Le médecin ne donnait que 20 à 40 % de chances à Tuifua de rejouer

Le médecin ne donnait que 20 à 40 % de chances à Tuifua de rejouer

Le mercredi 16 septembre 2026 à 11:04 par David Demri

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Patrick Tuifua a retrouvé les terrains avec le Rugby Club Toulonnais contre La Rochelle après dix mois de convalescence. Un retour loin d’être assuré puisque le troisième ligne avait été averti qu’il pouvait ne plus jamais rejouer au rugby.

Entré à la 71e minute, le joueur de 22 ans a disputé son premier match professionnel à Mayol. Une soirée particulière, vécue devant plusieurs proches présents dans les tribunes et sa famille restée en Nouvelle-Calédonie.

Une émotion impossible à décrire

Patrick Tuifua avait déjà découvert l’arrivée du bus toulonnais au milieu des supporters lorsqu’il occupait le rôle de 24e homme. Cette fois, il savait qu’il allait réellement entrer sur la pelouse.

Les dix mois passés à travailler loin des terrains ont ressurgi au moment de traverser la foule. Le troisième ligne a tenté de transformer cette pression en énergie positive.

Lors d’un entretien accordé à Var-matin, le Toulonnais raconte les émotions ressenties avant son retour à la compétition.

« C’était particulier. L’année dernière, j’avais déjà été dans le groupe, mais comme 24e. J’avais donc déjà pu traverser la foule à l’arrivée du bus. Mais là, le refaire cette saison, en sachant que j’allais jouer… C’était énorme. Ce n’était pas la même émotion. Je n’arrive pas vraiment à la décrire, mais c’était fou. J’avais un peu la pression, aussi. J’ai repensé aux dix derniers mois compliqués… Et j’ai essayé d’utiliser ça pour me donner confiance. »

Entre 20 et 40 % de chances de revenir

Le genou droit de Patrick Tuifua a commencé à céder en novembre 2025. Une nouvelle intervention chirurgicale est alors devenue indispensable.

Après l’opération réalisée à Lyon, le diagnostic s’est révélé particulièrement inquiétant. Le médecin ne lui accordait qu’entre 20 et 40 % de chances de retrouver une carrière de rugbyman.

Tuifua se souvient du moment où son avenir sportif a basculé.

« Mon genou a commencé à vraiment me gêner, jusqu’à lâcher. J’ai dû être opéré, à Lyon. À ce moment-là, le docteur m’a dit que j’avais entre 20 et 40 % de chances de revenir. De pouvoir rejouer au rugby. J’étais un peu… (il réfléchit) déçu. Mais j’ai décidé de tout donner sur ces dix mois pour récupérer et essayer de revenir. »

Cette nouvelle blessure concernait la même zone que celle déjà touchée avant son arrivée à Toulon. Avec le recul, le joueur reconnaît avoir repris trop rapidement après sa première rééducation.

Le troisième ligne estime que son genou n’était pas suffisamment consolidé.

« Oui… C’est au même endroit. En fait, c’est la blessure que je traînais depuis la Nouvelle-Zélande. J’ai fait ma rééducation, mais j’ai repris trop tôt. J’aurais dû prendre plus de temps. Au final, elle n’était pas assez guérie. Mais, maintenant, ça va beaucoup mieux. L’opération s’est bien passée. »

« Je ne pouvais pas lâcher »

L’hypothèse d’une fin de carrière a profondément affecté Patrick Tuifua. À seulement 22 ans, il a repensé au chemin parcouru depuis son départ de Nouvelle-Calédonie et s’est appuyé sur ses parents pour traverser cette période.

Malgré la peur de ne jamais revenir, il a refusé d’abandonner.

« J’étais mal. Sur cette période, j’ai passé beaucoup de temps avec mes parents au téléphone. J’ai surtout repensé à tout mon parcours. Et, pour ça, je devais tout donner. Après, si ça doit mal se passer, ça se passera mal… Mais je ne pouvais pas lâcher. »

Les appels avec sa famille ont été particulièrement nombreux durant les premières semaines. La distance est néanmoins devenue de plus en plus difficile à supporter à mesure que les mois passaient.

Tuifua a fini par espacer les échanges pour mieux gérer le manque.

