« J’ai tout senti craquer » : le terrible témoignage d’un rugbyman d’Ollioules contraint d’arrêter sa carrière
« J’ai tout senti craquer » : le terrible témoignage d’un rugbyman d’Ollioules contraint d’arrêter sa carrière
Le mardi 20 octobre 2026 à 13:51 par David Demri
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À seulement 27 ans, Paul Vicariot a vu sa vie basculer en quelques secondes. Gravement blessé aux cervicales lors d’une rencontre de rugby face à Bastia, le 20 septembre, le troisième ligne du club d’Ollioules a dû subir une lourde opération chirurgicale.
Désormais contraint de mettre un terme à sa carrière, il raconte les circonstances de son accident, les séquelles irréversibles qu’il conservera et cette prise en charge qui lui a probablement évité des conséquences bien plus dramatiques.
Le rugby occupait une place essentielle dans son quotidien depuis l’âge de cinq ans. Mais pour Paul Vicariot, tout a changé dès les premières minutes d’une rencontre disputée contre Bastia.
Victime d’une grave blessure au niveau des cervicales, le joueur a été hospitalisé pendant une semaine avant de pouvoir retrouver son domicile.
Trois semaines après son retour chez lui, il commence progressivement à reprendre certaines activités, tout en restant limité physiquement.
Pour Midi Olympique, il décrit une récupération qui demande encore beaucoup de patience :
« Je suis de retour à la maison depuis trois semaines, après une semaine d’hospitalisation. J’habite au troisième sans ascenseur, je peux descendre à la boulangerie, aller marcher au bout du parc à côté de chez moi. Je peux faire beaucoup de choses, même si c’est encore fatigant. Je suis quelqu’un qui bosse beaucoup, bouge énormément, donc c’est un peu difficile. Mais il faut écouter son corps et les médecins. La priorité est de récupérer. »
« J’ai tout senti craquer » : l’accident raconté par le joueur
Paul Vicariot garde un souvenir particulièrement précis de l’action qui a provoqué sa blessure.
À la troisième minute de jeu, son équipe bénéficie d’une pénaltouche et organise un ballon porté. Le mouvement se désaxe avant de s’effondrer, entraînant une chute particulièrement violente.
Le troisième ligne se retrouve alors la tête contre le sol, tandis que plusieurs joueurs tombent sur sa nuque.
Il revient sur ces secondes qui ont bouleversé son existence :
« À la troisième minute, après une pénaltouche, nous enclenchons un ballon porté. Mon collègue vient arracher à la redescente du ballon. Je viens en soutien, je récupère le ballon. Le maul s’est un peu désaxé, il a accéléré, il s’est effondré.
Je suis tombé la tête directe dans le sol avec les bras en l’air. Les gars sont tombés sur ma nuque. J’ai tout senti craquer, mais je n’ai pas crié. J’ai vu des étoiles noires et blanches. Ça m’a plus surpris. Je me suis retourné, me suis allongé sur le dos et me suis tenu la tête. Je savais qu’il y avait un problème. »
La gravité de la situation est rapidement identifiée. La présence de joueurs également pompiers au sein du club contribue à faciliter les premiers secours.
Trois vertèbres fixées à vie et une mobilité réduite
L’intervention chirurgicale réalisée après l’accident a nécessité la fixation des trois premières vertèbres cervicales.
Paul Vicariot devra désormais vivre avec des tiges et des vis en titane, ainsi qu’une perte importante de mobilité au niveau de la tête.
Mais au regard de la gravité de sa blessure, il mesure surtout les conséquences auxquelles il a échappé.
Son témoignage révèle la délicatesse de l’opération :
« Je vais perdre 50 % de rotation au niveau de la mobilité de ma tête. C1, C2 et C3 ont été vissées ensemble avec des tiges en titane. Ils les laissent à vie. J’ai été pris en charge par les bonnes personnes, au bon moment, au bon endroit. Il y a une chance sur 999 000 que ça arrive, et une chance sur 999 000 que ça se passe aussi bien.
Le chirurgien m’a dit C1, C2, C3 c’est la respiration, les poumons, le cœur. Il a posé des vis à 3 mm de mon artère cervicale… J’ai une balafre de 10 centimètres dans le crâne, mais c’est quoi par rapport à ce qui aurait pu arriver ? »
Reconnaissant envers les personnes qui l’ont accompagné, le joueur tient également à saluer les secours, le personnel médical et les dirigeants de son club.
Il adresse notamment de nombreux remerciements :
« Avoir des collègues pompiers au club a énormément aidé. Un gros remerciement à eux, aux pompiers de la Seyne, dont Cédric, un gars avec qui j’ai fait plusieurs soirées, avec qui je vais beaucoup à Mayol aussi. Je tiens à remercier Francis, le médecin du club, qui nous accompagne quasiment à chaque match, et tout le club d’Ollioules.
Mes deux vice-présidents, Murielle et Bastien, des personnes incroyables, ont fait beaucoup pour moi. J’ai été contacté par la fondation Albert-Ferrasse. C’est exceptionnel ce qu’ils font. Le neurochirurgien, le docteur Beucler, a été exceptionnel aussi. »
À 27 ans, il doit faire ses adieux au rugby
Au-delà des conséquences physiques, Paul Vicariot doit également accepter une décision particulièrement douloureuse : il ne pourra plus pratiquer le rugby en compétition.
Une annonce difficile pour celui qui a découvert ce sport dès l’enfance, au RC Landivisiau, et qui en a fait une composante majeure de sa vie.
Malgré ce coup d’arrêt brutal, le troisième ligne souhaite conserver un lien avec le monde du ballon ovale.
Il envisage notamment de transmettre sa passion aux plus jeunes :
« L’annonce du médecin a été un choc. J’ai 27 ans, je me suis construit grâce à l’armée, ma famille et mon éducation, mais le rugby est une part importante dans ma vie, depuis que j’ai commencé à cinq ans au RC Landivisiau. Je me dis que j’arriverai à garder un pied dedans. Si je peux prendre une équipe de jeunes dans le coin, ça peut être un plaisir aussi. »


Courage minot , remet toi vite , le rugby reste secondaire avec cette blessure .
Courage tous avec toi
Bon courage remet toi bien .
Courage et chapeau au club d’Ollioules aux pompiers et médecin du club et au neurologue. Très bon courage pour la suite