Cheikh Tiberghien pousse un gros coup de gueule : « Cela aurait pu être très, très grave ! »

Cheikh Tiberghien pousse un gros coup de gueule : « Cela aurait pu être très, très grave ! »

Le jeudi 1 octobre 2026 à 15:12 par David Demri

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Cheikh Tiberghien n’est pas convaincu par l’évolution des duels aériens. L’arrière de Bayonne juge notamment « vraiment discutable » le carton rouge reçu par Yohan Orabé contre Pau et estime que la suppression des escortes a ajouté de la dangerosité. Un sujet qu’il observe désormais aussi avec un regard différent : celui d’un homme devenu papa d’une petite fille il y a seulement quelques semaines.

Le carton rouge reçu par Yohan Orabé contre Pau continue de faire réagir Cheikh Tiberghien.

Habitué à évoluer à l’arrière et donc particulièrement exposé aux duels aériens, le Bayonnais s’interroge sur la manière dont ces situations sont aujourd’hui arbitrées.

Et son avis est particulièrement tranché.

« Je trouve ça catas »

Tiberghien prend pour exemple deux ballons hauts qu’il a lui-même disputés contre le Racing.

Sur l’un d’eux, il estime avoir vécu une situation très proche de celle ayant entraîné l’expulsion de son coéquipier. Avec une différence essentielle : sa chute n’a pas été aussi spectaculaire.

Pour lui, la sanction semble trop souvent conditionnée par la conséquence finale du duel plutôt que par l’action elle-même comme il l’explique pour Midi Olympique.

« Je trouve ça “catas”… Je ne veux pas faire le rabat-joie parce que c’est Bayonne et qu’on va dire que je suis de mauvaise foi, mais je trouve que c’est vraiment discutable. Face au Racing, j’ai eu deux ballons hauts. Le premier, je l’ai nickel. Le second, on l’a regardé sous tous les angles avec Nick Abendanon. C’est exactement la même action qu’à Pau. Je saute avant l’ailier du Racing, je saute plus haut que lui. Il me tape, me prend le bras en l’air et je tombe sur l’épaule. Ce n’est pas spectaculaire, je ne tombe pas sur la tête, donc il ne se passe rien. Si je tombe sur la tête, est-ce qu’il n’y a pas rouge aussi ? Les sanctions sont beaucoup influencées par la finalité du duel aérien. »

Tiberghien reconnaît néanmoins toute la difficulté de juger ce type d’action à vitesse réelle.

Son inquiétude porte surtout sur la sécurité des joueurs depuis l’évolution des règles entourant les ballons hauts.

« Cela aurait pu être très, très grave »

La suppression des escortes est particulièrement ciblée par l’arrière de Bayonne.

À ses yeux, cette évolution a augmenté les risques lors des duels. Il cite notamment le cas de Théo Attissogbe pour illustrer la violence que peuvent atteindre certaines situations.

Tiberghien ne remet pas en cause la volonté de favoriser le spectacle, mais estime que l’arbitrage doit évoluer en conséquence.

« Après, ça va tellement vite… Je ne dis pas que c’est facile à arbitrer, mais je trouve que cette règle n’est pas claire. Déjà, le fait d’avoir enlevé les escortes a rajouté de la dangerosité. Regardez Théo Attissogbe ! Il est costaud, parce qu’il peut se faire très mal. Cela aurait pu être très, très grave. Que veut-on ? Plus de spectacle, oui, mais dans ce cas-là, il faut que l’arbitrage aille avec. Je ne vais rien changer du tout, mais vous me demandez mon avis et je pense que c’est vraiment une règle, dans le rugby, qu’il faudrait discuter. »

Et Tiberghien ne se contente pas de pointer le problème. Il avance également une piste : réintroduire les escortes.

Tiberghien voudrait associer les joueurs aux décisions

Selon lui, leur retour permettrait de mieux protéger les joueurs sans nécessairement supprimer la possibilité de disputer les ballons.

Mais l’arrière va plus loin.

Il aimerait que ceux qui écrivent les règles puissent directement échanger avec les principaux concernés, en faisant par exemple participer des internationaux de plusieurs pays aux discussions.

Tiberghien estime que l’enjeu concerne autant l’arbitrage que la santé des joueurs.

« Le retour des escortes permettrait d’assurer une protection physique, pure et dure. Ça n’empêcherait pas d’aller au duel si l’ailier va plus vite. Il y aurait moins ce choc brutal en l’air. Il suffit d’une demi-seconde pour que tu fasses basculer l’autre. En fait, ce serait bien que ceux qui font les règles prennent les internationaux, peut-être un joueur de chaque pays, je ne sais pas, pour discuter de ça. Thomas Ramos en parlait par rapport à la règle des 45 secondes. Pour les ballons aériens, c’est un secteur qui fait beaucoup parler aujourd’hui, pour l’arbitrage ou la santé. Ça peut être discuté avec certaines personnes, des joueurs, des coachs… »

Un discours qui pourrait paraître paradoxal venant de Tiberghien.