« Oui. Et beaucoup au début. Mais au fur et à mesure, j’ai essayé de moins les appeler. (Il marque une pause) Surtout parce que je sentais que ça commençait à trop me manquer de les avoir loin de moi. Heureusement, ils m’ont donné beaucoup de courage pour revenir. »

Des vacances sacrifiées pour sa rééducation

Patrick Tuifua aurait pu rentrer en Nouvelle-Calédonie durant l’été. Après sept mois de soins, il a finalement décidé de rester à Toulon afin de profiter des équipements du Campus RCT.

Le joueur craignait de ne pas pouvoir suivre son programme avec la même rigueur s’il retrouvait l’ensemble de ses proches.

Sa priorité était de mettre toutes les chances de son côté.

« Pas si difficile, non. J’étais à sept mois de rééducation. C’était déjà très long. Je voulais me concentrer sur ça. Ici, il y a le Campus, avec toutes les installations possibles. La salle, les machines, le bain froid… Bon, il y a aussi tout ça en Nouvelle-Calédonie, mais avec toute ma famille, j’aurais été moins disponible pour faire mes entraînements. Du coup, j’ai fait le choix de rester ici et travailler pour mettre toutes les chances de mon côté. »

La foi pour traverser les week-ends sans rugby

La semaine, les séances de rééducation occupaient l’essentiel de ses journées. Les week-ends devenaient plus difficiles, particulièrement lorsque ses partenaires partaient jouer à l’extérieur.

Patrick Tuifua a alors trouvé du réconfort auprès de ses proches installés à Toulon et dans les répétitions de la chorale de l’église.

La foi a conservé une place essentielle durant toute sa convalescence.

« La semaine, j’avais la tête occupée par ma réhabilitation. Mais le week-end, moi, je ne jouais pas. Alors quand les mecs étaient à l’extérieur, je ne faisais rien le samedi. J’en profitais pour aller voir ma famille. On faisait, par exemple, les répétitions de la chorale pour l’église. Je continue d’y aller, même si j’ai moins le temps avec le rugby en ce moment. Mais c’est toujours aussi important pour moi. »

Malgré son retour, le troisième ligne reconnaît continuer à douter. Il utilise désormais les dix mois traversés comme une source de motivation pour retrouver son ancien niveau et tenter de le dépasser.

Tuifua s’appuie sur cette épreuve pour repousser ses incertitudes.

« Je doute un peu tout le temps. Je me dis souvent que ce que je fais ne va peut-être pas marcher. Mais pour chasser ça, je me raccroche à mon parcours. Je repense aux dix mois de galère. C’était long ! Tous les jours, j’essaye de progresser pour revenir au niveau que j’avais avant, et même plus fort. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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7 Commentaires

  1. Anjo 16 septembre 2026 at 11h- Répondre

    En lisant ça, je sais pas si on doit être rassurés ou inquiets, du coup.

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  2. JeanmarcMourillon 16 septembre 2026 at 11h- Répondre

    Est ce que le staff ( L. E. En tête…) le savait en le recrutant….?
    Quelles infos médicales précises avaient ils…….?
    Après le pari peut être gagnant, on manque pas d’exemples….

  3. Eric 16 septembre 2026 at 11h- Répondre

    Rassurés Anjo car on sait qu’il a du cran et qu’il ne lâchera rien.
    C’est un guerrier même si c’était pas sur le terrain.
    Ça va le faire
    Eric

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    • JeanmarcMourillon 16 septembre 2026 at 11h- Répondre

      Je pense aussi Eric…

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  4. Jean-Pierre 16 septembre 2026 at 11h- Répondre

    Cela confirme que l’on recrute souvent sur le nom ou en faisant des paris. Il ne faut pas s’étonner si l’on se loupe régulièrement sur les recrutements.

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  5. Carqueiranne 16 septembre 2026 at 12h- Répondre

    en tout cas ce mec à du mental, Bravo !!!

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  6. Jacques ICHAN 16 septembre 2026 at 13h- Répondre

    Pas rassuré non plus.
    Si l’ambition est de se mettre à niveau.

    On a un gros point sur le staff médical qui a le don d’opérer des joueurs durant la saison et de ne jamais profiter de l’intersaison.
    TUIFUA
    COWIE
    BEKA

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