« Le jeu ne progresse pas » : le constat préoccupant de Sébastien Bruno sur le RCT

« Le jeu ne progresse pas » : le constat préoccupant de Sébastien Bruno sur le RCT

Le mardi 6 octobre 2026 à 7:22 par David Demri

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Le RCT pouvait-il réellement espérer mieux à Montpellier ? Invité de Tribune Mayol sur BFM Toulon, Sébastien Bruno a livré une analyse détaillée du lourd 28-0 encaissé par les Rouge et Noir.

L’ancien talonneur estime que Toulon avait plutôt bien résisté durant la première période avant de progressivement s’éteindre. Jeu au pied défaillant, quatre pénaltouches non trouvées, banc dominé en mêlée et puissance Montpelliéraine : il identifie plusieurs explications. Mais son inquiétude principale est ailleurs : après cinq journées, il ne voit toujours pas le déclic attendu dans le jeu Toulonnais.

Sur le papier, le RCT avait pourtant de sérieux arguments à faire valoir.

Et malgré le score final, Sébastien Bruno refuse de jeter l’intégralité de la prestation Toulonnaise. À ses yeux, la première période avait même montré certaines choses intéressantes.

À seulement 6-0 à la pause, Toulon était encore pleinement dans la rencontre.

« Montpellier, ce n’est pas l’endroit le plus facile pour se relancer. Mais on avait quand même mis une équipe qui était belle sur le papier. On a montré des intentions en première mi-temps, on n’était pas dépassé. On était au score, à 6 – 0. On manque une pénalité, on a deux ballons portés près de leur ligne et on ne marque pas, c’est dommage car on était dans le match. »

« Montpellier concasse tout le monde devant »

Sébastien Bruno insiste notamment sur la puissance du pack Montpelliérain.

Toulon avait justement choisi d’aligner du poids et de la densité pour tenter de répondre à ce défi physique.

« Depuis l’année dernière, Montpellier concasse tout le monde devant. On avait mis du lourd en première mi-temps pour les contrer et on a bien fait. On a pris une pénalité sur mêlée mais ça arrive, il n’y avait pas de panique. »

Le problème est arrivé après la pause.

Le RCT a voulu continuer à déplacer le ballon face à une défense qui montait extrêmement rapidement.

Et les conditions météorologiques ont considérablement compliqué cette ambition.

« En seconde mi-temps, on s’attendait à mieux. On a essayé de jouer, de se faire des passes. Montpellier c’est une rush défense, ils montent très fort donc c’est difficile de prendre de la profondeur pour jouer derrière. C’était du jeu à une ou deux passes et on faisait tomber les ballons. Sur le jeu au pied on a été plus défaillant. Leur 10 et leur 15 nous ont mis sous pression et on ne s’en est pas sorti. »

« Quatre pénaltouches non trouvées, c’est démentiel ! »

C’est l’un des chiffres qui a particulièrement marqué Sébastien Bruno.

Toulon n’a pas réussi à trouver la touche sur quatre pénalités.

Dans une rencontre disputée sous une pluie battante, ces erreurs ont empêché le RCT de s’installer durablement dans le camp adverse et de se rassurer.

« On n’arrive pas à se rassurer, on prend souvent la pression et toute l’équipe prend un coup sur la tête. Je ne sais pas. Il faut prendre plus de temps, récupérer, s’appliquer. Mais il faut trouver la touche. On se met une balle dans le pied. Quatre pénaltouches non trouvées. Quatre, c’est démentiel ! »

Pour Bruno, les conditions exigeaient pourtant une stratégie relativement simple.

Il fallait occuper, mettre Montpellier sous pression et éviter de multiplier les prises de risques ballon en main.

« Il a plu des trombes d’eau donc pour contrôler la balle, c’est dur. Puis la défense de Montpellier monte très fort, tu n’as pas trop le temps de conserver la balle. Tu es sous pression tout le temps. C’était très dur de jouer. Il fallait envoyer de grandes quilles sur les ailiers, faire pression et rester chez eux. On n’a pas réussi. On a essayé de jouer et on s’est fait prendre. »

Toulon avait pourtant répondu dans le combat

Tout n’a pas été négatif dans le secteur défensif.

Sur les ballons portés notamment, Sébastien Bruno a aperçu de la solidarité et une équipe capable de répondre pendant une partie de la rencontre.

« Sur les ballons portés on récupère quelques ballons. On a senti un peu de solidarité. Mais Montpellier n’a pas fait trop de jeu. C’était du jeu à une passe et si tu te fais prendre sur du jeu à une passe, c’est que tu n’as pas envie de plaquer ou que tu subis car ils sont plus solides que toi. Mais là, on a été présent. »

Cette résistance n’a cependant pas duré.

« On s’est éteint petit à petit »

Au fil des erreurs, le rapport de force a basculé.

Sébastien Bruno estime notamment que les remplaçants Toulonnais n’ont pas réussi à apporter l’impact espéré en mêlée.

Montpellier a alors imposé sa puissance.

« On s’est éteint petit à petit au fil du match avec des erreurs à droite et à gauche. En mêlée, le banc qui est entré ne nous a pas apporté. On a subi les poussées de Montpellier. Tolofua fait 120 kilos, les deux piliers remplissaient bien leur maillot, on voyait qu’ils mangeaient bien. C’est du poids, ils sont lourd et il faut poser une certaine densité, on n’a pas su le faire. Sur les ballons portés on était bien organisé, mais ils ont avancé pratiquement tout le temps grâce à leur poids. Donc on a subi dans la dimension physique. »

L’ancien talonneur rappelle également que les conditions rendaient le secteur de la mêlée encore plus déterminant.