Car lui-même adore ces affrontements dans les airs.

« Moi, j’aime taper en haut »

Le Bayonnais ne réclame absolument pas la disparition des duels physiques.

Au contraire, il explique travailler spécifiquement cet aspect de son jeu, au point de chercher parfois davantage à remporter le contact qu’à attraper directement le ballon.

Mais il estime que les évolutions récentes ont considérablement compliqué la tâche des arrières.

« Ah mais moi j’aime bien ça ! Je vous parle vraiment d’un regard extérieur, comme si j’étais parent d’un joueur. Moi, j’aime taper en haut. Bon, bien sûr, je ne veux pas tomber sur la tête, mais je travaille pour gagner le contact physique, presque limite plus que le ballon. Sans escorte, avec les ailiers qui viennent de plus en plus haut et qui montent avec une seule main pour faire une claquette, en étant à l’arrière, c’est devenu très dur d’attraper le ballon. Si tu arrives en même temps que le mec, c’est quasiment impossible. Il faut donc bosser le contact en haut pour gagner le duel physique. »

Cette référence au regard d’un parent n’est d’ailleurs pas anodine.

Cheikh Tiberghien vient lui-même de découvrir la paternité.

Une petite fille et des nuits désormais bien différentes

Au moment de cet échange, sa fille était née depuis seulement deux semaines.

Un bouleversement qui commence déjà à modifier son organisation quotidienne, notamment autour d’un élément essentiel pour un sportif professionnel : le sommeil.

Une fois l’entraînement terminé, ses priorités ne sont désormais plus exactement les mêmes.

« Ça change beaucoup au niveau du sommeil (sourire). Ça fait deux semaines, depuis mardi. C’est tout récent, tout frais. J’apprends. Je ne vais pas vous faire de grands discours là-dessus, mais ça change sur la façon de voir certaines choses, de penser ta vie en dehors du rugby. Maintenant, quand je finis l’entraînement, je rentre chez moi. Je ne vais pas faire un paddle ou boire un café, car on m’attend à la maison, ma compagne a besoin d’aide. »

La difficulté consiste désormais à concilier cette nouvelle responsabilité avec les exigences de son métier.

Tiberghien souligne notamment la nécessité de récupérer suffisamment tout en voulant pleinement participer aux premières semaines de son enfant.

« Dans ce milieu-là, où il n’y a pas de congé paternité, ça fait des semaines compliquées. Bon, après je ne me voyais pas m’arrêter pendant 40 jours ! Il faut s’adapter, notre corps, c’est notre outil de travail. S’il y a bien un truc qui est impactant à la naissance, c’est le sommeil. Il faut trouver le juste milieu entre être là (tu as envie de t’occuper de ton enfant) et réussir à se reposer pour être en forme lors des entraînements ou des matchs. C’est délicat, mais beaucoup de monde y passe, ça finit par rentrer. »

« Avant, on parlait peut-être de la dernière bringue »

Dans le vestiaire Bayonnais, Cheikh Tiberghien peut compter sur quelques coéquipiers confrontés aux mêmes problématiques.

Joris Segonds et Alexandre Fischer ont eux aussi récemment accueilli un enfant.

Et forcément, les conversations ont quelque peu évolué.

Tiberghien s’amuse du changement radical de certains sujets de discussion entre jeunes pères.

« Ah mais même encore aujourd’hui, on en parle. Avant, on parlait peut-être de la dernière bringue. Là, on parle de la nuit du bébé. Aucun bébé n’est pareil, mais la vie d’une famille avec un nouveau-né se ressemble beaucoup. Je ne vais pas dire que j’étais prêt, car tant que tu n’en as pas, tu n’es pas prêt, mais je savais à quoi m’attendre. Mon frère en a eu un aussi. Je connaissais du monde qui en avait eu récemment. C’est pareil, un peu pour tout le monde, après quand tu as une femme qui allaite, ça allège un peu, mais ce n’est quand même pas facile. »

Pour autant, le Bayonnais refuse pour l’instant d’affirmer que cette naissance l’a totalement transformé.

« Façon de parler, c’est à peine si je me rends compte que j’ai une fille. C’est vraiment tout frais. Je ne peux pas vous dire que ça a fait un changement complet, dans mon “mindset”, que j’ai switché, non. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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1 Commentaire

  1. Batigol 1 octobre 2026 at 16h- Répondre

    Il aime bien les duels, de mémoire il avait atomiser G Drean en l’air c’était très moche et on a eu tous peur pour lui… alors son avis mouais

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