« Je le trouvais un peu hautain, prétentieux » : Esteban Capilla ne faisait pas l’unanimité à Bayonne

« Je le trouvais un peu hautain, prétentieux » : Esteban Capilla ne faisait pas l’unanimité à Bayonne

Le mercredi 30 septembre 2026 à 16:10 par David Demri

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Esteban Capilla ne passe pas inaperçu. Sur le terrain, bien sûr, mais également dans un vestiaire. À 23 ans, le troisième ligne de Bayonne, qui rejoindra Toulouse la saison prochaine, possède un caractère bien trempé et une ambition qu’il ne cherche pas à dissimuler.

Au point de parfois donner une drôle de première impression. Baptiste Chouzenoux reconnaît ainsi l’avoir trouvé « un peu hautain, prétentieux » lors de leurs premiers échanges. Mais derrière cette image se cache, selon ceux qui le côtoient, un joueur particulièrement attachant et rassembleur.

À Bayonne, le caractère d’Esteban Capilla n’est un secret pour personne.

Philippe Tayeb en fait même l’une des forces du troisième ligne. Pour le président de l’Aviron, une équipe ne peut pas être uniquement composée de joueurs qui ne dépassent jamais du cadre.

« Si tu n’as que des gentils ou des sages… »

Philippe Tayeb assume pleinement la personnalité atypique de son joueur, même si son ambition peut parfois dérouter. Il s’est confié pour Midi Olympique :

« C’est un garçon atypique. Il peut interpeller, mais il faut ce type de garçon dans un collectif ! Si tu n’as que des gentils ou des sages, qui restent dans le moule, tu ne fais pas une équipe de rugby. Il faut des gros caractères. Son ambition peut être gênante pour certains coéquipiers, mais il a un côté très attachant et respectueux. »

Joël Rey a lui aussi découvert un joueur qui n’hésite pas à discuter, argumenter et répondre lorsqu’une explication ne le convainc pas.

Avec Capilla, mieux vaut savoir précisément ce que l’on veut lui demander.

« Pendant une discussion avec Esteban, il faut être franc, direct. Lorsque je lui disais des choses pour la touche, il les comprenait et faisait tout pour y arriver la fois d’après. Par contre, avec Esteban, il faut être sûr de ton explication, car si elle est moyenne, il peut avoir une réponse déconcertante, j’aime bien. »

Nicolas Morlaes, l’un de ses conseils depuis plusieurs saisons, apprécie justement cette répartie.

« On s’entend bien aussi par rapport à ça, car on aime se défier sur des joutes verbales. »

Baptiste Germain résume de son côté :

« Il a une aura, il est très à l’aise là-dedans. Ça fait son personnage, sa force. »

Même Travers et Tayeb n’y échappent pas

Capilla est décrit par Philippe Tayeb comme « taquin et chambreur ». Et son statut ou celui de son interlocuteur ne semble pas véritablement entrer en ligne de compte.

Joël Rey l’a notamment vu s’attaquer verbalement à deux des hommes forts de l’Aviron.

Le troisième ligne n’hésite pas à chambrer jusqu’à son président ou son manager.

« Je l’ai vu en mettre à Laurent Travers ou Philippe Tayeb. De toute façon, il fonctionne comme ça ! Si tu le caresses dans le sens du poil, ça ne l’intéresse pas. »

Une personnalité qui peut forcément surprendre ceux qui débarquent dans son quotidien.

Baptiste Chouzenoux en a fait l’expérience.

« C’est qui ce mec ? »

Lorsque l’ancien joueur du Racing revient à Bayonne en 2024, Capilla est encore un jeune troisième ligne avec très peu d’expérience chez les professionnels.

Cela ne l’empêche absolument pas de se comporter avec Chouzenoux comme avec un coéquipier qu’il connaîtrait depuis des années.

Sa première impression n’a d’ailleurs pas été particulièrement flatteuse.

« Je le trouvais un peu hautain, prétentieux. “C’est qui ce mec ?” Il avait 20 ans, deux matchs avec le groupe professionnel, me parlait comme si j’étais son pote depuis dix ans, qu’il avait disputé 150 rencontres de Top 14 et qu’il était au club depuis dix ans. Limite il m’apprenait des choses sur la touche. »

Mais Chouzenoux va rapidement comprendre que cette attitude correspond simplement au personnage.

