconté ses retrouvailles avec son territoire, sa famille et la ferveur rouge et noire.
Sacha Valleau partage son enthousiasme. L’ancien international français à 7 estime que le Campus RCT et le climat varois peuvent même favoriser les performances des joueurs sur la durée.
Un Campus RCT totalement transformé
Gaël Fickou avait déjà connu le site d’entraînement toulonnais lors de son premier passage. Il y a retrouvé un environnement profondément modernisé.
Le centre international se réjouit des conditions de travail offertes aux joueurs.
« Il fait beau, il fait chaud, on est bien. Je me régale, tout se passe bien. On s’entraîne donc ici, au Campus RCT. Il y a aussi le centre de formation à côté. À l’époque, quand je jouais ici, il y avait déjà ce stade mais pas les mêmes infrastructures, ça a bien changé et évolué. On a un outil pour travailler qui est magnifique. »
Les séances du lundi matin sont régulièrement ouvertes au public lorsque le programme ne comporte pas de travail stratégique.
Fickou apprécie particulièrement la proximité entretenue avec les supporters.
« Souvent, les entraînements du lundi matin sont ouverts aux supporters car il n’y a pas de combinaison, c’est plutôt des skills et des entraînements techniques plutôt que de la stratégie. Il y a énormément de supporters et c’est un plaisir de les côtoyer et de les voir, c’est vraiment sympa. On voit les retraités venir le lundi, les petits papys, les jeunes qui n’ont pas cours, qui viennent voir l’entraînement car ils sont fans et il y a une ferveur particulière ici. »
Son retour lui permet aussi de travailler avec plusieurs personnes qu’il avait connues avant son départ.
Malgré les nouvelles infrastructures, le Toulonnais retrouve une partie de son histoire.
« Donc oui, je me régale, j’ai ma famille, mes amis d’enfance et je retrouve pas mal d’anciens du club. Les infrastructures du club ont changé mais les personnes restent. Donc c’est un plaisir de travailler avec eux au quotidien même s’il y a de nouvelles têtes que je ne connaissais pas car ça fait quinze ans que je suis parti. Mais retrouver tout ce beau monde, c’est incroyable. »
Sacha Valleau impressionné par le Campus
Sacha Valleau a visité les installations de nombreux clubs du Top 14. Le centre d’entraînement toulonnais figure tout en haut de sa liste.
L’ancien joueur se verrait volontiers assister aux séances après sa carrière.
« C’est juste fou ! Pour avoir visité pas mal de Campus et de centres d’entraînement de tous les clubs du Top 14, celui-ci, sincèrement… Déjà, le cadre est magnifique, mais en plus c’est un outil de très haute performance. Retraité, je viendrais ici voir l’entraînement du RCT tous les lundis dès 6 heures du matin. »
Le souvenir de sa célèbre crête
Gaël Fickou conserve de nombreuses photos de son premier passage à Toulon. Le jeune trois-quarts arborait alors une crête inspirée par plusieurs figures du vestiaire.
Avec le recul, il porte un regard amusé sur cette ancienne mode.
« À l’époque, je jouais au RCT et j’avais une crête, ce n’était pas ouf ! Mais à l’époque, c’était la mode avec notamment Matt Giteau, Mathieu Bastareaud et d’autres encore. Joe Van Niekerk également. C’était un peu la mode et on a tous suivi cette mode. Mais je t’avoue que j’avais très vite changé de mode dès mon départ à Toulouse. J’en garde de bons souvenirs et j’ai pas mal de photos. »
« Porter le maillot de Toulon, c’était un rêve d’enfant »
Originaire de La Seyne-sur-Mer, Fickou rêvait depuis son enfance de porter les couleurs du Rugby Club Toulonnais. Son retour possède donc une signification bien plus profonde qu’un simple changement d’équipe.
Retrouver le maillot rouge et noir lui a procuré une émotion particulière.
« Porter le maillot de Toulon, c’était un rêve d’enfant quand j’étais à La Seyne-sur-Mer et que j’ai commencé le rugby. Cela a pris énormément de temps mais je ne regrette rien car c’est le chemin qu’il fallait que je fasse. Mais le porter pour la première fois ce week-end, ça m’a fait bizarre. »
Fickou possède désormais le sentiment de défendre son identité et son territoire.
« Tu représentes ton identité. Je suis né à quelques kilomètres d’ici et ici on vibre pour le Rouge et Noir. Porter ce maillot, ça me rappelle mon enfance et tu vois tous les gens qui te ressemblent, cette culture, cette folie. J’ai toujours eu cela en moi et je me reconnais énormément en cela même si ça ne l’a pas été pendant quatorze ans. Maintenant, je me bats pour les gens d’ici, de mon territoire et c’est cool. »
Un bizutage en pleine montagne
Son intégration a été facilitée par sa connaissance d’une grande partie de l’effectif. Ses partenaires lui ont néanmoins réservé un bizutage durant le stage de préparation à Briançon.
Fickou a participé à une course d’orientation dans des conditions particulièrement difficiles.
