Jusqu’à 50 000 euros par joueur : plusieurs clubs français rattrapés par un dossier imprévu !
Jusqu’à 50 000 euros par joueur : plusieurs clubs français rattrapés par un dossier imprévu !
Le mercredi 23 septembre 2026 à 22:26 par David Demri
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Une quinzaine de joueurs fidjiens recrutés par des clubs français se retrouvent au centre d’un sérieux bras de fer financier. Selon Midi Olympique, la Fédération fidjienne réclame désormais des indemnités de formation pouvant atteindre 50 000 euros par joueur. Vannes, Castres, Aurillac, Mont-de-Marsan ou encore Provence Rugby font partie des clubs concernés, tandis que World Rugby a été saisi du dossier.
La situation a même menacé de perturber le début des championnats. Durant l’été, la Fédération fidjienne de rugby (FRU) a dans un premier temps refusé de délivrer certaines lettres de sortie tant que les sommes réclamées n’étaient pas réglées.
Jusqu’à 50 000 euros réclamés
Le cœur du conflit repose sur une distinction importante. Pour rejoindre un club dans un autre pays, un joueur doit obtenir une lettre de sortie, également appelée « clearance ». Celle-ci permet notamment de confirmer qu’il est libre contractuellement et qu’aucune sanction disciplinaire ne l’empêche de changer de fédération.
À côté de cette procédure existent les indemnités de formation que peut réclamer la fédération d’origine du joueur.
Pendant longtemps, les Fidji n’ont que très peu utilisé ce mécanisme. Mais avec sa nouvelle gouvernance, la FRU a décidé de changer radicalement de stratégie.
Elle entend désormais obtenir une compensation financière lorsque des talents formés dans le pays partent poursuivre leur carrière à l’étranger. Pour certains dossiers, les demandes atteindraient ainsi 50 000 euros par joueur.
Les lettres de sortie ont finalement été délivrées
La situation s’est tendue lorsque la FRU a voulu conditionner la délivrance des lettres de sortie au paiement de ces indemnités.
Un problème majeur pour les clubs concernés puisque, sans cette clearance, les nouvelles recrues ne pouvaient pas être régulièrement alignées.
La Ligue et la Fédération française sont alors intervenues. Après des échanges et des rappels de la réglementation, les Fidji ont finalement délivré toutes les lettres de sortie à la fin du mois d’août.
Les joueurs ont ainsi pu participer normalement au début de saison.
En effet, selon le règlement de World Rugby présenté dans ce dossier, le non-paiement d’une indemnité de formation ne permet pas de bloquer administrativement le transfert international d’un joueur libre.
World Rugby doit désormais trancher
Si le problème sportif immédiat a été réglé, la bataille financière, elle, continue.
La Fédération fidjienne n’a pas abandonné ses demandes. Les différents dossiers sont désormais étudiés par le service juridique de World Rugby, qui doit notamment déterminer si les sommes réclamées correspondent aux critères et aux barèmes réglementaires.
L’enjeu dépasse d’ailleurs les seuls Fidji puisque l’Australie réclamerait également depuis plusieurs mois des indemnités de formation à trois clubs professionnels français. Là encore, World Rugby est saisi.
Le recrutement des clubs français pourrait être impacté
L’issue de ces dossiers est particulièrement surveillée en France.
Les clubs professionnels recrutent régulièrement de très jeunes joueurs dans le Pacifique, parfois dès 16 ou 17 ans, avant de poursuivre leur formation en France. De leur côté, les fédérations d’origine cherchent désormais à obtenir une compensation pour le travail de détection et de formation effectué avant leur départ.
Si World Rugby devait confirmer ou renforcer le principe de ces indemnités, recruter certains jeunes talents étrangers pourrait devenir nettement plus coûteux pour les formations de Top 14 et de Pro D2.
Avec une quinzaine de joueurs déjà concernés dans le seul dossier fidjien et des demandes pouvant grimper jusqu’à 50 000 euros, la décision attendue dans les prochaines semaines pourrait donc peser directement sur les futures stratégies de recrutement des clubs français.