Une fois la première impression dépassée, son regard sur Capilla a radicalement évolué.

« Au début, ça peut surprendre, mais il est comme ça, il l’assume complètement et ça en devenait rigolo. Tu peux te dire “c’est qui cet orgueilleux ?”, mais en fait, il est très attachant, dynamique et rassembleur, car il fait le lien avec tout le monde, les jeunes, les anciens, les étrangers. »

« Ce n’est pas de l’ego mal placé »

Capilla ne cherche d’ailleurs pas lui-même à masquer son ambition.

Lorsqu’il est convoqué avec le groupe France sans obtenir de première sélection, sa réaction en dit beaucoup : « J’étais content d’être dans les 42, mais pas satisfait. »

Et lorsqu’on l’interroge sur son caractère, le troisième ligne assume.

Pour lui, cette confiance n’est pas une manifestation d’arrogance.

« Ce n’est pas de l’ego mal placé. C’est de l’ego malgré moi. Je ne me laisse pas marcher dessus. Je n’aime pas me faire piétiner. »

Joël Rey raconte une autre anecdote révélatrice. Lorsque Capilla découvre le capitanat à Bayonne en fin de saison dernière, il ne présente pas cette responsabilité comme un aboutissement inattendu.

« Il y a des gens qui auraient dit que c’est un honneur. Pour lui, c’était normal. Peu de joueurs réfléchissent comme ça. »

« On peut penser qu’il a le boulard »

Cette personnalité lui a parfois valu une réputation de joueur ayant « la grosse tête ».

Une image que ceux qui le connaissent réfutent.

Joris Segonds reconnaît avoir entendu ces critiques, mais livre une description très différente de son coéquipier.

« J’ai entendu des joueurs dire cela, mais il faut le connaître, c’est Esteban, quoi ! Il a des attitudes qui peuvent paraître nonchalantes, on peut penser que c’est un râleur, mais c’est un amour qui a une connerie en lui. »

Joël Rey insiste lui aussi sur la différence entre l’image renvoyée par Capilla et ce qu’il perçoit réellement chez le joueur.

Son ancien entraîneur voit surtout derrière cette attitude une détermination particulièrement importante.

« Il a une motivation et une détermination énormes. On peut penser qu’il a le boulard, mais ce n’est pas ça. Il est tout simplement déterminé et il sait ce qu’il veut. Ce n’est pas Jésus, c’est Esteban… Dans une carrière, des mecs te marquent par leur façon de jouer, d’être dur. Lui, c’est d’abord par sa personne et ensuite, il le prouve sur le terrain. »

Baptiste Chouzenoux le résume plus simplement encore : « Il a confiance en lui, il prend de la place. »

Tayeb monte au créneau

Philippe Tayeb refuse également de confondre ambition et prétention.

Le président Bayonnais défend très clairement son joueur face à ceux qui lui reprochent son ego.

« Aujourd’hui, dès que tu dis quelque chose qui sort du moule, on dit que tu as la grosse tête. C’est un jugement qui est porté par des gens qui n’ont pas sa dimension, son talent ou son ambition. Ceux qui n’ont pas de capacité critiquent ceux qui en ont, et je n’ai jamais vu un grand joueur ne pas avoir d’ego ou une forme d’ambition forte. »

Un avis partagé par Nicolas Morlaes.

« Ceux qui lui collent cette image se sont arrêtés à la superficialité du personnage, ils n’ont pas eu le temps de creuser. Je peux vous dire qu’Esteban est quelqu’un d’extrêmement attachant et profondément généreux pour les gens qu’il aime. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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3 Commentaires

  1. 2passage 30 septembre 2026 at 16h- Répondre

    Le ST va avoir son Pollock !!!! Gare au retour de bâton !

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  2. Aluminium 30 septembre 2026 at 17h- Répondre

    Au stade il n’y a que des compétiteurs et des chambreurs, il va être comme un poisson dans l’eau.

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  3. Longo 30 septembre 2026 at 19h- Répondre

    C est donc normal qu il aille à Toulouse