30 000 personnes dans la file d’attente : Vannes en concurrence avec Céline Dion
30 000 personnes dans la file d’attente : Vannes en concurrence avec Céline Dion
Le samedi 19 septembre 2026 à 8:57 par David Demri
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Vannes veut durablement s’installer en Top 14 et sait que son développement passera nécessairement par une augmentation importante de ses revenus. Avec un budget de 27 millions d’euros et une masse salariale de 8,3 millions, le promu breton cherche encore des ressources pour renforcer son effectif. La réception de Toulouse au Roazhon Park de Rennes, devant environ 30 000 spectateurs, constitue une étape majeure de cette stratégie.
La progression est déjà importante puisque le budget vannetais dépassait à peine 23 millions d’euros lors de sa première saison en Top 14, avec notamment près de 11 millions issus des partenariats, 3,3 millions de recettes les jours de match et 2,5 millions provenant des produits dérivés. Mais la capacité de la Rabine limite mécaniquement la croissance du club, d’où l’idée de multiplier ponctuellement les rencontres dans des enceintes beaucoup plus grandes.
300 partenaires supplémentaires à la Rabine
Vannes ne compte pas uniquement sur ses délocalisations. Pour la réception de Pau le 3 octobre, un nouvel espace destiné aux partenaires doit notamment être inauguré.
Olivier Cloarec détaille dans les colonnes de L’équipe le potentiel économique de cette nouvelle installation :
« Il pourra accueillir 300 partenaires supplémentaires. La place annuelle est de 6 000 euros. Ces travaux nous permettent de passer à 750 partenaires. Et on pourrait en avoir plus. Il y a de la demande et de l’attente. »
Même avec cette nouvelle source de revenus, l’augmentation du prix des billets et la future extension de la Rabine à 15 000 places, le club a rapidement compris qu’il lui faudrait trouver d’autres leviers.
L’idée de jouer certains matches ailleurs s’est donc rapidement imposée :
« Très rapidement, on a évoqué l’idée de la délocalisation »
Une stratégie financière qui ne doit cependant pas faire perdre de vue l’attachement du club à son enceinte historique.
Olivier Cloarec insiste sur ce point :
« Car il ne faut pas oublier que l’identité du club, l’âme du club, c’est le stade de la Rabine »
Plus de 30 000 personnes pour obtenir des billets
La réception de Toulouse permet de mesurer le potentiel d’une telle opération.
Vannes avait déjà envisagé une délocalisation la saison précédente avant d’y renoncer, estimant ne pas être suffisamment préparé. Cette fois, le club a franchi le pas.
Et la demande a été spectaculaire : plus de 30 000 personnes se trouvaient dans la file d’attente numérique lors de l’ouverture de la billetterie.
Un engouement qui a inspiré une comparaison amusée à Joe Edwards :
« On concurrence Céline Dion. »
L’expérience n’est d’ailleurs pas totalement nouvelle. Vannes avait déjà reçu Grenoble au Roazhon Park la saison précédente, avec 15 000 places vendues en moins d’une heure.
Vannes prépare déjà une nouvelle délocalisation
Le club breton ne compte pas s’arrêter à Toulouse.
Une deuxième opération est envisagée les 6 ou 7 novembre contre l’Union Bordeaux-Bègles. Cette fois, la destination serait la Beaujoire de Nantes et ses 37 000 places.
Rien n’est encore définitivement signé.
Le directeur général Martin Michel reste prudent sur l’avancée du dossier :
« Pour Nantes, ce n’est pas encore acté, c’est vrai. Ce n’est pas encore signé. »
L’organisation de telles rencontres représente un travail considérable pour le club, déjà sollicité par sa montée, les travaux de son stade ou encore différents événements.
Mais Martin Michel assume cette volonté d’accélérer :
« Même si c’est un peu osé de vouloir le faire aussi tôt dans la saison. Mais à un moment, dans l’événementiel, il faut créer l’événement, bousculer les équilibres. »
Une fois l’opportunité identifiée, plusieurs acteurs doivent encore donner leur feu vert.
Le dirigeant vannetais détaille une partie du processus :
« Il faut ensuite poser la question de la faisabilité à la Ligue et à Canal+. »
3 000 billets à la Rabine contre 15 000 à Rennes
Le club ne communique pas précisément sur le bénéfice attendu de l’opération.
Mais l’écart entre les deux enceintes permet de comprendre immédiatement l’intérêt économique du projet.
Martin Michel refuse de dévoiler les montants tout en donnant un chiffre particulièrement parlant :
« Je ne vous le dirai pas. Il y a un coût évidemment, ce n’est pas rien, mais à la Rabine, on met en vente à peu près 3 000 places par match. À Rennes, c’est 15 000 places sèches qui ont été mises sur le marché. »
L’objectif dépasse donc largement l’organisation d’un simple match de gala. Olivier Cloarec aime notamment expliquer que Vannes pourrait atteindre 40 millions d’euros de budget s’il disputait toute une saison dans une enceinte comme celles de Rennes ou Nantes, contre 27 millions actuellement.
Le Stade de France déjà dans les réflexions
Si Vannes parvient à assurer son maintien, les délocalisations devraient donc continuer la saison prochaine.
Le club pourrait poursuivre son développement dans l’Ouest, mais ses dirigeants regardent déjà plus loin : l’idée d’organiser un jour une rencontre au Stade de France a commencé à émerger.
Martin Michel refuse toutefois de brûler les étapes :
« On va y aller étape par étape, il faut qu’on continue de grandir. »
Reste un enjeu sportif : transformer cette réussite économique et populaire en points au classement. Vannes n’avait pas réussi à décrocher le bonus offensif lors de sa précédente rencontre délocalisée au Roazhon Park.
Olivier Cloarec assure néanmoins que le staff soutient cette stratégie :
« Le staff n’a jamais été contre ces organisations de match ailleurs. »