« La mêlée c’est collectif, mais le pilier droit est jeune, il faut qu’il apprenne. Il sera dans le dur contre de grosses mêlées c’est sûr. Parfois, les mêlées doivent juste être une remise en jeu. Mais là, avec le temps qu’il faisait, on savait que les mêlées allaient être des doubles poussées pour avoir une pénalité. C’était au plus costaud et au plus fort et Montpellier a été meilleur que nous. »

Damond, Ribbans et Kpoku épargnés

Sébastien Bruno a néanmoins tenu à mettre en avant plusieurs prestations individuelles.

Pierre Damond fait notamment partie des rares satisfactions identifiées malgré la lourde défaite.

« Pierre Damond enchaine les matches, il est costaud, il a lancé une touche pas droite mais dans l’ensemble, il a fait un super match surtout que le ballon était mouillé et en face ils ont Verhaeghe. »

David Ribbans et Junior Kpoku ont également été cités positivement.

« David Ribbans a été bon en première mi-temps, il a pris le ballon, il a fait avancer l’équipe. Junior Kpoku met les mains, il ralentit le ballon adverse. Mais après, Montpellier je les ai trouvé très agressifs dans les rucks, ils nous ont fait mal. »

« Si tu perds contre le Racing à Mayol, tu t’enfonces »

Le calendrier offre désormais au RCT l’occasion de provoquer ce fameux déclic.

Le Racing 92 se présentera à Mayol pour un match qui prend forcément davantage d’importance après quatre défaites Toulonnaises en cinq journées.

Sébastien Bruno refuse encore d’en tirer des conclusions définitives aussi tôt dans la saison.

Mais une nouvelle défaite à domicile commencerait sérieusement à peser sur le classement.

« Tous les matches sont des tournants mais si tu perds contre le Racing 92 à Mayol, tu t’enfonces dans le classement. On est très près donc je pense qu’on pourra faire un bilan à la fin des matches aller. Pour l’instant, on commence, tout est serré. »

Le contenu proposé depuis le début de la saison reste néanmoins sa principale préoccupation.

« On est déçu sur le contenu avec cette première défaite à la maison contre La Rochelle, ça ne fait pas plaisir. Le jeu ne progresse pas encore, on n’est pas là où on voulait être. On est un peu dans le dur. Pour l’instant, on ne voit pas de relance et c’est ce qui est inquiétant. »

Pour Bruno, rien n’est toutefois irréversible.

« Mais ça peut arriver, tout est mental, c’est le sport. Si on fait un beau match contre le Racing, à être constant et faire une surprise à l’extérieur, tout est relancé, tout est remis à zéro. Mais pour l’instant, on n’arrive pas à le déclencher. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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4 Commentaires

  1. Gg13 6 octobre 2026 at 08h- Répondre

    Belle analyse de ce Monsieur qui est toujours juste, sans colère ,sans amertume ni méchanceté gratuite…
    Un mec qui connait son sujet et les ressorts psychologiques du rugby de haut niveau.
    Ça change de la plupart des journalistes qui n’y connaissent souvent pas grand chose et qui s’expriment dans le but de faire réagir l’auditoire, faire de la polémique et de la contreverse.
    Perso je retiens quelques points positifs dans son analyse qui veulent dire qu’on est pas encore morts. Mais qu’il y a urgence désormais.

    Un truc que j’ai constaté et qui m’inquiète c’est que sur les images à la mi temps dans le vestiaire, on ne voit que le staffl qui parle et les joueurs simplement à l’écoute . À ce niveau c’est insuffisant, les joueurs doivent s’impliquer dans le projet et les choix tactiques, les ressorts psychologiques.
    J’aurais préféré voir les joueurs arranguer les partenaires…

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  2. BilouBilou 6 octobre 2026 at 08h- Répondre

    et oui quand c’est le déluge et que t’es en manque de confiance tu fais simple : chandelle sur les ailiers ( et pas sur leur 15 spécialiste … ) , jeu d’avant ( qui était censé être notre ADN ) et quand t’as l’occasion tu prends les 3 pts à chaque fois … au lieu de ça tu tentes des sautées de 20m, des jeux au pied rapide de ton en but alors que tu prends le bouillon … franchement y’a rien qui va … ollivon faute bête , jaminet je préfère rien dire tellement c’est mauvais , serin que de mauvais choix …quand y’a pas dréan etc qui était un peu l’arbre qui cache la forêt par ses exploits il se passe rien , le fond de jeu est absent prévisible au possible et on voit aucun axe d’amélioration depuis longtemps …

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  3. Tom & Jerry 6 octobre 2026 at 08h- Répondre

    Il a raison, mais ça ne fait pas que 5 matchs !
    C’est depuis l’arrivée de Mignoni que le jeu Toulonnais ne progresse pas!
    Les même erreurs toujours !
    Les mêmes faiblesses, mêlées, touche, jeux au pieds, rucks etc…
    Si un entraîneur n’est pas capable en 5 ans de faire progresser une équipe c’est qu’ils n’est pas l’homme de la situation.
    Il faut absolument qu’il dégage.

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  4. Muadib 6 octobre 2026 at 08h- Répondre

    Bonjour a tous
    Beaucoup de respect pour le monsieur et sa carrière mais on a vi aussi le meme match et les constatation sont identiques.
    J’espère que ce n’est pas un problème de fond et que l’équipe lache le coatch ?
    En attendant le constat est implacable nous n’avons aucune stratégie ni fond de jeu
    C’est le néant.