« Depuis sa mort, ma vie n’est plus la même » : Thomas Lièvremont témoigne

« Depuis sa mort, ma vie n’est plus la même » : Thomas Lièvremont témoigne

Le lundi 14 septembre 2026 à 15:09 par David Demri

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La cour d’assises de Paris a entendu lundi matin deux témoignages particulièrement éprouvants. Cecilia Aramburú, la mère de Federico, puis Thomas Lièvremont ont raconté l’homme qui se cachait derrière l’ancien international argentin tué par balle en mars 2022.

Loïk Le Priol et Romain Bouvier comparaissent respectivement pour assassinat et tentative d’assassinat. Leur procès, ouvert le 7 septembre, doit se poursuivre jusqu’au 25 septembre devant la cour d’assises de Paris.

Le terrible réveil de Cecilia Aramburú

La mère de l’ancien joueur de Biarritz se trouvait en Argentine le 19 mars 2022. Comme régulièrement le week-end, elle dormait aux côtés de sa petite-fille lorsque son mari l’a réveillée vers 7 h 30.

Il lui a demandé de sortir discrètement de la chambre pour ne pas réveiller l’enfant. Une fois dans le couloir, il lui a annoncé la mort de leur fils Federico, âgé de 42 ans.

Cecilia Aramburú se souvient d’un instant de sidération absolue comme le rapporte Sud-Ouest :

« J’étais incapable de m’exprimer. Je voulais surtout ne pas réveiller ma petite fille. »

Vêtue de noir et accompagnée d’une interprète, elle s’est exprimée durant près d’une heure, avec une grande retenue malgré une émotion parfois difficile à contenir.

« De la violence, des armes à feu et peut-être de l’impunité »

Devant les jurés, Cecilia Aramburú a affirmé que le drame aurait pu ne jamais se produire.

La mère de l’ancien international considère que son fils a été victime de plusieurs mécanismes.

« Ce crime aurait pu être évité. »

Elle a ensuite désigné ce qui, selon elle, a rendu cette issue possible.

« De la violence, des armes à feu, et peut-être de l’impunité. Ceux qui l’ont tué s’exhibaient avec les armes, conduisaient alcoolisés, ne ressentaient pas le besoin de se cacher lorsqu’ils sont sortis armés de chez eux. »

L’enquête de personnalité présentée à l’audience a dépeint Federico Aramburú comme un homme solaire, généreux et toujours soucieux d’apaiser les tensions.

Sa mère a livré le même portrait, se remémorant notamment le jour où son fils, alors âgé de sept ans, avait convaincu son institutrice de quitter l’école avec lui pour rencontrer sa petite sœur à la maternité.

Une anecdote qui résume, selon elle, la personnalité de Federico.

« Il arrivait à convaincre les autres avec sa joie. »

Interrogée sur la confrontation ayant précédé les tirs, elle a également refusé de présenter son fils comme quelqu’un cherchant l’affrontement.

Elle estime toutefois qu’il n’était pas dans sa nature de rester passif face à certains comportements.

« Il ne cherchait pas à provoquer, mais ce n’est pas son style de baisser la tête, de faire comme si de rien n’était. »

Thomas Lièvremont évoque « un frère »

La matinée s’est poursuivie avec le témoignage de Thomas Lièvremont. L’ancien joueur du Biarritz Olympique était extrêmement proche de Federico Aramburú, qu’il considérait comme un membre de sa famille.

Submergé par l’émotion, il a dû interrompre sa déclaration à plusieurs reprises.

Thomas Lièvremont a décrit un homme d’une profonde bienveillance.

« Fede incarnait la gentillesse à l’état pur, un altruisme contagieux. Je ne comprends pas comment on en arrive à vivre ça… Depuis sa mort, ma vie n’est plus la même. »

Questionné sur un éventuel tempérament violent de son ancien coéquipier, il a écarté cette hypothèse.

L’ancien troisième ligne affirme n’avoir jamais observé la moindre agressivité chez son ami en dehors du terrain.

« Quand vous jouez au rugby, il y a des accrochages, mais Fede était tout sauf un joueur violent. Et dans la vie quotidienne, je n’ai jamais vu chez lui la moindre once de nervosité, de violence. »

Pendant ces témoignages, Loïk Le Priol et Romain Bouvier sont restés immobiles dans le box, le regard dirigé vers le sol. Les qualifications pénales et les arguments avancés par les différentes parties doivent encore être examinés par la cour avant son verdict.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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