La Fédération fidjienne réclame jusqu’à 50 000 euros par joueur aux clubs français !
La Fédération fidjienne réclame jusqu’à 50 000 euros par joueur aux clubs français !
Le lundi 21 septembre 2026 à 10:37 par David Demri
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Une quinzaine de joueurs fidjiens évoluant en Top 14 et en Pro D2 se sont retrouvés cet été au cœur d’une bataille juridique et financière.
La Fédération fidjienne de rugby (FRU) exige le versement d’indemnités de formation, pouvant atteindre 50 000 euros par joueur révèle Midi Olympique dans son édition de ce lundi.
Saisi du dossier, World Rugby pourrait trancher dans les prochaines semaines.
Le sujet est sensible et agace le rugby professionnel français. Plusieurs clubs sont concernés, parmi lesquels Vannes, Castres, Aurillac, Mont-de-Marsan ou encore Provence Rugby. En cause : la volonté de la FRU d’obtenir, comme le prévoit le règlement de World Rugby, des indemnités de formation pour ses joueurs recrutés à l’étranger avant de régulariser leur situation.
Deux mécanismes à ne pas confondre
Pour comprendre l’imbroglio, il faut distinguer deux dispositifs prévus par World Rugby.
D’un côté, la lettre de sortie, ou « clearance ». Ce quitus administratif est indispensable pour valider une mutation internationale. Il atteste que le joueur est libre de tout contrat et ne fait l’objet d’aucune sanction disciplinaire. Il est délivré sans contrepartie financière lorsque le joueur arrive en fin de contrat. Dans le cas contraire, le club acquéreur doit s’acquitter d’une somme négociée entre les parties.
De l’autre, les indemnités de formation. Il s’agit d’un montant compensatoire que la fédération d’origine peut réclamer. Jusqu’à récemment, la Fédération fidjienne ne le faisait qu’à la marge, sans réellement se battre pour les obtenir.
Le coup de force de la FRU
Portée par une nouvelle gouvernance, la FRU a changé de ligne au cœur de l’été dernier. Constatant le départ répété de ses jeunes talents vers l’Europe ou l’Océanie sans aucun retour financier, elle a décidé de bloquer la délivrance des lettres de sortie tant que les indemnités de formation réclamées, parfois jusqu’à 50 000 euros par joueur, n’étaient pas réglées par les clubs acquéreurs.
Concrètement, les clubs ayant recruté un joueur fidjien, qu’il ait évolué la saison passée aux Fijian Drua, unique franchise professionnelle du pays, ou dans le championnat national, s’étaient acquittés d’une indemnité de sortie. Mais les responsables de la fédération fidjienne ont, dans un premier temps, refusé de délivrer les clearances.
Les instances françaises montent au créneau
Face à cette impasse qui menaçait le début de saison, les instances françaises ont dû intervenir. Après plusieurs discussions et des rappels aux textes officiels, la FRU a finalement délivré l’ensemble des lettres de sortie en août. Les joueurs concernés ont ainsi pu être alignés dès les premières journées de championnat.
Selon les règles de World Rugby, le non-paiement d’une indemnité de formation ne peut en effet en aucun cas bloquer la mutation administrative d’un joueur libre.
World Rugby saisi du dossier
Si les joueurs sont désormais qualifiés, le problème de fond n’est pas réglé pour autant. Les réclamations financières de la FRU n’ont pas disparu. Le dossier a été transmis au service juridique de World Rugby, chargé d’examiner chaque situation. L’objectif est de vérifier si les montants exigés par les Fidji respectent les barèmes et les critères réglementaires.
Une issue attendue d’ici quelques semaines
Cette affaire met en lumière un déséquilibre récurrent du recrutement international. Les clubs français se félicitent de former des pépites repérées dès l’âge de 16 ou 17 ans dans le Pacifique, tandis que les fédérations insulaires, aux moyens limités, peinent à tirer profit de leur travail de détection initial.
Le dossier, qui devrait trouver son épilogue d’ici quelques semaines, pourrait conduire World Rugby à revoir ses règles et à imposer aux clubs le versement de ces indemnités.
La question dépasse d’ailleurs le seul cas fidjien. La Fédération australienne réclame elle aussi, depuis plusieurs mois, une indemnité de formation à trois clubs professionnels français. Un contentieux également entre les mains de World Rugby. .
En cas de durcissement du règlement, les clubs français pourraient être amenés à revoir leur politique de recrutement.
Affaire à suivre…


C’est pas nouveau, j’ai souvenir qu’il y a 15 ans la fédération roumaine faisait payer pour débloquer les licences de joueurs amateurs en France…