« L’intégration s’est bien passée, j’ai eu un petit bizutage tranquille, un petit Pékin Express. Ils m’ont laissé dans la montagne lors du stage à Briançon. J’avais fini premier mais j’avais oublié un truc, donc du coup j’ai fini dernier. C’était une course d’orientation sous la pluie, dans la montagne, sans voiture, sans téléphone, sans rien. Mais l’intégration s’est bien faite, je connais la moitié de l’équipe. J’ai déjà joué avec certains. L’ambiance et l’état d’esprit, tout est super. »
Une préparation estivale particulièrement intense
Gaël Fickou avait notamment rejoint Toulon pour retrouver davantage d’intensité dans les entraînements et les courses. Il assure avoir été servi pendant la préparation.
Le centre a pu effectuer six semaines de travail, contre huit pour le reste du groupe.
« La présaison a été difficile. Quand j’ai signé ici, je voulais retrouver de l’intensité dans les entraînements et dans les courses. Il fallait se préparer en conséquence. Le groupe a eu huit semaines de préparation et moi six. C’est rare, ça m’est arrivé peut-être une fois dans ma carrière. Donc c’était la seconde fois où j’ai pu me préparer vraiment. »
Cette préparation doit permettre au RCT de mieux résister aux exigences du championnat.
« Je pense que physiquement on sera prêts, on a beaucoup bossé. Il y a eu beaucoup de blessures au club la saison dernière donc il faut mettre une certaine intensité pour pouvoir rivaliser tout au long du championnat. On a bien bossé. »
Une vie très différente de celle menée à Paris
Même si la chaleur a compliqué la préparation, Fickou apprécie pleinement le cadre varois. Il peut désormais profiter de la mer lors de ses jours de repos.
L’international ne renie pas sa vie parisienne, mais reconnaît que son quotidien a complètement changé.
« À Toulon, c’est réputé pour avoir du soleil et du bon temps. Je pense que ça va jouer aussi sur l’humeur, c’est plus agréable de s’entraîner avec un bon climat. Il fait très chaud donc on a subi durant la préparation, mais on a l’habitude de s’entraîner sous ces températures donc ça va. Quand tu as un jour off, Paris c’était très bien, j’ai adoré donc il n’y a rien à enlever. Mais là, tu vas au bord de la mer, tu vas à la plage, quand tu fais les côtes, tu les fais au bord de l’eau, c’est différent. »
La possibilité de partir en bateau avec son frère illustre ce nouveau rythme de vie.
« Le cadre est agréable. C’est très naturel, on a la chance d’être dans une région où la côte est sublime. Je peux partir en bateau avec mon frère lors des jours off, c’est quand même un autre rythme de vie, beaucoup plus calme. Quand j’étais à Paris et que tu t’entraînes sous la pluie, tu t’y habitues, c’est ton quotidien et tu n’en prends plus forcément conscience. Tu en prends conscience seulement quand tu pars, mais le temps ici est agréable, c’est vrai. »
Une ferveur qui ajoute de la pression
Dans le Var, Gaël Fickou est régulièrement reconnu lorsqu’il effectue ses courses. La bienveillance des supporters le surprend encore après ses années passées dans la capitale.
Cet amour populaire s’accompagne d’une attente évidente autour de l’engagement des joueurs.
« Puis il y a une passion ici qui est connue depuis toujours. Tout le monde vibre pour le club. Quand ils me croisent en train de faire des courses, c’est toujours bienveillant et ça me choque un peu car je ne connaissais pas cela à Paris. Mais les gens t’aiment, ils te mettent un peu la pression car tu sens qu’ils veulent que tu mouilles le maillot. »
Le climat, un véritable avantage selon Valleau
Sacha Valleau estime que la météo peut influer sur le moral des joueurs lorsque les efforts et les rencontres commencent à s’accumuler.
Il juge que le soleil peut offrir un supplément d’énergie sur la durée.
« Je suis persuadé que la météo joue vraiment sur le long terme, sur des fins de saison où c’est dur avec les répétitions des efforts. Entre deux effectifs plutôt similaires, avec une équipe dans le nord de la France avec la pluie et une où il fait beau et où le soleil te rebooste et te donne beaucoup d’énergie… »
Son passage à Vannes lui a montré combien une longue période pluvieuse pouvait devenir mentalement pesante.
Valleau considère que l’environnement toulonnais peut même faciliter certaines périodes de récupération.
« J’ai eu la chance d’avoir été à Vannes, un club très bien structuré. Mais il a plu tout le mois d’août et mentalement ça peut paraître un peu dur. Une blessure peut te paraître plus longue quand ta récupération se fait sous la pluie. La force de Toulon, c’est que l’écosystème te permet d’être rayonnant, bien dans ta peau et ça joue dans tes performances. »
Quatorze années loin de sa famille
Le retour dans le Var permet enfin à Gaël Fickou de partager beaucoup plus de temps avec ses proches.
Il retrouve désormais ses frères, ses sœurs, son père et ses neveux plusieurs fois par semaine.
« J’ai mes petits-neveux, mes frères et sœurs, mon père, le fait de les voir au quotidien, ça joue beaucoup. Passer du temps avec eux, c’est important. Tu passes de les voir une à deux fois par an et maintenant c’est deux ou trois fois par semaine donc c’est totalement différent. »
Le joueur transmet également la passion du RCT à la nouvelle génération de sa famille.
« Je vois mes neveux jouer au foot, je leur achète le maillot du RCT, ils le mettent tout le temps. C’est agréable de se rapprocher des siens, surtout quand tu as passé quatorze ans loin d’eux. »

