Les superbes anecdotes des joueurs de Vannes sur leur premier match à Mayol, en 2024
Les superbes anecdotes des joueurs de Vannes sur leur premier match à Mayol, en 2024
Le samedi 26 septembre 2026 à 11:35 par David Demri
Publicité
Le 28 septembre 2024 restera une date particulière pour Simon Bourgeois, Timothé Mézou, Robin Taccola et Jean Cotarmanac’h. Ce jour-là, les quatre jeunes joueurs issus du centre de formation de Vannes découvraient le Top 14 ensemble sur la pelouse de Mayol. Presque deux ans jour pour jour plus tard, ils retrouvent Toulon avec un statut qui a profondément changé.
Le calendrier offre un joli clin d’œil aux quatre Vannetais.
Le 28 septembre 2024, Vannes disputait la quatrième journée de la première saison de Top 14 de son histoire. Le staff avait choisi le déplacement à Toulon pour effectuer sa première véritable rotation.
Bourgeois et Mézou avaient alors 22 ans. Taccola et Cotarmanac’h seulement 19. Ils se sont confiés via Télégramme avant de défier le RCT à Mayol.
« Des millions de rugbymen rêvent de jouer à cet endroit »
Pour Bourgeois, découvrir l’élite dans un stade comme Mayol avait une saveur toute particulière.
Le pilier se souvient encore de ce premier grand rendez-vous :
« C’était un rêve qui se réalisait. Pouvoir jouer en Top 14, en plus à Toulon, dans un stade mythique, contre une équipe historique que tu regardais quand tu étais gamin. Des millions de rugbymen rêvent de jouer à cet endroit. »
L’expérience était d’autant plus forte que plusieurs joueurs se connaissaient depuis les catégories de jeunes.
Cotarmanac’h se rappelle ce déplacement vécu entre anciens partenaires :
« On était entre copains : contre Corentin, avec Tim, Simon, Robin, Léon (Boulier)… Des mecs avec qui on avait joué en espoirs. »
Parmi eux se trouvait donc Corentin Mézou, petit frère de Timothé et meilleur ami de Taccola, passé par Vannes avant de rejoindre le RCT durant l’été 2023.
Pour Taccola, le contexte était également très familial :
« C’était encore plus spécial parce qu’on est tous attachés à Corentin Mézou. Moi, en plus, j’ai mes grands-parents près de Toulon. Ils étaient venus me voir, mes parents étaient descendus. J’en garde de super souvenirs. »
Face à Priso puis Gros : « Tu ne peux pas t’échapper »
Mais une fois le match commencé, les souvenirs et les amitiés avaient laissé place à un immense défi sportif.
Pour ces jeunes joueurs, cette rencontre devait surtout permettre de savoir s’ils étaient capables de rivaliser avec des internationaux.
Bourgeois s’était notamment retrouvé confronté à Dany Priso en mêlée.
Un baptême du feu particulièrement relevé :
« On avait à cœur de montrer qu’on avait le niveau et qu’on pouvait être des joueurs de ce niveau-là. Tu te dis que tu ne peux pas t’échapper mais en même temps c’est excitant. Sur le banc, c’était JB Gros, ce n’était pas beaucoup plus facile (rire). »
Et pendant longtemps, Vannes avait fait beaucoup mieux que résister.
Les Bretons menaient même 19-14 en début de seconde période avant que la rencontre ne bascule complètement.
L’entrée de Baptiste Serin les avait bluffés
Avec notamment l’entrée de Baptiste Serin, Toulon avait totalement renversé la rencontre. Le RCT avait inscrit 40 points en seulement 25 minutes pour finalement s’imposer 54-19.
Cotarmanac’h n’a pas oublié l’impact du demi de mêlée Toulonnais.
Deux ans après, il reste marqué par ce qu’il avait vu :
« Quand il est entré, c’était fou. Je n’avais jamais vu ça auparavant. Un mec qui arrive à changer le cours du match comme ça en 20 minutes, c’était assez impressionnant. »
Serin lui avait également réservé une attention particulière après la rencontre.
Un geste que celui qui est depuis devenu international Uruguayen n’a pas oublié :
« Serin m’avait dit qu’il m’avait vu avec les U20 et qu’il me souhaitait bonne chance pour ma carrière. Il m’avait fait une accolade hyper sympa. Ça m’avait forcément beaucoup marqué parce que c’était un geste de classe. »
Bourgeois avait lui aussi bénéficié des conseils d’un international Toulonnais.
« J’avais parlé avec Priso après le match, il m’avait félicité et donné deux-trois conseils sur la mêlée. »
« Ça a permis de prendre confiance »
Malgré la lourdeur du score final, cette première expérience avait surtout convaincu les jeunes Bretons qu’ils pouvaient exister à ce niveau.
Taccola en avait retiré une certitude importante :
« Ça a permis de prendre confiance, de nous rendre compte qu’on avait le niveau. »
Un constat partagé par Bourgeois.
« On a pu se montrer et je pense que ça a donné confiance au staff. »
La suite leur a donné davantage de responsabilités. Mézou a disputé 19 rencontres de Top 14 cette saison-là, Taccola 17 et Bourgeois neuf avant d’être freiné par une blessure. Cotarmanac’h a obtenu trois apparitions en Top 14 et trois autres en Challenge Cup derrière Lafage, utilisé lors de 25 des 26 journées de championnat.
Tous les quatre ont ensuite participé à la conquête d’un nouveau titre de Pro D2.
« On n’a plus l’excuse d’être jeunes »
Deux ans après leurs premiers pas à Mayol, leur statut n’est donc plus du tout le même.
Le staff Vannetais a même intégré Taccola et Mézou au groupe des leaders cette saison.
Bourgeois mesure parfaitement cette évolution :
« À l’époque, j’étais encore le jeune qui essaye de prouver qu’il a sa place. Maintenant, il y a plus d’attente. On n’a plus l’excuse d’être jeunes, en tout cas. »
Samedi, Mayol servira donc de point de comparaison entre les jeunes joueurs qu’ils étaient en septembre 2024 et ceux qu’ils sont devenus.
Mézou résume parfaitement l’enjeu de ces retrouvailles :
« On va pouvoir voir à quel niveau on est aujourd’hui. »


Serin, mon idole
Taccola, n’a-t-il pas refusé de signer au RCT…
Ses grands parents sur place et coco Mézou jouant au RCT, un cadre favorable pour s’épanouir !