« Le jour du match, ça va un peu moins bien » : Baptiste Delaporte raconte sa relation particulière avec les Toulousains
« Le jour du match, ça va un peu moins bien » : Baptiste Delaporte raconte sa relation particulière avec les Toulousains
Le vendredi 2 octobre 2026 à 10:38 par David Demri
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Pour Baptiste Delaporte, Castres – Toulouse ne se résume pas à quatre-vingts minutes de Top 14. Le capitaine du CO s’apprête à disputer son 14e derby chez les professionnels, après en avoir déjà vécu une multitude dans les catégories de jeunes.
Une rivalité construite depuis l’enfance, avec une particularité amusante : à force de croiser les Toulousains en sélection, certaines frontières ont fini par tomber. Jusqu’au coup d’envoi seulement.
Baptiste Delaporte connaît presque le derby par cœur.
Depuis 2018, son bilan chez les professionnels est même positif avec sept victoires pour six défaites face au Stade Toulousain. Mais son histoire avec le voisin Haut-Garonnais a commencé bien avant.
Chez les jeunes déjà, Castres – Toulouse constituait un rendez-vous à part. Sauf qu’une fois les matchs terminés, les meilleurs éléments des deux clubs se retrouvaient régulièrement sous le même maillot en sélection Midi-Pyrénées.
De quoi rendre la rivalité beaucoup moins simple qu’elle n’y paraît.
« À un moment donné, il faut leur serrer la main, faire la bise »
Avec le sourire, Delaporte reconnaît ainsi qu’il existe toujours une frontière avec certains Toulousains. Beaucoup moins avec ceux de sa génération.
Les années passées ensemble dans les sélections régionales ont forcément créé des liens comme il l’explique pour RMC Sport :
« Alors avec ceux qui ne sont pas de ma génération, il y a une belle frontière, je pense. Après, les autres, malheureusement ou heureusement, je ne sais pas comment tu peux dire, moi, je crois que c’est mon quatorzième derby professionnel mais j’en ai joué quasiment autant ou deux fois plus en jeune. Et le problème, c’est que quand tu joues en jeune, tu vas vite en sélection Midi-Pyrénées. Et quand tu es en sélection Midi-Pyrénées, 80 % de l’équipe, c’est le Stade Toulousain ! Alors si tu as envie de t’intégrer et de faire des bons matchs, à un moment donné, même s’il y a une barrière, il faut leur serrer la main, faire la bise. Forcément, les barrières tombent un peu. »
Quelques noms reviennent naturellement.
Peato Mauvaka fait partie des Toulousains avec lesquels le troisième ligne s’entend bien. Il cite également Selevasio Tolofua, désormais parti, ainsi que Paul Graou.
Et puis il y a deux joueurs dont l’histoire est directement liée à Castres : Antoine Dupont et Anthony Jelonch.
Des connaissances et parfois des amis qui redeviennent surtout des adversaires pendant quatre-vingts minutes.
« J’ai quelques mecs de ma génération ou autour avec qui je m’entends bien là-bas. Je pense à Peato Mauvaka. Avant, il y avait Selevasio Tolofua, qui est parti. Moi, c’était ma génération. Paul Graou aussi, qui n’était pas à Toulouse mais que je connaissais d’avant. Après, à part ces mecs-là… Antoine Dupont, évidemment, parce qu’il a joué ici, tout comme « Antho » Jelonch. Je connais, bien sûr, deux ou trois mecs là-bas. En général, ça va. Mais le jour du match, ça va un peu moins bien. »
Un derby que Delaporte veut absolument préserver
Cette rivalité possède d’autant plus de valeur aux yeux du capitaine Castrais qu’il a connu différentes périodes.
Lorsqu’il était jeune, Toulouse dominait largement les confrontations. Puis Castres a progressivement réussi à rééquilibrer les débats.
Delaporte a notamment vécu les années durant lesquelles le CO est allé gagner chez son voisin et a même réussi à s’imposer lors d’un barrage à Toulouse.
Pour lui, c’est précisément cette capacité de Castres à résister qui a permis de redonner toute sa saveur au derby.
Voilà pourquoi le match de samedi dépasse presque la simple nécessité de prendre des points.
« Franchement, en catégories jeunes, c’était très épicé. Après, j’ai eu une chance incroyable. Car moi, quand j’étais jeune, je regardais les matchs Toulouse-Castres et le derby était un peu compliqué parce que Toulouse était quand même très au-dessus. Un peu comme aujourd’hui, finalement. Mais durant mes premières années chez les pros, quand j’ai commencé à monter, c’était dans un cycle où on avait réussi à gagner chez eux. On avait fait des belles perfs, gagné des matchs. On a remporté un quart de finale en barrage chez eux. En fait, finalement, c’était cette période-là où le derby a été recréé, quasiment ravivé. C’est pour ça que, pour moi, c’est très important qu’on fasse un gros match contre eux et qu’on arrive à être au niveau de cette grande équipe. Pour pouvoir continuer à faire vivre ce derby dans les deux camps. »
« Les mecs se transformeront le jour du match »
Cette fois, Castres aborde justement le rendez-vous dans une situation délicate.
Le CO sort d’une prestation décevante à Clermont et Delaporte pointe surtout le manque de constance de son équipe depuis le début de saison. Selon lui, les Tarnais ont été capables de produire vingt minutes de très haut niveau avant de retomber pendant vingt autres minutes.
Plus qu’une simple « étincelle », il réclame donc de la continuité.
Mais il sait aussi que l’atmosphère d’un Castres – Toulouse peut provoquer quelque chose de différent.
Le capitaine attend notamment de voir la réaction de ceux qui vont découvrir ce rendez-vous.
« C’est un peu dur parce qu’on sort d’un match pas très bon à Clermont. Je pense que les mecs étaient concentrés à faire une meilleure semaine tout simplement. Je dois t’avouer qu’on parle quand même du derby, au sein de notre vestiaire, mais je pense que les mecs se transformeront le jour du match. Le moment de l’arrivée du bus, c’est un moment important. Il y a des mecs qui n’ont jamais joué. Je pense à Chris Gabriel et à Hamish Watson. J’espère qu’ils vont être un peu choqués de tout ce qui se passe autour. »
Pour Delaporte, l’enjeu est aussi sportif. Castres cherche encore la régularité qui lui manque pour véritablement lancer sa saison et ce derby représente un défi de caractère.
Un rendez-vous que le capitaine Castrais veut voir provoquer quelque chose dans son groupe.
« Oui, on a commencé à en parler un peu. Honnêtement, ça va être un gros défi, de caractère aussi. Il y a beaucoup d’attentes de la part du club sur nous les joueurs. Et ça m’excite personnellement. J’ai envie que ça excite un peu tous les 23 qui seront sur la feuille de match. »

